De fausses pages Facebook et TikTok proposant des locations de voitures à des prix très attractifs piègent de plus en plus de Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) venus passer leurs vacances d’été. Le président de la Chambre nationale des loueurs de voitures relevant de l’Utica, Habib Maoui, appelle les clients à redoubler de vigilance et à vérifier la légalité des sociétés avant tout paiement.
Habib Maoui a mis en garde, vendredi 31 juillet 2026, contre une recrudescence des arnaques en ligne visant les personnes souhaitant louer un véhicule en Tunisie, en particulier les Tunisiens résidant à l’étranger. Intervenant au micro de Samah Meftah dans l’émission Ness Diwan sur Diwan FM, il a expliqué que ces escroqueries reposent sur la création de fausses pages proposant des locations de voitures à des tarifs particulièrement bas afin d’attirer les clients.
Selon lui, ce phénomène est connu de la profession depuis plus de cinq ans, mais il prend une ampleur particulière durant la saison estivale. Il rappelle que près de 92% du chiffre d’affaires du secteur est réalisé avec les Tunisiens résidant à l’étranger venant passer leurs vacances en Tunisie. La Chambre nationale avait d’ailleurs publié dès le mois de juin un communiqué d’alerte afin de sensibiliser les clients.
Des fausses annonces à cinquante ou soixante dinars
M. Maoui explique que les escrocs publient des annonces sur Facebook ou TikTok proposant des locations de voitures à des tarifs particulièrement attractifs, parfois cinquante ou soixante dinars, afin d’attirer les clients.
Après un premier contact, les échanges se poursuivent généralement sur WhatsApp, où les fraudeurs les pressent de finaliser rapidement leur réservation. « Ils cherchent à accélérer la procédure afin que le client n’ait pas le temps de vérifier les aspects juridiques », explique-t-il.
Les victimes sont ensuite invitées à verser un acompte, parfois 50% du montant de la location, voire la totalité de la somme. Les sommes versées peuvent ainsi représenter plusieurs milliers de dinars.
La supercherie n’est découverte qu’à l’arrivée en Tunisie. « Lorsqu’ils arrivent à l’aéroport pour récupérer leur voiture, ils constatent que le téléphone est éteint, que la page a disparu et qu’il n’y a plus aucun interlocuteur », déplore M. Maoui.
Selon lui, la chambre nationale reçoit entre trois et quatre réclamations par semaine liées à ce type d’escroquerie, tout en soulignant que seules les victimes qui prennent contact avec l’organisation sont comptabilisées.
Il précise que la chambre mène depuis plusieurs années des campagnes de sensibilisation, notamment à travers les réseaux sociaux et des radios suivies par les Tunisiens résidant à l’étranger, afin de prévenir ce type d’escroquerie.
Il regrette également que ces pratiques nuisent à l’ensemble de la profession. « Les gens finissent par dire que le secteur compte beaucoup d’escrocs et de problèmes, alors qu’il s’agit d’individus qui opèrent totalement en dehors du cadre légal », insiste-t-il.
Comment vérifier qu’une société est légale
Pour éviter les arnaques, Habib Maoui recommande de ne traiter qu’avec des sociétés légalement constituées.
Il conseille de demander le matricule fiscal ou l’identifiant de l’entreprise, puis de vérifier son existence sur le site du Registre national des entreprises (RNE). Cette démarche permet de confirmer que la société existe effectivement et d’accéder à ses principales informations administratives.
Il recommande également de ne jamais effectuer de transfert d’argent sur un compte personnel, mais uniquement sur un compte bancaire ouvert au nom de la société de location.
Selon lui, ces précautions constituent le meilleur moyen de se prémunir contre les fraudes qui se multiplient chaque été.
Le marché parallèle de la location toujours très présent
Au-delà des arnaques en ligne, Habib Maoui alerte également sur l’ampleur du marché parallèle de la location de voitures.
Selon les chiffres avancés par Habib Maoui, établis en coordination avec le ministère de l’Intérieur et les services de sécurité, près de 62.000 véhicules sont exploités dans la location en dehors de tout cadre légal, contre 34.000 véhicules relevant de sociétés de location structurées.
Il met en garde contre ce qu’il qualifie de « location au noir », consistant pour un particulier à louer son véhicule sans contrat et sans respecter la réglementation applicable au secteur.
Cette pratique comporte, selon lui, des risques importants. En cas d’accident, si les assurances établissent que le véhicule était utilisé dans le cadre d’une activité lucrative non déclarée, elles peuvent refuser toute indemnisation, obligeant les parties concernées à engager de longues procédures judiciaires.
Le responsable rappelle enfin que les véhicules exploités par les sociétés agréées sont soumis à un contrôle technique tous les six mois et à des règles strictes de renouvellement du parc automobile en fonction de leur catégorie fiscale, afin de garantir la sécurité des clients.
Il appelle enfin les TRE à privilégier exclusivement les sociétés agréées, estimant que cette vigilance demeure la meilleure protection contre les arnaques comme contre les risques liés à la location informelle.
I.N.
*Photo d’illustration










