L’économiste Moez Joudi a estimé, jeudi 6 août 2026, que la vague actuelle de hausses des prix en Tunisie n’était pas un phénomène ponctuel, mais la conséquence de politiques de contrôle des prix menées depuis plusieurs années. Selon lui, ces augmentations devraient se poursuivre tant que les déséquilibres économiques de fond ne seront pas résolus.
Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, il affirme que les gouvernements qui se sont succédé depuis 2011 ont cherché à contenir la hausse des prix, notamment à travers leur plafonnement, la réduction des marges bénéficiaires et le gel des tarifs de plusieurs entreprises publiques.
Le gel des prix a fragilisé les entreprises publiques
Moez Joudi cite notamment la Pharmacie centrale, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) et la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), estimant que ces établissements ont été contraints pendant des années de vendre à perte, de recourir à l’endettement et d’attendre des compensations de l’État, alors même que leurs coûts de production, d’approvisionnement et d’importation continuaient d’augmenter.
Selon lui, cette situation a progressivement fragilisé leur équilibre financier jusqu’à rendre leur modèle économique « insoutenable ». Il considère que certaines de ces entreprises sont désormais « en situation de faillite », conséquence de l’effondrement de leur modèle économique, financier et de développement.
Des hausses de prix appelées à se poursuivre
Pour l’économiste, la poursuite de la pression sur les prix a fini par provoquer un « éclatement » de la situation. « Nous observons aujourd’hui une vague de hausses des prix, qui va se poursuivre, dans un contexte où il s’agit de sauver ce qui peut encore l’être, alors que la croissance économique demeure insuffisante, que la création de richesse reste limitée et que le pouvoir d’achat continue de se dégrader », résume-t-il.
Selon Moez Joudi, cette situation aurait pu être évitée grâce à une politique favorisant davantage l’investissement, la production, l’amélioration de la compétitivité, l’innovation ainsi que la mise en œuvre des réformes programmées. Il appelle également à rompre avec ce qu’il qualifie d’« idéologies dépassées et stériles » et à adopter une plus grande ouverture dans les mentalités et les pratiques.
Réformes, investissement et rupture avec les anciennes approches
Dans la dernière partie de son analyse, Moez Joudi critique les réponses apportées jusqu’à présent par les pouvoirs publics. Il juge que les « décisions imposées », les « politiques de rafistolage » et de « bricolage », ainsi que le déni de la réalité et le refus de l’affronter, conduisent inévitablement à l’échec.
« Les décisions imposées, les politiques de rafistolage, de bricolage, le déni de la réalité et de la vérité, ainsi que le refus de les affronter, sont au final des politiques vouées à l’échec », conclut-il.

I.N.










