Des pneus enflammés, une route coupée, une grande tente dressée sur un carrefour et des dizaines de familles réunies pour réclamer justice. Jeudi 30 juillet 2026, à Enfidha, les proches des détenus dans l’affaire de Henchir Enfidha ont organisé une nouvelle mobilisation pour dénoncer la longueur de la procédure judiciaire et réclamer une accélération du traitement judiciaire du dossier. Au nom des familles, Abdelkader, frère de l’un des détenus, a livré leur version des faits et lancé un appel au ministère de la Justice ainsi qu’au président de la République.
La tension est montée d’un cran jeudi à Enfidha, où les familles des personnes détenues dans l’affaire de Henchir Enfidha ont bloqué une route en y incendiant plusieurs pneus. D’épais panaches de fumée noire s’élevaient au-dessus de la chaussée, tandis qu’à quelques mètres, une grande tente blanche avait été dressée sur le carrefour pour accueillir les manifestants.
Femmes, hommes et enfants brandissaient des pancartes réclamant un « procès équitable », dénonçant « vingt mois sans jugement » et affirmant que « les agriculteurs ne sont pas des criminels ». D’autres interrogeaient : « Où est la justice ? », tandis que le numéro du dossier, 14841, figurait sur plusieurs pancartes.





Au micro de Hiba Loussif, dans l’émission Cappuccino sur Express FM, Abdelkader, frère de l’un des détenus, a expliqué que cette mobilisation visait avant tout à obtenir une accélération du traitement du dossier.
Des agriculteurs poursuivis dans une affaire de corruption
L’affaire trouve son origine dans une visite effectuée par le président de la République, Kaïs Saïed, au Henchir Enfidha le 10 novembre 2024, à l’occasion de la Fête de l’arbre. À l’issue de ce déplacement, au cours duquel il avait dénoncé des dégradations constatées sur ce domaine relevant de l’Office des terres domaniales (OTD), le chef de l’État avait ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Le 26 novembre 2024, le parquet près le Tribunal de première instance de Sousse 2 annonçait que la brigade des recherches et des investigations de la Garde nationale d’Enfidha avait été chargée d’enquêter sur de graves dépassements qui se seraient produits durant plusieurs années au sein du complexe agricole. Les investigations portaient notamment sur les modalités d’organisation des adjudications publiques des récoltes d’olives et des arbres sur pied, ainsi que sur des soupçons de corruption, de blanchiment d’argent, d’atteintes aux biens publics et de détournement de fonds publics.
Le 26 novembre 2024, le parquet près le tribunal de première instance de Sousse 2 annonçait que la brigade des recherches et des investigations de la Garde nationale d’Enfidha avait été chargée d’enquêter sur de graves dépassements qui se seraient produits durant plusieurs années au sein du complexe agricole. Les investigations portaient notamment sur les modalités d’organisation des adjudications publiques des récoltes d’olives et des arbres sur pied, ainsi que sur des soupçons de corruption, de blanchiment d’argent, d’atteintes aux biens publics et de détournement de fonds publics. L’instruction s’est ensuite poursuivie jusqu’à déboucher sur les poursuites judiciaires aujourd’hui au cœur de la mobilisation des familles.
D’après Abdelkader, les familles souhaitent avant tout clarifier la nature de l’affaire, qu’elles estiment souvent mal comprise par l’opinion publique. Il affirme que le dossier concerne aujourd’hui 67 personnes, dont certaines sont détenues tandis que d’autres comparaissent en liberté.
« Nous ne sommes pas contre les poursuites ni contre la lutte contre la corruption », assure-t-il, précisant que les proches des détenus ne contestent pas le principe de la reddition des comptes, mais dénoncent la lenteur de la procédure judiciaire.
Selon lui, les agriculteurs concernés ont obtenu les parcelles de Henchir Enfidha dans le cadre d’adjudications publiques organisées par le ministère de l’Agriculture, en acquittant les montants fixés par l’administration.
Il indique que ces exploitants font aujourd’hui l’objet de poursuites pour corruption et blanchiment d’argent. Les familles soutiennent toutefois que les terres ont été acquises légalement et que les montants dus à l’État ont été intégralement payés.
Abdelkader affirme également que plusieurs expertises financières ont été réalisées dans le dossier, mais déplore les reports successifs des audiences et les longs délais entre les séances judiciaires, évoquant notamment plusieurs mois d’attente entre deux audiences.
« Nos proches sont en enfer »
Le témoignage prend ensuite une tournure plus personnelle lorsque le frère de l’un des détenus évoque les conséquences humaines de cette détention prolongée.
« Aujourd’hui, ils sont en enfer, pas dans une prison civile », lance-t-il. Évoquant le cas de son frère, âgé de 68 ans, Abdelkader affirme que celui-ci souffre de plusieurs maladies chroniques et que son état de santé se dégrade au fil des mois. Il soutient également que son frère ne recevrait qu’un pack de six bouteilles d’eau par semaine, malgré les fortes chaleurs.
Selon lui, plusieurs personnes sont détenues depuis vingt mois, alors que d’autres personnes poursuivies dans le même dossier comparaissent en liberté. Il évoque également des familles séparées, des enfants affectés par l’absence de leurs parents, des difficultés financières et un lourd impact psychologique sur les proches.
« Nous avons perdu notre argent, notre santé, nos familles se sont disloquées », affirme-t-il, estimant que ces conséquences ne pourront plus être réparées.
Tout en réaffirmant que les familles n’entendent pas faire obstacle au travail de la justice, il demande que les responsabilités soient établies dans des délais raisonnables.
Un appel au ministère de la Justice et au président de la République
En conclusion de son intervention, Abdelkader lance un appel au ministère de la Justice et au président de la République, Kaïs Saïed.
Il affirme que les investigations se sont, selon lui, éloignées de l’objectif fixé par le chef de l’État lors de sa visite au Henchir Enfidha. Alors que le président de la République avait demandé que les faits de corruption soient élucidés, le dossier aurait, à ses yeux, été orienté dans une autre direction. Il demande une intervention permettant d’accélérer l’examen du dossier et, si nécessaire, la mise en place d’une commission chargée de le réévaluer.
Selon lui, les personnes contre lesquelles des preuves existent doivent répondre de leurs actes devant la justice. En revanche, il estime que celles dont la culpabilité n’est pas encore établie devraient pouvoir bénéficier d’une remise en liberté provisoire ou, à défaut, d’un placement sous résidence surveillée ou de toute autre mesure décidée par la justice dans l’attente de leur procès.
« Si nos proches ont commis des actes de corruption, qu’ils en assument les conséquences. Mais nous refusons qu’ils restent détenus pendant vingt mois sans jugement », insiste-t-il.
Abdelkader affirme que les familles ont épuisé toutes les démarches à leur disposition et disent désormais attendre une réponse des autorités. Il appelle à une accélération de la procédure afin que la justice statue rapidement sur le dossier, estimant que, quelle que soit son issue, les conséquences de ces vingt mois de détention sur les détenus et leurs familles ne pourront plus être réparées.
I.N.











Commentaire
Citoyen_H
VOILÀ OÙ, NOUS A MENÉ,
la médiocratie, l’inculture, le laxisme, le laisser-aller, l’anarchie, la gabegie, le banditisme, de grand chemin, que les gardiens de boucs, de chèvres, d’étables et d’écuries, dont Marzoukiki et Khriji, avaient institutionnalisé, lors de leur règne sans partage !
Et encore, là, nous en sommes qu’aux prémices de la hamméjiya généralisée à venir.
Allah lè i – bérrekil’hom !!!
Ettfouh………..