L’Institut national de la statistique a publié une projection de la population tunisienne à l’horizon 2054. Il annonce 13,3 millions d’habitants, une croissance presque nulle et une société profondément vieillissante. Mais cette trajectoire centrale repose sur une remontée encore incertaine de la fécondité, une amélioration peu expliquée du solde migratoire et des marges d’incertitude que l’Institut ne publie pas. Une évolution paraît néanmoins acquise : dès 2030, les plus de 60 ans seront plus nombreux que les enfants de moins de quinze ans.
L’Institut national de la statistique (INS) a publié un document de quatre pages, intitulé « Flash projection de la population », proposant une sorte de prospective sur ce que sera la population tunisienne en 2054. Le document est suffisamment court pour être consulté par chacun et les graphiques peuvent être vérifiés directement.
L’exercice est précieux. Dans un pays où les politiques publiques restent trop souvent gouvernées par l’urgence, disposer d’une projection à trente ans permet d’anticiper les besoins en écoles, en emplois, en logements, en hôpitaux et en retraites. Encore faut-il traduire les courbes, distinguer ce qui est déjà acquis de ce qui relève d’une hypothèse et ne pas transformer une trajectoire statistique en certitude.
Le principal enseignement du document ne réside pas dans le nombre total d’habitants annoncé pour 2054. La Tunisie ne va pas brusquement se vider. Elle devrait même continuer à gagner des habitants pendant plusieurs années.
La transformation se situe dans la composition de sa population : beaucoup moins d’enfants, davantage de personnes âgées, une prédominance féminine plus marquée et une croissance progressivement réduite à presque rien.
Une population qui augmente malgré la chute de la fécondité
Le premier paradoxe doit être expliqué. La fécondité tunisienne est tombée à 1,54 enfant par femme en 2024, très en dessous du seuil nécessaire au renouvellement des générations. Pourtant, l’INS prévoit une augmentation de la population, qui passerait de 11,97 millions d’habitants en 2024 à environ 13,3 millions en 2054.
Il n’y a pas de contradiction. Une fécondité faible ne provoque pas immédiatement une baisse de la population. La Tunisie bénéficie encore d’une inertie démographique : les générations actuellement en âge d’avoir des enfants sont relativement nombreuses, car elles sont nées à une époque où la fécondité était plus élevée. Même si chaque femme a, en moyenne, moins d’enfants, le nombre total de femmes concernées permet encore de maintenir un volume de naissances supérieur à celui des décès.
En 2015, la différence entre les naissances et les décès atteignait 152.890 personnes. En 2024, cet accroissement naturel n’était plus que de 53.280 personnes. Le solde reste positif, mais il a été divisé par près de trois en neuf ans.
Le pic de 107.006 décès enregistré en 2021 sous l’effet du Covid constitue une rupture exceptionnelle. Le nombre de décès est revenu à 73.121 en 2024, sans remettre en cause la tendance structurelle à leur augmentation sous l’effet du vieillissement.
À cela s’ajoute l’émigration. L’INS estime le solde migratoire annuel moyen à −24.200 personnes entre 2019 et 2024. Une partie importante de l’excédent naturel est donc absorbée par les départs. La population continue à augmenter, mais à un rythme de plus en plus faible.
Entre 1994 et 2024, la Tunisie a gagné environ 3,18 millions d’habitants. Entre 2024 et 2054, elle n’en gagnerait plus que 1,36 million selon la projection centrale de l’INS, soit moins de la moitié de l’augmentation enregistrée durant les trente années précédentes. Le taux de croissance démographique tomberait à 0,03 % en 2054, ce qui correspondrait à seulement quelques milliers d’habitants supplémentaires par an.
La faible fécondité ne réduit donc pas immédiatement la population. Elle prépare sa stagnation, puis éventuellement son recul, avec plusieurs décennies de décalage.

Dès 2030, une inversion historique
Le basculement le plus spectaculaire arrivera beaucoup plus tôt que 2054. Selon les chiffres présentés par l’INS, les personnes âgées de soixante ans et plus représenteront 19,9 % de la population en 2030. Les enfants de moins de quinze ans n’en représenteront plus que 19 %.
Dans moins de quatre ans, la Tunisie devrait ainsi compter davantage de seniors que d’enfants.
En 2025, les moins de quinze ans représentent encore 23 % de la population, contre 16,8 % pour les soixante ans et plus. En seulement cinq ans, la part des premiers reculerait de quatre points pendant que celle des seconds progresserait de plus de trois points. La vitesse du basculement est au moins aussi importante que son ampleur.
La pyramide des âges mérite de moins en moins son nom. Sa base, composée des enfants et des adolescents, se rétrécit. Son sommet, formé des générations âgées, s’élargit. En 2054, la population tunisienne ne sera pas nécessairement moins nombreuse qu’aujourd’hui, mais elle sera nettement plus vieille.
Cette évolution aura des conséquences sur toute l’organisation du pays. Moins d’enfants signifie, à terme, moins d’élèves et une autre répartition des besoins scolaires. Cela peut conduire à la fermeture ou au regroupement de certains établissements, mais aussi offrir l’occasion de réduire les effectifs par classe et d’améliorer la qualité de l’enseignement.
Le vieillissement accroîtra en revanche les besoins en soins, en médicaments, en prise en charge des maladies chroniques et en accompagnement de la dépendance. Il exercera aussi une pression supplémentaire sur les régimes de retraite, dont l’équilibre dépend non pas seulement du nombre d’habitants, mais du rapport entre cotisants et pensionnés.
La dépendance augmente, mais change surtout de nature
L’INS prévoit que le taux de dépendance des personnes âgées passera de 27,9 % en 2025 à 32,6 % en 2030. Cette notion peut prêter à confusion. Elle ne signifie pas qu’il y aura 33 retraités pour 100 travailleurs. Elle indique qu’il y aura près de 33 personnes âgées de soixante ans et plus pour cent personnes âgées de 15 à 59 ans.
Tous les Tunisiens âgés de 15 à 59 ans ne sont pas actifs, employés ou cotisants. Inversement, toutes les personnes de plus de 60 ans ne sont pas inactives ou financièrement dépendantes. Le ratio est démographique, pas économique.
Nos calculs à partir des données publiées par l’INS font apparaître un autre phénomène. Si l’on additionne les enfants de moins de quinze ans et les personnes de soixante ans et plus, puis que l’on rapporte le total aux 15-59 ans, le taux global de dépendance démographique diminuerait légèrement d’ici 2030. Il passerait d’environ 66,1 personnes pour 100 individus âgés de 15 à 59 ans en 2025 à 63,7 en 2030.
La diminution du nombre d’enfants serait donc, dans un premier temps, plus rapide que l’augmentation du nombre de seniors. La charge démographique globale ne s’alourdirait pas encore ; elle changerait de nature. Les besoins liés à l’enfance et à la scolarité céderaient progressivement du terrain à ceux liés à la santé, aux retraites et à la dépendance.
Cette période peut offrir un répit démographique, mais celui-ci sera temporaire. Lorsque les générations nombreuses quitteront à leur tour les âges d’activité, le rapport entre la population susceptible de travailler et la population âgée se détériorera davantage.
Une Tunisie plus féminine en 2054
Le vieillissement et l’émigration majoritairement masculine devraient aussi modifier la répartition de la population selon le sexe. En 2025, l’INS dénombre 6,07 millions de femmes et 5,91 millions d’hommes. En 2054, les femmes seraient 6,95 millions et les hommes 6,38 millions.
La part des femmes passerait ainsi de 50,7 % à 52,2 % de la population. Le pays ne compterait plus que 91 hommes pour 100 femmes, contre environ 97 actuellement.
L’INS attribue cette évolution à deux facteurs : l’espérance de vie plus élevée des femmes et la prépondérance des hommes dans l’émigration. Le document ne chiffre cependant pas la contribution respective de ces deux phénomènes. Il permet d’observer le résultat projeté, pas de déterminer précisément la part imputable à la longévité et celle qui découle des départs à l’étranger.
La féminisation sera particulièrement visible aux âges avancés. Elle devra être prise en compte dans les politiques de santé, de protection sociale et d’accompagnement des personnes âgées, d’autant que les femmes âgées disposent souvent de parcours professionnels et de droits sociaux différents de ceux des hommes.
Les 13,3 millions reposent sur plusieurs paris
Le chiffre de 13,3 millions d’habitants en 2054 est présenté comme le résultat du scénario central. Il ne doit pourtant pas être lu comme une certitude.
Une projection démographique dépend de trois composantes : les naissances, les décès et les migrations. Une variation relativement faible de l’une d’elles, répétée sur trente ans, peut modifier significativement le résultat final.
La première interrogation concerne la fécondité. Le document indique que son niveau futur pourrait se situer entre 1,3 et 1,7 enfant par femme. Mais, dans son tableau des chiffres clés, l’INS affiche un indice synthétique de fécondité de 1,81 en 2054. Il évoque également la possibilité d’une remontée ponctuelle vers 1,8 ou 1,9.
La présentation de l’INS ne permet pas de comprendre immédiatement si le taux de 1,81 appartient au scénario central, à une hypothèse favorable ou à une remontée temporaire. Cette clarification est essentielle : la population projetée en 2054 dépend directement du nombre d’enfants que les générations futures auront effectivement.
Le deuxième pari concerne les migrations. Après un solde annuel moyen de −24.200 personnes entre 2019 et 2024, l’INS projette un déficit réduit à −11.100 personnes en 2050. Cette amélioration contribue nécessairement au maintien de la population. Le document n’explique cependant pas suffisamment sur quelles évolutions économiques, sociales ou migratoires elle repose.
Si la fécondité reste autour de 1,54 (comme en 2024) et si l’émigration demeure au niveau actuel, la population pourrait atteindre son plafond plus tôt et à un niveau inférieur à celui du scénario central.
Une méthode probabiliste sans intervalles publiés
L’INS accorde une place importante à la méthodologie utilisée. Contrairement aux projections antérieures, le nouvel exercice repose sur une approche probabiliste bayésienne inspirée de celle des Nations unies.
Cette méthode ne produit pas une seule trajectoire certaine. Elle génère plusieurs évolutions possibles et leur attribue des probabilités. Le document prend même le soin d’expliquer le fonctionnement des intervalles de crédibilité à 80 % et 95 %.
Curieusement, ces intervalles n’apparaissent dans aucun des graphiques publiés. Le lecteur ne dispose que d’une trajectoire centrale et de chiffres précis : 12,16 millions d’habitants en 2030, puis 13,33 millions en 2054.
Il aurait été utile de connaître la projection basse et la projection haute. Sans ces bornes, le degré d’incertitude reste invisible et le scénario central risque d’être interprété comme une prévision ferme. La sophistication de la méthode annoncée ne se retrouve pas dans la présentation de ses résultats.
Des graphiques et des commentaires qui ne coïncident pas toujours
Le document comporte également plusieurs incohérences internes.
L’INS évoque, dans son commentaire, un rétrécissement de la population âgée de 0 à 19 ans et une stagnation des 20-59 ans. Le graphique correspondant utilise pourtant les catégories 0-14 ans et 15-59 ans. Les deux découpages ne sont pas interchangeables.
Le commentaire consacré à la migration affirme que le solde migratoire des hommes et des femmes présente une « tendance globale à la hausse ». Or la courbe montre un solde de plus en plus négatif, particulièrement chez les hommes. Ce qui semble augmenter est l’émigration nette, tandis que le solde migratoire se dégrade.
À cela s’ajoutent des erreurs de rédaction surprenantes dans un document officiel de quatre pages : « 120 milles naissances », « jeunes adulte », « on prévoie », « l’effectifs faible » ou encore « tendence ».
Ces maladresses ne suffisent pas à invalider les projections. Elles montrent cependant que le document aurait mérité une relecture plus rigoureuse et, surtout, une présentation plus complète des hypothèses et des marges d’incertitude.
Une fenêtre qui ne restera pas ouverte
L’INS identifie la période 2030-2045 comme une fenêtre démographique à ne pas manquer. Les générations nées au début des années 2000 et durant le mini baby-boom de 2009-2014 arriveront aux âges où se concentrent désormais les maternités. Après un creux autour de 120.000 naissances entre 2025 et 2027, leur nombre pourrait remonter jusqu’à environ 170.000 autour de 2040.
Cette remontée ne sera toutefois pas mécanique. Le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants compte, mais leurs décisions comptent tout autant. L’emploi, le logement, le coût de la vie, les structures de garde, la stabilité des couples et la confiance dans l’avenir détermineront si ce potentiel démographique se traduit réellement par des naissances.
Les politiques publiques des prochaines années pèseront donc sur la trajectoire de 2054. Une politique démographique ne peut pas se résumer à demander aux Tunisiennes d’avoir davantage d’enfants. Elle suppose de rendre les projets familiaux matériellement possibles.
Ces projections restent toutefois nationales. L’INS annonce un second volet par gouvernorat et par région, qui permettra de déterminer si le vieillissement et le recul des jeunes générations frappent le territoire tunisien de manière uniforme.
La Tunisie de 2054 est moins lointaine qu’elle n’en a l’air. Un enfant qui naît aujourd’hui aura 28 ans. Un Tunisien âgé de trente ans en aura 58. La population décrite par l’INS existe donc déjà en grande partie.
Le document met des chiffres sur un basculement démographique majeur, sans toutefois fournir toutes les explications permettant d’en mesurer la trajectoire exacte. Faute d’intervalles de crédibilité publiés et d’hypothèses suffisamment détaillées sur la fécondité et la migration, les 13,3 millions d’habitants annoncés pour 2054 restent une projection centrale, non une certitude. Le vieillissement, lui, est déjà engagé : dès 2030, la Tunisie comptera plus de seniors que d’enfants de moins de quinze ans.
Maya Bouallégui











6 commentaires
Merci qui ?
Merci Ô Suprême Con battant toute cacatégorie, Ô BounKiba à planning fumeuse lie à l’…Ouest.
Merci Ô Frêres Qômbattants Qômplices continuateurs , Ô Suprême Pajurant poutschiste et Mollah Roi Zaifoun Dernier Qaramiteux dépeupleur populicidaire, son Qômnard de frêre naoufélon et leur Karteron soutien en dégénéraux françalgériatriKS Qômplices.
jamel.tazarki
Introduction: pourquoi l’Institut National de la Statistique diffuse-t-il des informations qui ne font que distraire le peuple et le détourner de ses vrais problèmes socio-économiques ? En effet, affirmer que « dès 2030, les personnes de plus de 60 ans seront plus nombreuses que les enfants de moins de 15 ans » n’apporte aucune information utile.
Je m’explique:
A) L’effet de stock vs. l’effet de flux
a1) Le nombre de personnes de plus de 60 ans correspond à la somme de tous ceux qui ont entre 60 et 100 ans ou même plus (–> effet réservoir). Le nombre de moins de 15 ans, quant à lui, correspond à la somme de tous les individus âgés de 1 jour à 15 ans (–>l’effet de flux). Il est donc difficile de tirer des conclusions fiables sur la poussée démographique.
–>
Notre Institut de statistique néglige cet effet d’accumulation. Il est en effet trompeur de comparer l’effet d’accumulation du groupe des plus de 60 ans sur une quarantaine d’années (100 – 60 = 40) au flux du groupe des moins de 15 ans.
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a2) Les plus de 60 ans (un stock qui s’accumule) : ce groupe croît actuellement pour deux raisons. D’une part, les générations qui y entrent sont très nombreuses (les baby-boomers des générations ultérieures; en particulier des années autour de 1975). D’autre part, on y reste de plus en plus longtemps grâce à la baisse de la mortalité aux âges avancés. C’est un effet « réservoir ».
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a3) Les moins de 15 ans (un flux relativement constant) : ce groupe se renouvelle entièrement tous les 15 ans. Si le nombre de naissances reste stable d’une année sur l’autre, la taille de ce groupe reste donc constante.
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a4) Les plus de 60 ans : ce groupe se renouvelle entièrement tous les 40 ans. On y entre et on y reste, parfois plus de 40 ans.
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a5) Par conséquent, le simple fait que les plus de 60 ans dépassent les moins de 15 ans ne traduit pas une baisse soudaine de la natalité, mais un décalage structurel entre un groupe qui accumule durant plus de 40 ans (100 – 60 = 40) et un autre qui est limité par une barrière d’âge stricte (flux relativement constant).
B) Les indicateurs fiables pour mesurer la poussée démographique
b1) Le taux d’accroissement naturel : C’est la différence brute entre le nombre de naissances et le nombre de décès sur une année. Tant que ce chiffre reste positif, la population continue de croître, même si elle vieillit.
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b2) La pyramide des âges : Cet outil visuel permet de voir la forme réelle de la population (en forme de poire, de pyramide ou de cylindre) sans mélanger des tranches d’âge disproportionnées.
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b3) L’Indicateur Conjoint de Fécondité (ICF) souvent utilisé par notre Institut de statistique ne mesure que le nombre moyen d’enfants par femme. Cet indicateur n’est pas suffisant pour déduire, si les naissances sont suffisantes pour renouveler la population. –> Cet indicateur n’est pas fiable en Tunisie où les filles se marient à 15 ans, voire à 13 ans! Certes, les politiques d’éducation et le Code du statut personnel, en vigueur depuis 1956, ont progressivement reculé l’âge du mariage des femmes en Tunisie. Cependant, il est encore possible qu’une fille se marie à l’âge de 15 ans, à condition que ses parents fournissent une attestation médicale confirmant qu’elle est mûre pour le mariage. Ces jeunes filles sont généralement mariées à des hommes de plus de 45 ans!
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b4) L’indicateur du nombre d’enfants par femme est souvent mal utilisé par les décideurs par ignorance. En effet, Il est incapable de déduire le taux de la croissance démographique et ainsi de prédire la croissance démographique.
jamel.tazarki
C) Évolution démographique de la Tunisie entre 1956 – 2024:
C1) Je donne les données statistiques « officielles » provenant de l’Institut National de la Statistique (INS) de Tunisie, de la Banque Mondiale et de l’Institut National d’Études Démographiques (INED):
1956 –> 3,78 millions d’habitants –> Plus de 7,0 d’nfants par femme
1975 –> 5,58 millions d’habitants –> Plus de 6,2 d’nfants par femme
1994 –> 8,82 millions d’habitants –> Plus de 2,8 d’nfants par femme
2014 –> 11,00 millions d’habitants –> Plus de 2,1 d’nfants par femme
2024 –> 12,27 millions d’habitants –> Entre 1,58 à 1,82 d’nfants par femme :
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c2) Analyse de l’anomalie statistique de notre Institut national de statistique:
c2,1) La courbe de la fécondité descend en ligne droite (division par 4 en soixante ans).
c2,2) La courbe de la population monte de manière exponentielle (multipliée par 3,2)
–>
Ce décalage flagrant valide mes doutes quant à l’utilisation simpliste de l’indicateur d’enfants par femme. Voici pourquoi cet indicateur crée des conclusions non fiables si utilisé seul:
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c3) L’illusion de l’indicateur « descendant » : Quand les experts ou les médias annoncent dans les années 1990/2000 que la Tunisie « baisse sa fécondité et atteint le niveau de renouvellement », l’opinion publique s’attend à ce que la population arrête de grandir. C’est faux. Les femmes font moins d’enfants individuellement, mais elles sont trois fois plus nombreuses en âge de procréer que leurs mères. Le volume brut des naissances reste donc très élevé.
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c4) Le piège de la mortalité ignorée : L’indicateur de fécondité ne regarde que les berceaux. Il ignore que l’espérance de vie en Tunisie est passée de 47 ans en 1956 à près de 76 ans aujourd’hui. Une population augmente massivement quand on cesse de mourir jeune, peu importe le nombre de bébés par femme.
c5) Le décalage générationnel (L’élan) : Il faut environ 30 à 40 ans (le temps qu’une génération complète traverse sa vie féconde) pour que la baisse de l’indicateur de fécondité se traduise par un ralentissement visible de la courbe de population globale.
D) La fonction de croissance démographique est exponentielle.
d1) Prenons l’exemple de la Tunisie :
d1.1) En 1956, la Tunisie comptait 3,3 millions d’habitants. –> f(0) = 3,3 millions d’habitants
d1.2) En 2014, la Tunisie comptait 12 millions d’habitants –> f(58) = 12 millions d’habitants
d1.3) Nombre d’années : 2014 – 1956 = 58 ans.
d1.4) « q » est le taux de croissance.
d1.5) La fonction de croissance démographique est une fonction exponentielle :
f(n) = q^n * 3,3, avec f(58) = q^58 * 3,3,
–> q est la racine 58ème de 12/3,3, soit 1,03
–> Le taux de croissance est calculé normalement chaque année et non pas sur 58 ans. Le problème de la Tunisie, c’est qu’on utilise le nombre moyen d’enfants par femme pour tirer des conclusions non fiables.
d2) mon analyse met en lumière une distinction fondamentale en démographie : la différence entre un indicateur de structure à long terme (l’indicateur de fécondité) et la dynamique réelle d’une population à un instant t (le taux de croissance exponentiel).
E) Pourquoi la population explose alors que la fécondité baisse ?
La réponse devrait être évidente après la lecture de mon commentaire ci-dessus.
jamel.tazarki
F) En cas de décès, de démission ou d’empêchement absolu du chef de l’État, les constitutions des pays démocratiques prévoient un successeur ou un intérimaire, afin d’éviter un flou juridique majeur et un vide institutionnel. Même les dictatures de l’Antiquité romaine, il y a 2 500 ans, prévoyaient un successeur provisoire en cas de mort ou de départ volontaire de l’empereur (il s’agissait également de dictatures, mais plus intelligentes que celles de la Tunisie).
–>
Les régimes présidentiels actuels, comme ceux des États-Unis ou de la France, prévoient également un successeur ou un intérimaire en cas de décès, de démission ou d’empêchement absolu du chef de l’État.
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f1) États-Unis : La succession immédiate et définitive –> Aux États-Unis, la succession est régie par l’article II de la Constitution et complétée par le 25e amendement.
– Le successeur : Le vice-président prête serment et devient pleinement président des États-Unis. Il ne s’agit pas d’un intérim ; il termine le mandat entamé.
– Ordre de succession élargi : Si le vice-président est également indisponible, la loi sur la succession présidentielle (Presidential Succession Act) fixe l’ordre suivant :
– Le président de la Chambre des représentants (Speaker of the House).
– Le président pro tempore du Sénat.
– Les membres du cabinet ministériel, en commençant par le secrétaire d’État.
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f2) France : L’intérim et l’élection anticipée –> En France, l’article 7 de la Constitution de la Ve République organise la transition de manière temporaire.
– L’intérimaire : Les fonctions du président de la République sont provisoirement exercées par le président du Sénat. Si ce dernier est également empêché, l’intérim est assuré par le gouvernement (le Conseil des ministres).
– Rôle restreint de l’intérimaire : Le président par intérim gère les affaires courantes. Il ne peut pas dissoudre l’Assemblée nationale, ni organiser de référendum, ni engager une révision de la Constitution.
– Le calendrier électoral : Le gouvernement doit organiser une nouvelle élection présidentielle. Le premier tour doit se tenir au moins 20 jours et au plus 35 jours après l’ouverture de la vacance.
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f3) Tunisie : Selon l’article 109 de la Constitution de 2022, en cas de décès, de démission ou d’empêchement absolu du chef de l’État, c’est le président de la Cour constitutionnelle qui est immédiatement et provisoirement investi des fonctions de président de l’État.
f3.1) Le paradoxe tunisien : Bien que le texte désigne le président de la Cour constitutionnelle, cet organe juridictionnel suprême n’a toujours pas été formellement installé. En pratique, cela crée un flou juridique majeur (un vide institutionnel), car aucun organe subsidiaire ou remplaçant n’est explicitement nommé par le texte de 2022 pour pallier cette absence.
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f4) De quoi a peur Kais Saied en refusant de donner à la Tunisie une Cour constitutionnelle ?
f4.1) La peur de perdre le monopole de l’interprétation des textes:
– L’existence d’une Cour constitutionnelle active introduirait une autre autorité juridique suprême dans le pays.
– Même si les membres sont des magistrats nommés par ancienneté, le président redoute qu’une décision de la Cour puisse un jour contredire ses décrets, ses réformes ou sa vision de la « volonté du peuple », brisant ainsi son absolutisme juridique.
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f4.2) La hantise d’une destitution « médicale » ou d’une destitution de fait
– Bien que la Constitution de 2022 ait supprimé le mécanisme de destitution politique du président par le Parlement, la Cour constitutionnelle conserve un pouvoir immense et dangereux pour le chef de l’État : constater l’empêchement absolu (par exemple pour des raisons de santé mentale ou physique).
– En l’absence de Cour, si le président est temporairement ou définitivement incapable d’exercer ses fonctions, il n’existe aucun organe légal pour acter cette incapacité.
– Le président craint qu’en installant la Cour, il ne donne à ses opposants ou à des factions au sein de l’appareil d’État une arme légale pour provoquer une transition politique ou déclarer une vacance du pouvoir.
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f4.3) La crainte d’un retour imprévu des contre-pouvoirs: Kais Saied l redoute qu’une fois installés, les 9 magistrats de la Cour, protégés par leur statut, finissent par s’émanciper de la tutelle de l’exécutif sous la pression de la société civile, des avocats (l’ONAT) ou de la communauté internationale, et ne recréent un contre-pouvoir qu’il a mis des années à démanteler.
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f4.4) Le spectre de l’invalidation des lois et des réformes –> La Cour constitutionnelle aura pour mission de valider la conformité des lois, y compris les lois organiques et les traités internationaux.
– Le président craint que la Cour ne devienne un recours pour les députés contestataires ou pour les futurs gouvernements qui souhaiteraient bloquer ses projets de refonte complète de l’État (comme le système des districts ou la reconstruction économique).
– Maintenir la Cour à l’état de projet législatif (via des navettes parlementaires interminables) lui permet de légiférer par décrets et de consolider son pouvoir sans aucun filtre juridique contraignant.
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f5) En somme, l’absence de la Cour constitutionnelle sert de bouclier de sécurité politique à Kaïs Saïed. Cela lui évite de soumettre son pouvoir à un arbitrage juridique extérieur et garantit qu’il reste le seul maître à bord, quitte à laisser l’État face à un vide institutionnel critique en cas de crise soudaine.
G) On s’attendait à ce que le juriste Kais Saied mette fin à l’interminable boucle de dictatures qu’a connue la Tunisie. Qu’a-t-il fait ? Il a offert à la Tunisie la dictature la plus stupide, la plus pire et la plus abusive depuis l’indépendance, en 1956.
Tunisino
La Tunisie n’est malheureusement plus un pays pour se marier et avoir des enfants, avec le manque d’emplois, les salaires faibles, l’anarchie des prix, la faillite de l’éducation, la décadence de la santé, et le délabrement de l’infrastructure. Ses enfants traitres, limités et égoistes, aventuriers et suicidaires, des littéraires politisés, ont rendu la Tunisie un pays en faillite non déclarée depuis 2011. Après 2021, tout marche bêtement et au ralentit, au rythme du sauveur suprême, le grand philosophe de Carthage, vers une catastrophe catastrophique!
Hannibal
Il va falloir repousser l’âge de la retraite (sauf celui des complotistes) et restructurer l’emploi et les métiers