Au 31 juillet 2026, l’encours des Bons du Trésor a atteint 36,83 milliards de dinars, en hausse de 23,36% sur un an. Cette progression est entièrement portée par les Bons du Trésor Assimilables (BTA), tandis que les titres à court terme ont diminué de plus de moitié.
Près de sept milliards de dinars supplémentaires en un an
Selon les indicateurs monétaires et financiers quotidiens publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT) et mis à jour mardi 4 août 2026, l’encours des Bons du Trésor a poursuivi sa progression au 31 juillet 2026. Cette hausse résulte exclusivement de l’augmentation des Bons du Trésor Assimilables (BTA), tandis que les titres à court terme poursuivent leur repli.
L’encours total des Bons du Trésor s’est établi à 36,83 milliards de dinars, contre 29,86 milliards de dinars à la même date de l’année précédente, soit une augmentation de 6,97 milliards de dinars (+23,36%).
Dans le détail, les Bons du Trésor à court terme (BTC) ont fortement reculé, passant de 3,66 milliards de dinars au 31 juillet 2025 à 1,68 milliard de dinars un an plus tard. Leur encours a ainsi diminué de 1,97 milliard de dinars, soit une baisse de 53,96%.
À l’inverse, les Bons du Trésor Assimilables (BTA) ont enregistré une progression de 8,95 milliards de dinars (+34,16%), leur encours passant de 26,20 milliards de dinars à 35,15 milliards de dinars.
La forte progression des BTA a ainsi largement compensé la baisse des BTC, conduisant l’encours global des Bons du Trésor à un nouveau niveau record.
Une dette intérieure aux échéances de plus en plus longues
Les BTA représentent désormais 95,43% de l’ensemble des Bons du Trésor en circulation, contre 87,74% un an auparavant. Leur part a ainsi progressé de près de huit points de pourcentage en douze mois.
À l’inverse, la part des BTC est revenue de 12,26% à 4,57% du total, confirmant le renforcement de la part des financements à moyen et long terme dans la dette intérieure.
Le recul des Bons du Trésor à court terme, parallèlement à la progression soutenue des BTA, traduit un allongement des échéances de la dette intérieure.
En théorie, cette évolution permet à l’État de réduire la pression immédiate sur sa trésorerie en étalant ses remboursements dans le temps et en limitant les risques liés au refinancement fréquent de la dette à court terme.
Mais cette lecture mérite d’être nuancée. Si les BTA offrent une meilleure visibilité sur le calendrier des remboursements, ils inscrivent également la dette dans une durée plus longue et prolongent le poids de son service sur les finances publiques.
Le recours accru aux BTA peut ainsi traduire une volonté d’étaler les échéances de remboursement, mais aussi une adaptation aux conditions de financement offertes par le marché intérieur. La pression du court terme s’atténue, sans pour autant réduire le niveau global de la dette contractée sous cette forme.
Bons du Trésor : ce que révèlent les encours
Les Bons du Trésor sont des titres d’emprunt émis par l’État afin de financer ses besoins budgétaires et de trésorerie. Leur encours correspond au montant total des titres émis et non encore arrivés à échéance, autrement dit la dette en circulation sous cette forme à une date donnée.
Les BTC sont des instruments de financement à court terme, tandis que les BTA sont émis sur des maturités de moyen et de long terme. L’évolution de leurs encours permet ainsi de mesurer non seulement le niveau d’endettement de l’État sur le marché intérieur, mais aussi la manière dont cette dette est répartie dans le temps.
À fin juillet 2026, les Bons du Trésor Assimilables représentent désormais plus de 95% de l’encours total des Bons du Trésor, confirmant la place désormais prépondérante des financements à moyen et long terme dans la dette intérieure de l’État.
I.N.










