Le passage frontalier de Ras Jedir, dans le sens Libye-Tunisie, a connu de fortes perturbations ces derniers jours. Le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme (OTDH), Mostafa Abdelkebir, a multiplié les appels aux autorités pour dénoncer la situation, avant de faire état, mardi, d’une amélioration progressive de la circulation.
Depuis le dimanche 2 août 2026, Mostafa Abdelkebir alerte publiquement sur les difficultés rencontrées par les voyageurs au passage frontalier de Ras Jedir. Selon lui, des centaines de Tunisiens sont restés bloqués du côté libyen pendant plusieurs jours, sans pouvoir rejoindre la Tunisie, certains dans des conditions particulièrement éprouvantes en raison de la chaleur et du manque de services de base. Ces témoignages sont corroborés par de nombreuses photos et vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux, montrant d’importantes files de véhicules et de voyageurs immobilisés au passage frontalier, parfois pendant de longues heures, voire plusieurs jours.
Trois jours d’alertes successives
Dans un premier message publié dimanche après-midi, le président de l’OTDH dénonçait une situation qu’il jugeait « préoccupante », affirmant que des centaines de Tunisiens étaient bloqués depuis plus de trois jours.
« Plus de trois jours, sous une chaleur estivale, des centaines de Tunisiens restent bloqués du côté libyen sans être autorisés à passer (…) Qui est derrière toute cette souffrance ? Où sont les responsables ? Les photos et les visites ne résolvent pas les problèmes des citoyens », écrivait-il.

Lundi, Mostafa Abdelkebir a indiqué recevoir de très nombreux appels de voyageurs bloqués du côté libyen du passage frontalier de Ras Jedir. Il évoquait notamment des personnes âgées et d’autres voyageurs privés d’eau, d’ombre et des conditions minimales de confort, certains immobilisés depuis trois ou quatre jours.
« Nous avons contacté nos frères libyens afin de faciliter le mouvement des voyageurs et, dans certains cas, nous y sommes parvenus, mais (…) c’est un véritable traitement humiliant pour les citoyens », a-t-il écrit, appelant les plus hautes autorités tunisiennes à intervenir rapidement.

Une amélioration progressive annoncée mardi
Mardi 4 août, dans une nouvelle publication, Mostafa Abdelkebir a toutefois fait état d’une évolution positive.
« Merci à nos frères libyens qui ont réagi à nos démarches. Depuis hier, le mouvement de passage s’améliore progressivement. Merci à tous », a-t-il indiqué.

Cette amélioration semble corroborée par plusieurs pages locales libyennes. Après avoir averti lundi que le temps d’attente pouvait atteindre une dizaine d’heures en raison d’une forte affluence de voyageurs, elles indiquaient mardi à la mi-journée que le trafic en direction de la Tunisie avait retrouvé un rythme plus fluide, malgré un encombrement persistant. Le temps d’attente restait toutefois estimé à environ trois heures.
Une situation dénoncée de part et d’autre de la frontière
Parallèlement aux alertes de Mostafa Abdelkebir, plusieurs sources locales ont décrit ces derniers jours une situation particulièrement difficile au passage frontalier de Ras Jedir. Elles évoquent de longues heures, voire plusieurs jours d’attente, sous de fortes chaleurs, dans un espace manquant d’ombre, de points d’eau, d’installations sanitaires adaptées et d’autres services de base, alors que figurent parmi les voyageurs des familles, des personnes âgées et des malades.
Elles soulignent que leurs critiques visent la gestion du passage frontalier et non les peuples tunisien et libyen. Elles estiment également que la lutte contre la contrebande ne devrait pas se faire au détriment des voyageurs ordinaires qui, selon elles, constituent l’essentiel des personnes présentes dans les longues files d’attente.
De leur côté, plusieurs pages libyennes ont fait état d’une forte affluence de voyageurs au passage frontalier de Ras Jedir, évoquant des temps d’attente pouvant atteindre une dizaine d’heures. Elles ont également recommandé aux familles accompagnées d’enfants, de personnes âgées ou de malades de reporter leur déplacement en l’absence de nécessité urgente, avant de signaler mardi une amélioration progressive de la circulation.

Un passage frontalier régulièrement confronté à des perturbations
Les difficultés observées ces derniers jours ne constituent pas un cas isolé. Le passage frontalier de Ras Jedir est régulièrement confronté à des perturbations affectant la circulation des voyageurs, qu’il s’agisse de fermetures temporaires, de dysfonctionnements techniques ou d’importants ralentissements. Ainsi, en juin 2026, le trafic avait déjà été temporairement interrompu à la suite d’une panne du système informatique utilisé par les autorités tunisiennes, selon le ministère libyen de l’Intérieur.
En décembre 2025, un dysfonctionnement du système frontalier du côté libyen avait également entraîné le blocage de voyageurs étrangers et d’importants embouteillages, poussant déjà Mostafa Abdelkebir à appeler les autorités des deux pays à intervenir. En août 2024, le passage frontalier avait de nouveau été fermé en raison de troubles survenus en Libye à proximité de la zone frontalière.
Si les derniers témoignages font état d’une amélioration progressive de la circulation mardi, plusieurs heures d’attente restent néanmoins nécessaires pour franchir le passage frontalier de Ras Jedir en direction de la Tunisie. Les voyageurs espèrent désormais un retour durable à un fonctionnement normal de ce point de passage stratégique entre les deux pays.
I.N.










