Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Régularisation des enseignants suppléants : le gouvernement reconnaît l’impasse et se réfugie derrière les « consultations »

Article réservé aux abonnés

Par Nadya Jennene

    La réponse officielle du ministère de l’Éducation à une question écrite du député Fathi Mechergui datant du 12 mai 2026 sur la régularisation de la situation des enseignants et instituteurs suppléants (avant 2006 et 2008) illustre, une nouvelle fois, les limites d’une gouvernance qui semble découvrir les difficultés d’application de ses propres décisions après les avoir solennellement annoncées.

    Dans sa correspondance datée du 28 juillet 2026 et publiée sur le site du Parlement, le ministère a d’abord rappelé que le décret n°21 du 8 janvier 2025 avait permis l’intégration de l’ensemble des enseignants et instituteurs suppléants exerçant dans les écoles primaires, les collèges et les lycées relevant du ministère de l’Éducation au moment de sa publication.

    Il a précisé également que les procédures d’intégration de la deuxième vague des suppléants, conformément à l’article 2 du même décret, était toujours en cours, notant qu’il est en train d’examiner les recours introduits par les intéressés avant d’engager les formalités administratives nécessaires.

    Jusque-là, le discours se veut rassurant. Pourtant, la suite de la réponse révèle une réalité bien moins flatteuse.

    Le ministère y a reconnu en que les enseignants et instituteurs suppléants ayant exercé avant les années 2006 et 2008 avaient été exclus du dispositif de régularisation. Plus surprenant encore, le département a admis que ces effectifs ne figuraient dans aucune base de données permettant leur prise en charge dans le cadre de l’article 107 de la loi de finances 2026.

    Autrement dit, après des années de recours à cette catégorie d’enseignants, l’administration découvre qu’elle ne dispose même pas des informations indispensables pour appliquer une disposition législative pourtant adoptée par le Parlement.

    Face à cette impasse administrative, la réponse ministérielle s’est limitée à annoncer que « les services du ministère procèdent actuellement aux consultations nécessaires » afin de résoudre cette difficulté. Une formule devenue familière dans la communication gouvernementale, où les « consultations » semblent constituer une politique publique à part entière.

    En janvier 2025, le président de la République, Kaïs Saïed a signé un arrêté portant sur l’intégration des enseignants suppléants dans les écoles primaires, collèges et lycées. Cette opération repose sur la base de données du ministère de l’Éducation, recensant les enseignants mobilisés pour combler les postes vacants depuis le 16 septembre 2006. 

    L’arrêté présidentiel prévoyait une intégration immédiate de tous les suppléants exerçant actuellement, à la date de publication du texte officiel, et une intégration dès le 1er janvier 2026 pour le reste des suppléants, soit ceux qui ne sont pas en activité à la date de publication du texte. 

    N.J

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *