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À quelques semaines de la rentrée, le bras de fer entre le syndicat de l’enseignement de base et le ministère s’intensifie

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Par Myriam Ben Zineb

    À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, le ton monte entre le ministère de l’Éducation et la Fédération générale de l’enseignement de base, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Dans un communiqué publié mercredi 5 août 2026, le syndicat dresse un réquisitoire contre une série de décisions ministérielles qu’il considère comme un « grave recul » des acquis du secteur et prévient qu’il tiendra le ministère pour seul responsable de toute perturbation ou de tout échec qui pourrait marquer la prochaine rentrée.

    La fédération s’en prend d’abord à la révision des critères du mouvement des directeurs d’école, en particulier à l’abaissement de l’âge de participation à 50 ans, une mesure qu’elle rejette. Elle dénonce également le déroulement du mouvement des mutations des instituteurs sans l’association de la partie syndicale, estimant que cette méthode va à l’encontre des principes de transparence et de concertation.

    Autre sujet de discorde : la suppression du poste d’assistant du directeur d’école primaire. Selon la fédération, cette décision ne fera qu’alourdir les charges administratives des directeurs d’établissement et risque de perturber le bon fonctionnement des écoles.

    Le syndicat exprime également son inquiétude face au revirement concernant les enseignants devenus inaptes à assurer des cours pour des raisons de santé. Il affirme que plusieurs agents actuellement affectés à des tâches administratives sont contraints de réintégrer les salles de classe, sans que leur état de santé physique ou psychologique ne soit pris en compte et sans qu’une évaluation préalable de leur aptitude à reprendre l’enseignement, parfois après plusieurs années d’interruption, n’ait été effectuée.

    Le communiqué revient aussi sur les revendications financières. La fédération dénonce le non-versement de la prime destinée aux enseignants exerçant en milieu rural ainsi que la modification des critères d’attribution de cette indemnité, qu’elle considère comme une atteinte aux droits des personnels concernés. Elle reproche en outre au ministère de ne pas honorer les accords conclus, notamment l’accord « A3 », estimant que cette attitude fragilise le dialogue social et entame la confiance entre les différentes parties.

    Plus largement, la fédération accuse le ministère de vouloir imposer le fait accompli en poursuivant une politique de fermeture des négociations, d’exclusion du partenaire social et de remise en cause du dialogue. Une démarche qui, selon elle, porte atteinte au droit constitutionnel à l’action syndicale et à la négociation collective, tout en remettant en question des acquis obtenus après de longues années de mobilisation dans le secteur de l’enseignement de base.

    En conclusion, la Fédération générale de l’enseignement de base met solennellement en garde le ministère de l’Éducation et affirme qu’il portera l’entière responsabilité de toute perturbation ou de tout échec susceptible d’affecter la rentrée scolaire 2026-2027.

    M.B.Z

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