La contestation populaire prend une nouvelle ampleur dans la capitale libyenne. Jusqu’à jeudi 30 juillet 2026, des manifestants ont fermé les sièges de cinq ministères ainsi que celui de l’Autorité de lutte contre la corruption afin de dénoncer la dégradation des services publics, la crise persistante de l’électricité et la détérioration des conditions de vie. Les protestataires réclament également « la chute de toutes les institutions politiques, sans exception », estimant que la classe dirigeante est incapable de répondre aux attentes de la population.
Les manifestants ont bloqué les locaux des ministères de la Planification, de l’Agriculture et des Ressources maritimes, tout en affirmant qu’ils poursuivraient leur mouvement jusqu’à l’obtention de réponses concrètes à leurs revendications. Cette nouvelle mobilisation intervient après plusieurs journées d’actions similaires ayant visé le siège principal du ministère des Affaires étrangères, les ministères de la Jeunesse et de la Gouvernance locale, ainsi que plusieurs infrastructures stratégiques, notamment les sièges des compagnies pétrolières Mellitah Oil & Gas et Zueitina Oil, le centre de contrôle de la Compagnie générale de l’électricité et les locaux de l’Autorité de l’aviation civile.
À l’origine de cette vague de protestation, des coupures répétées d’électricité qui affectent Tripoli et plusieurs autres régions du pays. Les délestages atteignent parfois dix heures par jour, voire davantage, alors que la Libye fait face à une forte vague de chaleur entraînant une hausse de la consommation électrique. La Compagnie générale de l’électricité a d’ailleurs repris l’application de mesures de délestage afin de préserver la stabilité du réseau.
La crise a toutefois franchi un seuil critique lorsque des groupes de manifestants ont pénétré la veille dans le complexe pétrolier de Mellitah et procédé à la fermeture des conduites de gaz alimentant les centrales électriques. Cette interruption a immédiatement suscité l’inquiétude des autorités du secteur énergétique, la Compagnie générale de l’électricité avertissant qu’une baisse prolongée de l’approvisionnement en gaz risquait de provoquer l’arrêt progressif de plusieurs unités de production et d’entraîner un effondrement total du réseau électrique national.
Dans un communiqué, la compagnie a estimé que « la situation est extrêmement critique », précisant qu’un maintien de l’interruption des livraisons de gaz aurait pu conduire à un blackout généralisé touchant l’ensemble du territoire libyen, y compris les régions orientales et méridionales alimentées par le même réseau électrique malgré les divisions institutionnelles que connaît le pays.
Quelques heures plus tard, la Compagnie générale de l’électricité et la Compagnie nationale de pétrole ont toutefois annoncé la reprise normale de l’approvisionnement en gaz après la sécurisation du site. Les autorités ont indiqué que les opérations avaient repris dans le complexe de Mellitah, ainsi que dans les champs pétroliers d’Al-Fil et d’Al-Wafa et sur la plateforme de Sabratha, permettant un retour progressif à la normale des activités de production.
Dans le même temps, le Service des enquêtes criminelles a annoncé le déploiement d’un important dispositif de sécurité autour du complexe de Mellitah. Menée en coordination avec les différents services de sécurité de la ville de Zouara, cette opération vise à protéger cette infrastructure stratégique, à garantir la sécurité des employés et à assurer la continuité des activités énergétiques.
Cette escalade intervient dans un contexte marqué par une inflation persistante, l’instabilité de la monnaie nationale, la dégradation des conditions de vie et la poursuite des divisions politiques entre les différentes autorités rivales. Pour de nombreux observateurs, la combinaison de ces facteurs alimente une contestation qui dépasse désormais la seule question de l’électricité et pourrait annoncer une phase de tensions politiques et sociales plus profonde en Libye.
N.J











Commentaire
Citoyen_H
VOUS AVIEZ VENDU VOTRE PAYS À
Sarcozizi, Obama, Cameron et BHL !
Où sont-ils maintenant ?
Pourquoi aucun d’entre eux ou parmi leurs successeurs, n’a volé à votre secours ?
Posez-vous les bonnes questions, les endormis, les crétins et les idiots utiles ???