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Crise du lait : le ministère rejette toute responsabilité et promet de reconstituer le cheptel

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Par Myriam Ben Zineb

    Le ministère de l’Agriculture se défend face aux critiques sur la crise du lait. Accusé d’avoir laissé la filière s’enfoncer sans réagir, il rejette toute responsabilité et renvoie l’origine des difficultés à une accumulation de facteurs structurels et climatiques.

    Cette réponse écrite a été adressée au député Abdelaziz Chaâbani, qui avait interpellé le département sur son rôle dans la dégradation de la filière laitière et sur l’absence d’intervention préventive pour protéger les éleveurs.

    Pour le ministère, les causes de la crise sont avant tout extérieures et anciennes. Il évoque les années successives de sécheresse, la raréfaction des ressources en eau, qui ont fortement réduit la production locale de fourrages grossiers, mais aussi l’envolée des prix des aliments pour bétail sur les marchés internationaux. À cela s’ajoutent, selon lui, la fragmentation de la filière et la fragilité économique des petits éleveurs, particulièrement exposés aux aléas climatiques et aux chocs économiques.

    Face aux accusations d’inaction, le département assure avoir multiplié les mesures de soutien ces dernières années. Il souligne que six conseils ministériels ont été consacrés à la filière entre 2020 et 2024 afin d’évaluer la situation et d’arrêter des décisions.

    Parmi les mesures mises en avant figurent trois relèvements successifs du prix minimum garanti du lait à la production, désormais fixé à 1,340 dinar le litre, l’augmentation de la prime de collecte à 115 millimes, ainsi que le plafonnement des prix des aliments pour bétail afin de préserver le cheptel.

    Le ministère affirme également préparer un programme national de reconstitution du cheptel, destiné à compenser les pertes enregistrées ces dernières années. Les textes d’application seraient en cours de finalisation. Parallèlement, un plan national de développement des cultures fourragères est en cours d’élaboration, selon une approche associant les différents acteurs du secteur.

    Une filière toujours sous tension

    Cette mise au point intervient alors que les organisations professionnelles continuent de dresser un constat alarmant sur l’état de la filière.

    En février dernier, le conseiller économique de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap), Fathi Ben Khelifa, expliquait que le recul du cheptel bovin, observé depuis 2016, résultait principalement du fossé grandissant entre les coûts de production et les prix payés aux éleveurs.

    Selon lui, produire un litre de lait coûterait environ 1,7 dinar, soit davantage que le prix versé au producteur. Un déséquilibre qui réduit fortement la rentabilité des exploitations, freine les investissements et accélère l’abandon de l’activité.

    Le représentant de l’Utap plaidait ainsi pour un vaste programme de reconstitution et d’amélioration génétique du cheptel, accompagné de mécanismes de financement adaptés. À ses yeux, le redressement durable de la filière passe avant tout par un soutien renforcé à la production nationale plutôt que par des mesures ponctuelles.

    M.B.Z

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    2 commentaires

    1. Roberto Di Camerino

      Répondre
      1 août 2026 | 13h49

      Voila comment le regime mene le pays à la faillite:

       » Face aux accusations d’inaction, le département assure avoir multiplié les mesures de soutien ces dernières années. Il souligne que six conseils ministériels ont été consacrés à la filière entre 2020 et 2024 afin d’évaluer la situation et d’arrêter des décisions.. »

      Oui six conseils pour un litre de lait.

      Vous avez un probleme, on tient un conseil ministeriel, et puis un autre et un autre…:
      La solution ? On vous fera part de la solution apres … un conseil ministeriel…

    2. HatemC

      Répondre
      31 juillet 2026 | 19h37

      La réponse officielle du ministère de l’Agriculture — telle que relatée dans cet article de Business News — illustre parfaitement le fossé qui existe entre le discours institutionnel et la réalité du terrain.

      Le Ministère se dédouane en invoquant la sécheresse, la hausse mondiale des prix des aliments pour bétail et l’héritage de décennies de problèmes structurels. Il met en avant des mesures d’urgence (prix d’achat relevé à 1,340 DT, aides à la collecte) et promet un plan national pour reconstituer le cheptel.

      La réalité des agriculteurs (UTAP) …
      Produire un litre de lait coûte environ 1,700 DT, alors qu’il est racheté à 1,340 DT. Les éleveurs travaillent à perte depuis des années.

      Le fond du problème ….
      Pour protéger le pouvoir d’achat du consommateur, l’État bloque les prix et fait porter tout le poids financier sur les agriculteurs.
      Résultat : ces derniers vendent ou brament leurs vaches (parfois vers l’Algérie) pour ne pas mettre la clé sous la porte.

      Reconstituer le cheptel prendra des années et coûtera bien plus cher que d’avoir soutenu les éleveurs à temps. ***

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