L’association Intersection pour les droits et les libertés a publié, dans la soirée du samedi 1er août 2026, une série d’infographies dressant un état des lieux préoccupant de la situation carcérale en Tunisie. S’appuyant sur plusieurs rapports et bases de données, l’organisation affirme que les prisons tunisiennes accueillent aujourd’hui plus de 33.000 détenus pour une capacité officielle de 17.000 lits, dénonçant un niveau de surpopulation qu’elle juge incompatible avec le respect de la dignité humaine.
Selon les chiffres diffusés par l’association, la population carcérale est passée de 23.000 détenus en 2022 à plus de 33.000 en 2025, soit une augmentation de plus de 10.000 personnes en trois ans. Dans le même temps, la capacité officielle des établissements pénitentiaires serait restée inchangée, à 17.000 lits, ce qui correspondrait à un taux d’occupation de 194%.
Une des populations carcérales les plus élevées de la région
Intersection souligne également que la Tunisie compterait 267 détenus pour 100.000 habitants, un taux supérieur à celui du Maroc (238 détenus pour 100.000 habitants) et très largement au-dessus de celui de la France (100 détenus pour 100.000 habitants), selon les données qu’elle présente.
L’association estime que cette surpopulation ne constitue pas seulement un indicateur statistique, mais qu’elle représente « une atteinte au droit à la dignité et à des conditions de détention humaines ».
Des taux d’occupation dépassant 200% dans certaines prisons
Au-delà des chiffres nationaux, Intersection met également en avant la situation de plusieurs établissements pénitentiaires où le taux d’occupation dépasse largement les capacités d’accueil. Selon les données publiées par l’association, la prison de Kairouan affichait un taux d’occupation de 251% en 2024, devant Mornaguia (210% en 2024), Gabès (209% en 2022) et Sfax (200% en 2024). Ces niveaux d’occupation, qui correspondent à plus de deux détenus pour une place disponible dans certains établissements, illustrent, selon l’association, l’ampleur de la surpopulation carcérale en Tunisie.
Treize décès qualifiés de suspects par l’association en une année
L’association revient également sur les décès enregistrés en détention. En s’appuyant sur son rapport Derrière les murs et sur sa base de données, elle recense treize décès qualifiés de suspects survenus entre juillet 2025 et juillet 2026 dans plusieurs établissements pénitentiaires.
Selon l’association, ces treize décès qualifiés de suspects concernent les détenus suivants : Hazem Amara (Belli), Jihad Dridi (Mornag), Hatem Abed (Oudhna), Montasser Abdelwahed (Mornaguia), Wassim Jaziri (Sfax), Atef Hammami (Mornaguia), Hedi Majri (Mornaguia), Hamza Dridi (Borj El Amri), Mohamed Amine Jendoubi (Borj El Amri), Nabil Ben Abdelstar Ben Mohamed Yellaoui (Belli), Salem Karmous (Messadine), Ali Bejaoui (Gabès) et Ali Mansi (Gabès).
À travers cette publication, l’association estime que l’absence d’enquêtes transparentes sur ces décès risque de transformer, selon ses termes, des violations individuelles en un phénomène favorisant l’impunité.
L’organisation conclut que la lutte contre la surpopulation carcérale constitue aujourd’hui l’un des principaux défis auxquels est confronté le système pénitentiaire tunisien, appelant à des réformes permettant de garantir des conditions de détention conformes aux droits fondamentaux.
I.N.
*Photo d’illustration











Commentaire
A4
Remplir les prisons c’est beaucoup plus facile que remplir les caisses !!!
PRISON POUR TOUS
Ecrit par A4 – Tunis, le 16 Novembre 2024
Et un mois de prison par-ci
Puis dix ans de prison par-là
Votre tableau est bien noirci:
Vous êtes tous des hors-la loi !
Content, moi je leur dis merci
A tous ces juges et leur mollah
Ne dites pas que je suis lâche
Ou que je suis une vieille savate
Car quand je fuis, quand je me cache
Au fond d’un puits ou une boîte
C’est bien pour éviter les clashs
Du décret-loi cinquante-quat’
Non, vous ne m’entendrez jamais
Vous dire du mal de son altesse
Dont les sages paroles enflammées
Donnent un grand signal de détresse
Pour que les « tiktokeuses » cramées
Nous cachent enfin leurs paires de tresses
Je ne peux dire par imprudence
Que « ce pays est merveilleux »
Pour mériter, pour insolence
Propos débiles et cafouilleux
Prison, bagne, voire même potence
Destin sordide et pagailleux
Je ne peux que les applaudir
Nos braves juges intraitables
Qui ne pratiquent l’art d’interdire
Que pour chasser tous les diables
Et nous apprendre à obéir
En soumis et corvéables
Nous vivons une belle époque
Il faut bien le reconnaître
Même si tu peines ou tu suffoques
Dis merci à ton Grand Maître
Sinon tu passeras au bloc
Réservé à tous les traîtres !