La section de Ben Arous de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH) a publié un communiqué mardi 28 juillet 2026 dans lequel elle fait état du décès de deux détenus dans des circonstances qu’elle qualifie de « suspectes ». L’organisation appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante et transparente afin d’établir les causes exactes de ces décès et de déterminer les éventuelles responsabilités.
Selon le communiqué, le premier détenu, Ali Mansi, âgé de 41 ans, est décédé à la prison civile de Gabès le 23 juillet 2026. Après la restitution de son corps, sa famille aurait constaté, selon les déclarations rapportées par la LTDH, la présence d’ecchymoses bleues sur son flanc ainsi qu’une fracture au niveau du cou.
Le second détenu, Hamza Dridi, âgé de 33 ans, est décédé à la prison de Borj El Amri. Toujours selon la LTDH, sa mère lui avait rendu visite le 17 juillet 2026. Il lui aurait alors indiqué souffrir de la chaleur et d’un manque d’air, affirmant que l’eau et l’électricité étaient coupées, avant de lui demander de ne pas se déplacer pour la visite suivante. Le 22 juillet 2026, la famille a été informée de son décès. D’après ses proches, le rapport de l’hôpital mentionne que le jeune homme est arrivé sans vie à l’établissement.
La section de Ben Arous de la LTDH indique avoir pris contact avec les familles des deux défunts afin de recueillir des informations sur les circonstances des décès.
Dans son communiqué, l’organisation estime que ces décès soulèvent de nombreuses interrogations. Elle rappelle que les prisons tunisiennes souffrent, selon ses constats, d’une surpopulation pouvant dépasser 200 % de leur capacité, de cellules exiguës, d’un manque de ventilation, d’insuffisances en matière de soins et d’un climat marqué par la propagation de maladies et de violences. Elle affirme que ces observations figurent dans les rapports établis à l’issue de ses visites dans les établissements pénitentiaires.
La LTDH réclame ainsi l’ouverture d’une enquête indépendante et transparente afin de faire toute la lumière sur ces deux affaires et d’identifier les éventuelles responsabilités, une demande également formulée, selon elle, par les familles des deux détenus.
L’organisation estime par ailleurs que les autorités chargées de l’administration pénitentiaire portent la responsabilité des conditions de détention et les appelle à respecter les dispositions de la Constitution ainsi que les conventions internationales garantissant les droits et la dignité des personnes privées de liberté.
Enfin, la section de Ben Arous demande au ministère de la Justice de réactiver le protocole d’accord conclu avec la LTDH afin de permettre à ses structures nationales et régionales de reprendre les visites dans les établissements pénitentiaires, estimant que ces missions peuvent contribuer à prévenir les dysfonctionnements et à limiter la propagation de rumeurs.

M.B.Z











