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Kaïs Saïed ratifie plus de 800 millions de dollars et 110 millions d’euros de prêts étrangers

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Par Raouf Ben Hédi

    À peine deux jours après leur adoption par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le président de la République, Kaïs Saïed, a ratifié une série de conventions de garantie et d’accords de financement mobilisant plus de 800 millions de dollars et 110 millions d’euros au profit de plusieurs entreprises publiques ainsi que du budget de l’État. Les décrets, publiés au Journal officiel de la République tunisienne (Jort) du vendredi 31 juillet 2026, concernent la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), le Groupe chimique tunisien (GCT) et un nouveau financement budgétaire obtenu auprès d’Afreximbank.

    Moderniser la CPG avec un prêt européen

    Le décret n°193 ratifie la convention de garantie conclue avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) concernant un prêt de 110 millions d’euros accordé à la Compagnie des phosphates de Gafsa.

    Ce financement doit permettre à la CPG d’acquérir de nouveaux équipements miniers, de moderniser ses moyens d’extraction et de transport du phosphate et d’installer le système de filtres-presses « CAPSA », destiné au recyclage des eaux utilisées dans les procédés industriels. Selon les documents présentés au Parlement, l’objectif est à la fois de relancer la production phosphatière, d’améliorer la compétitivité de l’entreprise publique et de réduire sa consommation d’eau grâce à un taux de réutilisation pouvant atteindre 90 % des eaux traitées.

    120 millions de dollars pour sécuriser les engrais

    Deux autres décrets (n°194 et n°195) portent sur les conventions de garantie conclues avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC).

    Ils couvrent deux opérations de mourabaha de 70 millions puis 50 millions de dollars, soit un total de 120 millions de dollars, destinées au Groupe chimique tunisien.

    Ces financements serviront à importer les matières premières nécessaires à la fabrication des engrais afin d’assurer la continuité de la production et l’approvisionnement du marché tunisien, dans un contexte où le groupe traverse depuis plusieurs années d’importantes difficultés industrielles et financières.

    Un nouveau demi-milliard pour le budget de l’État

    Le décret n°196 ratifie enfin le deuxième avenant au contrat de crédit conclu entre la Banque centrale de Tunisie, agissant pour le compte de l’État, et Afreximbank.

    L’accord porte sur un financement additionnel de 500 millions de dollars, destiné à couvrir une partie des besoins du budget de l’État pour l’exercice 2026.

    Il s’agit du troisième décaissement obtenu dans le cadre de cette ligne de financement : après un premier prêt de 700 millions de dollars en 2022 puis un premier avenant de 500 millions en 2024, les concours d’Afreximbank atteignent désormais 1,7 milliard de dollars.

    Des financements désormais définitivement validés

    Ces textes avaient tous été approuvés cette semaine par l’Assemblée des représentants du peuple avant d’être rapidement ratifiés par le chef de l’État.

    Leur publication au Jort constitue la dernière étape juridique permettant l’entrée en vigueur de ces garanties et accords de financement, qui mobilisent au total plus de 800 millions de dollars et 110 millions d’euros au profit de l’État tunisien et de plusieurs entreprises publiques stratégiques.

    R.B.H

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    4 commentaires

    1. Gg

      Répondre
      1 août 2026 | 10h21

      « Moderniser la CPG… acquérir de nouveaux équipements miniers, de moderniser ses moyens d’extraction et de transport du phosphate et d’installer le système de filtres-presses « CAPSA », destiné au recyclage des eaux utilisées dans les procédés industriels. Selon les documents présentés au Parlement, l’objectif est à la fois de relancer la production phosphatière, d’améliorer la compétitivité de l’entreprise publique et de réduire sa consommation d’eau grâce à un taux de réutilisation pouvant atteindre 90 % des eaux traitées. »

      Enfin un investissement qui va être salutaire pour cette industrie et pour les ressources vitales.
      Oui, enfin, faites cela…

    2. A4

      Répondre
      1 août 2026 | 10h00

      Même quand ça sent mauvais autour de lui et qu’il a les pattes dans du fumier, le coq continue à chanter ses cocoricos …

    3. HatemC

      Répondre
      31 juillet 2026 | 21h05

      Cette publication au Journal officiel illustre parfaitement le grand paradoxe auquel la Tunisie est confrontée aujourd’hui.
      D’un côté, le discours officiel prône l’autosuffisance et la souveraineté nationale (« le comptage sur soi ») ; de l’autre, la réalité budgétaire impose un recours massif à l’endettement extérieur pour maintenir l’État à flot et faire fonctionner les entreprises publiques.

      Lorsqu’un État enchaîne les emprunts d’urgence simplement pour boucler son budget mensuel ou pour permettre à des fleurons industriels (comme la CPG ou le GCT) d’acheter leurs matières premières, on se trouve dans une gestion de crise permanente, au jour le jour, plutôt que dans une vision prospective.

      En l’absence de réformes de fond (simplification administrative, numérisation, modernisation du secteur financier, relance du partenariat privé), le pays s’enferme dans une dynamique risquée

      Ce president n’est pas à sa place c’est un USURPATEUR … La Tunisie mérite mieux que ce type

      • Sgh Sgh

        Répondre
        1 août 2026 | 6h41

        Soutenir la CPG et le Groupe Chimique qui sont deux entreprises qui sont sources de financement pour l’état donc économiquement c’est un Paradoxe…..

    Répondre

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