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Afif Khefacha : 20 mois de détention, une question demeure : la justice ou la politique?

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Afif Khefacha

Par Malik Khefacha

    La tribune ci-après nous a été transmise par Malik Khefacha, fils d’Afif Khefacha, qui prend la plume pour évoquer la situation de son père, détenu depuis plus de vingt mois. Par ce texte, il entend partager le point de vue de sa famille et susciter une réflexion sur les enjeux humains et judiciaires que soulève cette affaire.

    À 72 ans, après une carrière entièrement consacrée au développement de l’industrie tunisienne, Afif Khefacha demeure privé de liberté depuis plus de vingt mois sans jugement définitif. Derrière cette affaire judiciaire, une autre question s’impose désormais dans le débat public : celle d’une possible instrumentalisation politique d’un dossier qui continue de susciter de profondes interrogations.

    Depuis novembre 2024, Afif Khefacha, ancien PDG de la STIA, ingénieur diplômé de l’École Centrale Paris et figure reconnue de l’industrie tunisienne, est maintenu en détention préventive dans une affaire qui n’a toujours pas abouti à une décision judiciaire définitive.

    Vingt mois de détention. Vingt mois d’attente. Vingt mois pendant lesquels un homme âgé de 72 ans voit son état de santé se fragiliser dans un contexte carcéral difficile, notamment marqué par les fortes chaleurs estivales.

    Un parcours au service de l’industrie tunisienne

    Avant cette affaire, Afif Khefacha était avant tout un dirigeant industriel. Pendant plus de trente ans, il a participé au développement économique du pays, assumé des responsabilités importantes au sein de plusieurs entreprises et contribué à la structuration de secteurs industriels stratégiques.

    Ingénieur de formation, diplômé de l’École Centrale Paris, il appartient à une génération de cadres qui ont consacré leur carrière à construire, investir et accompagner la transformation industrielle de la Tunisie.

    Aujourd’hui retraité depuis plus de dix ans, il se retrouve confronté à une longue période de détention préventive qui soulève des questions sur la proportionnalité de la mesure et sur les conséquences humaines d’une telle situation.

    Une affaire qui dépasse le seul cadre judiciaire

    Au fil des mois, l’affaire Afif Khefacha a pris une dimension qui dépasse le simple débat juridique.

    La défense dénonce une affaire qui aurait été progressivement politisée, estimant que des interventions extérieures auraient influencé le traitement du dossier et contribué à éloigner l’affaire de son cadre judiciaire normal.

    Elle affirme que plusieurs éléments de preuve et documents officiels démontrant, selon elle, l’absence de responsabilité de M. Khefacha ont été versés au dossier, sans avoir reçu l’examen attendu dans le cadre de l’instruction.

    Cette situation alimente aujourd’hui un sentiment d’injustice et appelle à une clarification complète afin que la vérité judiciaire puisse s’exprimer dans un cadre indépendant et transparent.

    Des interrogations sur la procédure

    Au-delà de la nature des accusations, plusieurs questions sont soulevées concernant le déroulement de la procédure judiciaire.

    La durée de la détention préventive, le traitement des éléments présentés par la défense ainsi que certaines questions relatives au renouvellement du mandat de dépôt sont autant de points qui nécessitent des réponses précises dans le respect des règles de droit.

    Dans un État de droit, la justice ne doit être ni influencée par la pression politique, ni fragilisée par le doute. Elle doit rester fondée sur les preuves, l’équité et l’indépendance.

    Des faits anciens et une détention prolongée

    Les faits reprochés à Afif Khefacha remonteraient à l’année 2009, soit près de dix-sept ans avant aujourd’hui.

    Cette temporalité interroge sur les raisons d’une procédure engagée aussi tardivement et sur la nécessité de maintenir une personne âgée en détention pendant une période aussi longue avant tout jugement définitif.

    La détention préventive doit rester une mesure exceptionnelle. Elle ne peut devenir une peine anticipée.

    Une urgence humaine qui ne peut attendre

    Au-delà des considérations judiciaires, il existe aujourd’hui une urgence humaine.

    À 72 ans, avec un état de santé décrit comme préoccupant, Afif Khefacha fait face à une situation qui nécessite une attention particulière. Les conditions de détention difficiles, amplifiées par les températures extrêmes, rendent cette attente encore plus éprouvante.

    Une société démocratique se juge aussi à la manière dont elle protège les droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

    La justice doit trancher, mais dans le respect des principes

    L’affaire Afif Khefacha pose une question essentielle : peut-on accepter qu’une personne âgée reste détenue pendant des mois, voire des années, sans jugement définitif, alors que des interrogations persistent sur le traitement de son dossier ?

    La justice doit évidemment suivre son cours. Les accusations doivent être examinées et les responsabilités établies par les institutions compétentes.

    Mais la justice ne peut perdre de vue l’humain. Elle ne peut devenir un instrument de pression, ni permettre qu’une détention provisoire se transforme en sanction avant jugement.

    Un appel à une décision urgente

    Face à cette situation, un appel est lancé aux autorités judiciaires et aux institutions de l’État afin qu’un examen rapide, impartial et approfondi du dossier soit engagé.

    La demande porte sur la libération immédiate d’Afif Khefacha, au regard de son âge, de la durée de sa détention préventive, de son état de santé et des interrogations exprimées autour du traitement de son affaire.

    Au-delà du cas d’un ancien dirigeant industriel, cette affaire pose une question plus large : celle de la place de la justice dans une société où chaque citoyen doit pouvoir bénéficier des mêmes garanties, loin de toute influence ou considération extérieure.

    La justice doit être rendue. Mais elle doit aussi être indépendante, équitable et humaine. Car lorsqu’une détention prolongée précède le jugement, c’est la confiance des citoyens dans l’État de droit qui est directement mise à l’épreuve.

    Par Malik Khefacha, fils d’Afif Khefacha

    Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

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    3 commentaires

    1. Ahemd Ben M.

      Répondre
      4 août 2026 | 13h54

      Une détention préventive ne doit jamais se transformer en peine anticipée. Il est grand temps que la justice fasse preuve d’indépendance, d’équité, mais surtout d’humanité face à l’état de santé d’un homme de 72 ans. Plein de courage à la famille

    2. Roberto Di Camerino

      Répondre
      4 août 2026 | 12h55

      Si vous ne l’avez pas encore compris, c’est que vous vivez dans une cave sous une grosse pierre.
      La Justice en Tunisie est au service de Kais Saied. Inutile de tergiverser, il met en prison qui il veut.
      Et SVP ne parlez plus de democracie. Admettez -le vous etes en train de vivre sous une dictature avec du rouge à levres,….. a peine maquillée.

      • Mohamed Mabrouk

        Répondre
        4 août 2026 | 15h53

        Conseil de sadikien: ne dites plus qu’il a fait centrale

    Répondre

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