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Enfants dormant dans la rue : après la diffusion de vidéos alarmantes, une organisation appelle à une intervention urgente de l’État

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Par Nadya Jennene

    Des images particulièrement préoccupantes ont suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux ces derniers jours en Tunisie. Des photos et des vidéos montrant des enfants dormant à même les trottoirs, dans plusieurs espaces publics, notamment aux abords de la place Barcelone à Tunis, ont largement circulé sur la toile, ravivant les inquiétudes autour de la situation des enfants en rupture de protection et exposés à de multiples formes de vulnérabilité.

    Face à ces images, l’Organisation internationale de protection des enfants méditerranées a adressé, mercredi 5 août 2026, une correspondance aux autorités tunisiennes compétentes afin de signaler ce qu’elle considère comme des situations nécessitant une intervention immédiate. Le courrier a été transmis à la ministre de la Femme, au délégué général à la protection de l’enfance, au délégué régional à la protection de l’enfance de Tunis ainsi qu’au procureur de la République près le Tribunal de première instance de Tunis.

    L’organisation a précisé que l’identification des enfants concernés, la vérification de leur situation familiale et l’établissement des responsabilités éventuelles relevaient des autorités officielles, estimant toutefois que la seule apparition d’enfants dormant dans la rue constitue un signal d’alerte qui impose une réaction rapide des institutions chargées de la protection de l’enfance, afin de déterminer les causes de leur présence dans ces conditions et de leur assurer une prise en charge adaptée.

    Dans sa correspondance, l’organisation a rappelé que la protection de l’enfant constituait une obligation constitutionnelle, légale et internationale pour la Tunisie. Elle a souligné que l’État était tenu de garantir la dignité, la santé, la prise en charge et l’éducation de l’enfant, tout en veillant au respect de son intérêt supérieur dans toutes les décisions et interventions qui le concernent.

    Elle a noté également que le Code de la protection de l’enfant prévoyait l’intervention des autorités compétentes chaque fois qu’un enfant se trouve dans une situation menaçant sa sécurité, sa santé ou son intégrité physique, psychologique, morale ou sociale. Pour l’organisation, un enfant contraint de passer ses nuits dans la rue se trouve, par définition, dans une situation de danger nécessitant des mesures de protection immédiates.

    S’appuyant sur les dispositions de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, l’organisation a insisté sur l’obligation de protéger les mineurs contre toutes les formes de violence, de négligence, d’exploitation et de privation de leurs droits fondamentaux. Elle a rappelé également les engagements découlant de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, qui impose aux États de mettre en place les mécanismes nécessaires pour prévenir le phénomène de l’errance des enfants et les protéger contre toutes les formes d’abus.

    Au-delà de la précarité matérielle, l’organisation a mis en garde contre les risques auxquels sont exposés les enfants vivant dans la rue. Selon elle, ces situations peuvent les rendre particulièrement vulnérables face à l’exploitation, aux violences, à la traite des personnes, à la mendicité organisée, à l’abandon scolaire ou encore à l’instrumentalisation par des réseaux criminels.

    Dans ce contexte, l’organisation a appelé à une intervention de terrain afin de recenser les enfants concernés, d’évaluer leurs besoins et de leur garantir une protection immédiate. Elle a réclamé également la mise en place de solutions d’hébergement sécurisé ainsi qu’un accompagnement sanitaire, psychologique, social et éducatif pour les enfants nécessitant une prise en charge.

    Elle a demandé par ailleurs l’ouverture d’enquêtes sociales et judiciaires pour comprendre les trajectoires ayant conduit ces enfants à se retrouver dans la rue et identifier d’éventuelles responsabilités liées à la négligence, à l’exploitation ou à toute autre atteinte à leurs droits. Elle a appelé notamment le ministère public à engager les procédures nécessaires dès lors que des indices sérieux révèlent une situation de danger ou une infraction visant des mineurs.

    Au-delà de la gestion des cas individuels, l’organisation a plaidé pour une évaluation globale de la stratégie nationale de protection de l’enfance et de la capacité des structures existantes à répondre aux situations d’urgence, ainsi qu’à l’élaboration d’un plan national spécifique, assorti d’objectifs clairs, de délais précis et de mécanismes de suivi, afin de lutter durablement contre le phénomène des enfants vivant dans la rue.

    Estimant que la diffusion des images sur les réseaux sociaux ne doit pas constituer l’unique réponse à une situation de détresse, l’organisation a insisté sur la nécessité d’une action institutionnelle rapide.

    « Un enfant qui dort sur un trottoir n’a pas besoin d’un objectif qui immortalise sa détresse, mais d’un État dont la loi, la prise en charge et la protection puissent l’atteindre avant que le danger ne l’atteigne », a conclu l’organisation.

    N.J

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    2 commentaires

    1. Gg

      Répondre
      5 août 2026 | 12h08

      Que de mots!!
      Question: où sont, que font les parents et la famille?
      Cela relève de la police.

      • Gg

        Répondre
        6 août 2026 | 10h27

        Souvenir…
        En 2015, je travaillais à Tunis. Ma femme et moi nous rejoignions le week end.
        Un vendredi soir elle a débarqué avec une jeune fille de 19 ans, que ses parents avaient jetée hors du domicile. Ma femme l’avait trouvée recroquevillée sur le trottoir à la gare routière, en pleurs.
        Ma femme lui a dit viens…
        Tous les trois avons dîné, puis la pitchoune a dit qu’elle allait chercher du travail. Nous lui avons donc pris une chambre dans l’hôtel ou je logeais, et un téléphone pour qu’elle puisse communiquer.
        Cela a duré 2 mois, je lui donnais de quoi vivre.
        Au bout de 2 mois, elle est partie rejoindre je ne sais quels membres de la famille….
        Elle etait adorable, honnête, fragile.
        Elle s’en est sortie, par la suite nous avons longtemps communiqué. Jusqu’à son mariage avec un beau qu’elle avait rencontré !
        Encore aujourd’hui je ne comprends pas comment ses parents on pu la jeter ainsi. Elle aurait pu finir « pu… ».
        C’est une honte absolue.
        Et encore aujourd’hui, si elle m’appelle je serai là pour elle.
        Vraiment, je suis outré.
        J’ai une fille, le fondement de notre relation est que quoi qu’elle fasse, quoi qu’il lui arrive, je serai toujours, indéflectiblement et inconditionnellement, papa.

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