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Ghar El Melh : Houssem Hamdi appelle à un reboisement scientifique et met en garde contre les initiatives précipitées 

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Par Nadya Jennene

    Au lendemain des incendies gigantesques qui ont touché plusieurs massifs forestiers à Ghar El Melh dans le gouvernorat de Bizerte, et alors que des initiatives citoyennes de reboisement se multiplient, le président de l’association Soli & Green, Houssem Hamdi, a appelé à privilégier une approche scientifique et coordonnée, estimant que la restauration d’une forêt ne peut se résumer à une simple plantation d’arbres.

    Intervenant lundi 3 août 2026 sur les ondes de Mosaïque FM, l’activiste écologiste a salué l’élan de solidarité et la mobilisation des citoyens, tout en insistant sur la nécessité d’encadrer ces initiatives. Selon lui, toute opération de reboisement doit être précédée d’une évaluation scientifique des zones incendiées afin de déterminer si une intervention humaine est réellement nécessaire et quelles essences doivent être plantées.

    Il a rappelé qu’après un incendie, la pratique admise en gestion forestière consiste à laisser la nature entamer son processus de régénération avant toute opération de plantation. La première saison des pluies permet en effet d’observer la capacité du milieu à se reconstituer naturellement grâce aux graines présentes dans le sol ou aux repousses issues des systèmes racinaires des arbres ayant survécu au feu.

    Durant cette phase, les efforts doivent, selon lui, porter avant tout sur la protection des espaces sinistrés. Il a recommandé notamment d’empêcher le pâturage, de lutter contre les empiètements fonciers et de prévenir tout nouvel incendie, un second sinistre pouvant compromettre définitivement la régénération naturelle de la forêt.

    Houssem Hamdi a souligné que cette période d’observation pourrait s’étendre sur une à deux années, voire davantage selon les sites. Ce n’est qu’au terme de ce suivi qu’il devient possible de déterminer si une intervention humaine est indispensable.

    Lorsque le reboisement s’avère nécessaire, celui-ci doit être minutieusement planifié. L’activiste a insisté sur le choix d’espèces locales, adaptées aux caractéristiques écologiques de chaque territoire et aux effets du changement climatique. Il a recommandé également de diversifier les plantations afin d’éviter les monocultures, plus vulnérables aux maladies et aux ravageurs, et de préserver la diversité génétique des écosystèmes forestiers.

    Il a rappelé par ailleurs que le reboisement est un processus de longue haleine. Avant même la plantation, plusieurs étapes sont indispensables : collecte des graines, production des plants en pépinière, mise en terre, arrosage régulier, suivi des jeunes arbres, remplacement des plants morts ainsi que diverses opérations sylvicoles d’entretien, telles que le débroussaillage, l’élagage ou encore certaines techniques de greffage. Ces interventions s’inscrivent sur plusieurs années et nécessitent un suivi constant.

    Pour illustrer ses propos, Houssem Hamdi a cité l’exemple du mont Ennadhour, où un incendie avait ravagé plus de quarante hectares en 2019. Selon lui, les autorités et les associations ont attendu près de trois ans avant d’engager un reboisement, après avoir constaté que la régénération naturelle demeurait insuffisante.

    L’activiste a précisé que l’intervention humaine ne se justifie que lorsque la couverture végétale ne se reconstitue pas spontanément, que le sol reste exposé à l’érosion ou que les risques de dégradation persistent.

    Au-delà du reboisement, Houssem Hamdi a rappelé le rôle essentiel des forêts dans la préservation des ressources en eau, la limitation de l’érosion, la régulation du climat, la réduction des risques d’inondation, la protection de la biodiversité et la sécurité alimentaire. Il a également insisté sur leur importance économique et sociale.

    Il a dans ce sens appelé à renforcer la vigilance face aux incendies, rappelant que la majorité d’entre eux sont d’origine humaine, qu’ils soient accidentels ou volontaires. Il a notamment invité les citoyens à signaler toute tentative d’occupation illégale des terrains forestiers et à adopter des comportements responsables, y compris les gestes les plus anodins, comme l’abandon d’un mégot de cigarette, susceptible de provoquer un départ de feu.

    N.J

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    Commentaire

    1. Gg

      Répondre
      3 août 2026 | 13h37

      Observer comment la nature réagit après les incendies… voir ce qui repousse… essences locales… adaptées et mélangées… rôle des forêts dans le cycle de l’eau… biodiversité….
      C’est exactement ce qui n’a pas été fait dans les Landes françaises, avec les conséquences cataclysmiques que l’on a vu.
      Ce Monsieur Hamdi parle d’or, puisse-t-il être écouté !

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