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Horaires scolaires : Ridha Zahrouni dénonce une communication qui occulte les véritables priorités

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Par Nadya Jennene

    Le président de l’Association tunisienne des parents des élèves, Ridha Zahrouni, a vivement critiqué la communication du ministère de l’Éducation autour du projet de révision des horaires scolaires. 

    Invité jeudi 30 juillet 2026 sur Sabra FM, il a affirmé que la question de l’organisation du temps scolaire revenait de manière récurrente avec chaque ministre, sans qu’aucune réforme concrète n’aboutisse. Selon lui, les mêmes promesses et les mêmes discours se répètent depuis plusieurs années, quel que soit le titulaire du portefeuille de l’Éducation.

    Ridha Zahrouni a estimé que le ministère cherchait aujourd’hui à déplacer le débat vers des sujets médiatiquement porteurs — comme les horaires scolaires, les cours particuliers, le psychologue scolaire, l’unification des cahiers ou encore la disponibilité des manuels dès le 15 août — alors que la priorité devrait être, selon lui, l’évaluation de l’année scolaire écoulée.

    Il a rappelé que les résultats de l’année 2025-2026 étaient, selon lui, « catastrophiques » et traduisent une dégradation continue des performances du système éducatif tunisien. Avant d’engager de nouvelles réformes, il juge indispensable d’analyser les causes de cet échec et de définir des réponses adaptées.

    Le responsable associatif a insisté sur le fait que le temps scolaire ne pourrait être modifié indépendamment des contenus pédagogiques. Il a rappelé que le volume horaire était établi en fonction des programmes officiels et des objectifs d’apprentissage assignés à chaque discipline.

    Réduire le nombre d’heures de cours, a-t-il expliqué, impliquerait nécessairement de diminuer les horaires consacrés à certaines matières, voire d’en supprimer certaines. « On ne peut pas annoncer une réduction du temps scolaire sans préciser quelles disciplines seront concernées ni quels contenus seront allégés », a-t-il soutenu.

    Selon lui, une telle réforme nécessite des études précises, des simulations et une présentation transparente des choix retenus, plutôt que des déclarations générales destinées à l’opinion publique.

    Ridha Zahrouni a également rappelé que les besoins des élèves diffèrent selon les niveaux d’enseignement précisant que les contraintes pesant sur un élève du primaire ne sont pas comparables à celles d’un collégien ou d’un lycéen.

    S’il reconnaît que les élèves souffrent aujourd’hui d’un emploi du temps particulièrement chargé, aggravé par le recours massif aux cours particuliers, il considère que toute réforme doit être différenciée selon les cycles et non appliquée uniformément.

    À ses yeux, si un allègement est envisagé, il devrait concerner prioritairement les quatre premières années du primaire, en supprimant certains contenus qu’il juge peu utiles afin de recentrer les apprentissages sur les fondamentaux : la lecture, l’écriture et le calcul.

    Le président de l’Association des parents d’élèves a réaffirmé que la réforme de l’école tunisienne doit impérativement débuter par l’enseignement primaire, qu’il considère comme le socle de tout le parcours éducatif.

    Les premières années de scolarité doivent permettre à son sens à tous les élèves d’acquérir solidement les compétences de base avant leur passage au collège. Selon lui, les difficultés observées au collège, au lycée puis à l’université trouvent souvent leur origine dans des lacunes accumulées dès le primaire.

    Ridha Zahrouni a, dans ce contexte, plaidé pour une réforme institutionnalisée, reposant sur une stratégie nationale claire, assortie d’objectifs, d’un calendrier et d’indicateurs d’évaluation, regrettant que chaque ministre annonce son propre projet de réforme sans qu’un véritable suivi ne soit assuré d’un mandat à l’autre. Selon lui, cette succession d’initiatives empêche toute politique éducative cohérente sur le long terme.

    Il a ainsi appelé le ministère à s’appuyer sur des spécialistes de l’éducation, des pédagogues, des sociologues, des économistes, des experts en prospective et des représentants de l’ensemble des acteurs du secteur avant toute décision majeure.

    Le président de l’association a évoqué les principaux défis du système éducatif citant notamment la baisse continue du niveau des élèves, l’augmentation de la violence scolaire, le recours massif aux cours particuliers et le décrochage scolaire, qui concernerait, selon lui, près de 100 000 jeunes chaque année.

    À ses yeux, ces phénomènes sont les conséquences d’un problème plus fondamental : l’insuffisante maîtrise des compétences de base par les élèves. Il a critiqué notamment le système de promotion automatique entre les classes, qu’il considère comme l’une des principales causes de l’affaiblissement progressif du niveau scolaire depuis sa mise en place.

    Pour Ridha Zahrouni, une réforme ambitieuse doit commencer par reconnaître les dysfonctionnements du système éducatif avant d’engager des mesures structurelles notant que l’amélioration de l’école publique constitue un enjeu stratégique pour le développement du pays et le principal levier du progrès économique, culturel et social.

    N.J

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