L’athlète tunisien Mohamed Amine Adoini, spécialiste du 400 mètres haies, a annoncé son retrait officiel des Jeux méditerranéens 2026, dénonçant un manque de soutien institutionnel et des conditions qu’il juge incompatibles avec la réalité du sport de haut niveau en Tunisie.
Le témoignage de Mohamed Amine Jhinaoui relance ainsi le débat sur la capacité des institutions sportives tunisiennes à retenir leurs talents et à accompagner les athlètes susceptibles de porter les couleurs nationales sur la scène internationale.
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux dimanche 2 août 2026, le jeune athlète affirme avoir pris cette décision après avoir été confronté à des critères d’accès aux aides publiques qu’il qualifie de « quasi impossibles ». Selon lui, le ministère de la Jeunesse et des Sports exige des sportifs de figurer parmi les dix meilleurs mondiaux pour bénéficier d’un soutien, tout en ne leur offrant pas les moyens de préserver ce classement.
« J’étais huitième mondial, mais il est naturel que mon classement recule lorsqu’on m’empêche de participer aux compétitions internationales », écrit-il, estimant que l’absence de financement pour les meetings internationaux l’a privé de toute possibilité de défendre sa position au classement.
Mohamed Amine Adoini rappelle également avoir battu à deux reprises le record de Tunisie en l’espace de deux semaines, devenant, selon ses propos, le premier athlète tunisien à franchir la barre des 49 secondes sur 400 mètres haies. Malgré ces performances, il affirme n’avoir reçu « aucun millime » de la part du ministère ou de la Fédération tunisienne d’athlétisme durant toute sa carrière.
Installé aux États-Unis pour poursuivre sa préparation, il explique financer lui-même son parcours sportif dans des conditions qu’il décrit comme difficiles. « Je dois désormais privilégier mon avenir et ma carrière. Si je prends un jour des décisions dans mon propre intérêt, personne ne pourra m’en tenir rigueur », conclut-il.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les critiques à l’égard de la gouvernance du sport tunisien se multiplient. Depuis plusieurs années, de nombreux athlètes de haut niveau dénoncent l’insuffisance des moyens mis à leur disposition, l’absence d’accompagnement financier et le manque de reconnaissance de leurs performances. Plusieurs champions ont d’ailleurs choisi de poursuivre leur carrière sous d’autres couleurs, estimant trouver à l’étranger des conditions plus favorables à leur développement sportif.
La championne paralympique Raoua Tlili avait notamment décrit un environnement sportif « en déclin », révélant avoir dû financer elle-même certaines compétitions internationales malgré son palmarès. Plus récemment, l’haltérophile Ghofrane Belkhir a officialisé son choix de représenter l’Allemagne, affirmant que cette décision n’était « ni contre la Tunisie ni pour l’argent », mais le résultat d’années de difficultés et de désillusions avec les instances sportives.
D’autres athlètes, à l’instar d’Ahmed Jaouadi et de Firas Kattoussi, ont eux aussi exprimé publiquement leur mécontentement face aux conditions d’accompagnement offertes aux sportifs d’élite.

N.J












