À la suite de la visite inopinée du président de la République, Kaïs Saïed, à Radès, dans la soirée du dimanche 2 août 2026, l’élu local Wissem Chehidi a vivement dénoncé ce qu’il considère comme la principale cause de la dégradation environnementale dans la banlieue sud de Tunis : la non-application des lois interdisant les rejets industriels non traités dans les cours d’eau.
Intervenant lundi 3 août 2026 sur les ondes de Jawhara FM, il a indiqué avoir profité de son échange avec le chef de l’État pour lui exposer l’ensemble des difficultés que connaît Radès, en mettant particulièrement l’accent sur les atteintes à l’environnement.
Selon lui, la pollution qui affecte la région ne résulte pas d’un vide juridique, mais d’un défaut d’exécution des textes existants. « Les lois existent, mais elles ne sont pas appliquées », a-t-il martelé, estimant que les industriels responsables de ces rejets échappent aux contrôles malgré les obligations qui leur sont imposées.
L’élu a affirmé que près de 127 usines, réparties entre Djebel Jelloud, Mégrine, Ben Arous et les différentes zones industrielles de la banlieue sud, rejetaient leurs effluents directement dans les oueds sans traitement préalable. Il a soutenu que seules quatre ou cinq unités industrielles traiteraient effectivement leurs eaux usées avant leur rejet.
Pour Wissem Chehidi, cette situation s’explique principalement par le coût des installations de traitement, que de nombreux industriels chercheraient à éviter, alors même que la réglementation les y oblige. « Il est interdit de déverser ces rejets dans les oueds, mais cette interdiction n’est tout simplement pas appliquée », a-t-il déploré.
L’élu a qualifié la situation de « terrorisme environnemental », estimant que les conséquences dépassent désormais le simple cadre de la pollution. Selon lui, autrefois reconnue pour la qualité de ses eaux, la baie de Radès, qui s’étend jusqu’à Ezzahra, Hammam Lif, Borj Cédria et Soliman, figure aujourd’hui parmi les zones les plus dégradées du littoral.
N.J










