La filière avicole traverse une période particulièrement difficile, entre recul de la production, pertes importantes dans les élevages et déséquilibres persistants sur le marché. Invité de Jawhara FM, jeudi 30 juillet 2026, le président de la Chambre nationale des commerçants de volailles, Brahim Nefzaoui, a dressé un état des lieux préoccupant de la situation.
Selon lui, les fortes chaleurs enregistrées ces dernières semaines, combinées aux coupures d’électricité, ont lourdement affecté les élevages de volailles. Selon ses dires, la production mensuelle de viande de poulet ne dépasse plus 16.000 tonnes, un niveau sensiblement inférieur aux volumes habituels, tandis que les pertes subies par les éleveurs pourraient atteindre près de 50%, d’après des estimations encore provisoires.
Cette baisse de la production se répercute directement sur l’approvisionnement du marché. Si le poulet entier reste disponible, certaines découpes, notamment l’escalope, se font plus rares en raison de la diminution du nombre de volailles produites.
Brahim Nefzaoui a également souligné que les difficultés actuelles ne s’expliquaient pas uniquement par les conditions climatiques. Il a rappelé que la consommation avait déjà fortement ralenti après l’Aïd, conduisant de nombreux producteurs à réduire leurs mises en place. À cette baisse saisonnière de la demande se serait ajoutée, selon lui, une production abondante d’œufs, créant un excédent sur le marché.
Le responsable professionnel a, en outre, attribué une partie de cette baisse de la consommation à la popularité croissante du régime alimentaire « Tayyibat », qui recommande d’exclure plusieurs aliments, dont les œufs, la viande de poulet et les légumes crus. Selon lui, cette évolution des habitudes de consommation aurait accentué le déséquilibre entre l’offre et une demande devenue insuffisante.
Sur le plan économique, Brahim Nefzaoui a affirmé que les producteurs continuaient de commercialiser le poulet vivant au prix de référence fixé avec les autorités, soit 8,560 dinars le kilogramme, tandis que le prix de sortie des abattoirs s’établit à 7,500 dinars le kilogramme. Des niveaux de prix qui, selon lui, ne permettent plus de couvrir les coûts de production, contraignant de nombreux éleveurs à vendre à perte.
Il a également mis en avant l’effondrement des prix des œufs, conséquence directe de cette situation de surproduction. Sur certains marchés, a-t-il indiqué, quatre œufs sont proposés à seulement 500 millimes, alors que leur coût de production est estimé à 212 millimes l’unité, soit environ 850 millimes pour quatre œufs. Une situation que le responsable juge économiquement intenable pour les producteurs.
Face à cette crise, les représentants de la profession devraient rencontrer, jeudi, le ministre du Commerce afin de soumettre une nouvelle proposition de révision des prix de référence. L’objectif est, selon Brahim Nefzaoui, de rétablir un équilibre permettant de préserver la pérennité des exploitations tout en garantissant des prix accessibles aux consommateurs.
Le président de la Chambre nationale des commerçants de volailles par ailleurs a assuré que les professionnels resteraient vigilants face aux risques de spéculation. Il a affirmé que la profession suivait de près l’évolution des prix sur le marché et qu’elle interviendrait auprès des autorités compétentes en cas de hausses injustifiées, afin d’éviter toute dérive susceptible de pénaliser les consommateurs.
N.J










