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El Gawafel de Gafsa annoncent leur retrait du championnat et lancent un appel aux plus hautes autorités de l’État

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Par Myriam Ben Zineb

    El Gawafel sportives de Gafsa (EGSG) a annoncé, dans un communiqué datant du 29 juillet 2026, sa décision de se retirer du championnat national pour la saison sportive 2026-2027, invoquant une crise financière devenue, selon le club, insoutenable après plus de dix mois sans solution.

    Le comité directeur indique que le club est arrivé à un stade critique, menaçant son existence même et la poursuite de ses activités, en raison de l’absence de financements et du manque de moyens nécessaires pour assurer son fonctionnement.

    Malgré les efforts déployés par les dirigeants, ainsi que les contributions personnelles du président du club afin de garantir la continuité de l’équipe et d’achever la saison écoulée, toutes les ressources disponibles sont désormais épuisées. L’association affirme qu’elle n’est plus en mesure d’honorer ses engagements fondamentaux.

    Le communiqué souligne que cette situation a entraîné l’accumulation de dettes envers plusieurs créanciers, en Tunisie comme à l’étranger, ainsi que de nouvelles sanctions et mises en demeure de la FIFA. Le club évoque également des arriérés de salaires dus aux joueurs, aux membres des staffs technique et administratif, ainsi qu’aux fournisseurs, notamment un hôtel, un restaurant et des équipementiers sportifs. À cela s’ajoute une décision d’expulsion du siège de l’association en raison du non-paiement de six mois de loyer.

    Une impasse financière devenue insurmontable

    L’EGSG affirme par ailleurs que les retards dans le versement des rémunérations ont conduit plusieurs joueurs, notamment ceux revenus au club lors du dernier mercato, à résilier leurs contrats, rendant la poursuite de l’activité sportive impossible dans les conditions actuelles.

    Le comité directeur rappelle avoir multiplié les communiqués, les conférences de presse et les contacts avec les différentes autorités concernées, sans qu’aucune solution concrète n’ait été trouvée pour sortir le club de cette impasse.

    Face à cette situation, les dirigeants annoncent avoir été contraints de retirer l’équipe du championnat national 2026-2027, tout en précisant que les procédures juridiques et administratives nécessaires seront engagées afin de préserver la crédibilité de l’association et le respect de ses obligations.

    Le communiqué pointe également les retards enregistrés dans le versement de certains soutiens financiers, notamment ceux attendus de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), que le club présente comme l’un de ses principaux bailleurs de fonds, estimant que ces délais ont eu des répercussions directes sur sa situation financière ainsi que sur sa stabilité administrative et sportive.

    Cette crise intervient dans un contexte particulier. Plusieurs responsables et intermédiaires, qui jouaient traditionnellement un rôle dans le financement ou l’accompagnement du club, notamment au sein ou autour de la CPG, ont été emprisonnés ces derniers mois dans des affaires de corruption. Sans établir de lien direct, le communiqué laisse entendre que cette situation a fragilisé les circuits de soutien dont bénéficiait historiquement l’association.

    Les dirigeants regrettent aussi la suspension de la subvention de la Fédération tunisienne de football (FTF) en raison d’anciennes dettes remontant à plus de dix ans. Ils estiment que l’absence de réaction de la fédération, malgré leurs demandes répétées, a privé le club d’une possibilité de trouver une solution au moment opportun.

    Le comité directeur déplore enfin l’absence du soutien attendu de la municipalité de Gafsa, de la Société régionale de transport de Gafsa, des hommes d’affaires, des investisseurs et des enfants de la région, rappelant qu’El Gawafel sportives de Gafsa constitue l’un des symboles sportifs historiques du gouvernorat.

    En conclusion, le club annonce qu’il adressera des correspondances officielles au président de la République, au ministre de la Jeunesse et des Sports, au gouverneur de Gafsa ainsi qu’au commissaire régional à la Jeunesse et aux Sports afin de les alerter sur la gravité de la situation.

    M.B.Z

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    2 commentaires

    1. HatemC

      Répondre
      31 juillet 2026 | 19h02

      La responsabilité de l’État centralisé.

      Depuis l’indépendance, le modèle tunisien a reposé sur une gestion directe, exclusive et centralisée des ressources du sous-sol par l’État via la CPG.

      En gardant le contrôle absolu sur le bassin minier sans donner aux habitants de la région le pouvoir de décider de leur propre avenir, l’État porte la responsabilité de cette faillite collective. Le drame de l’EGS Gafsa n’est que le symptôme visible d’un État patron qui a fini par asphyxier sa propre région productrice.

    2. HatemC

      Répondre
      31 juillet 2026 | 18h59

      J’ai un sentiment d’injustice parfaitement compréhensible, et la situation de l’EGS Gafsa illustre jusqu’à l’absurde le contraste entre la richesse théorique du sous-sol de la région et la réalité socio-économique de ses habitants.

      Gafsa abrite la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG), qui a longtemps été l’un des moteurs économiques de la Tunisie. Voir le club phare du bassin minier menacé de disparition faute de moyens, expulsé de son propre siège pour loyers impayés, est le symbole brutal d’un modèle économique et social à bout de souffle.

      Le bassin minier a souffert pendant des décennies d’une gestion centralisée où la richesse extraite (le phosphate) était injectée dans le budget national ou réinvestie dans les régions côtières (tourisme, industries légères), laissant à Gafsa l’impact environnemental, la pollution de la nappe phréatique et des infrastructures sous-développées.

      Depuis plus d’une décennie, la production de phosphate a chuté de manière drastique en raison de mouvements sociaux à répétition, de grèves, mais aussi d’une mauvaise gestion managériale et d’équipements obsolètes. De fleuron industriel générateur de devises, la CPG est devenue une entreprise lourdement endettée, incapable de jouer son rôle historique de moteur économique et de mécène local.

      L’effondrement financier de l’EGS Gafsa n’est pas une simple crise de gestion sportive, mais la conséquence directe du déclin d’un modèle minier qui n’a pas su se moderniser ni redistribuer ses retombées à la population locale.

      Ce club devrait etre le plus riche de Tunisie avec des joueurs nationaux et internatonaux qui se bousculent au portillon au lieu de cela ce club va disparaitre …

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