Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

À Hammamet, le parc El Yasmina menacé par une station de l’Onas : la LTDH dit non

Article réservé aux abonnés

    Le projet d’installer une station de pompage relevant de l’Office national de l’assainissement (Onas) dans une partie du parc El Yasmina fait déjà grincer des dents à Hammamet. La section locale de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) monte au créneau et appelle à préserver cet espace public et naturel, au nom de l’environnement mais aussi du droit des habitants à participer aux décisions concernant leur ville.

    À Hammamet, le parc El Yasmina n’est pas qu’un bout de terrain disponible sur une carte. Situé au cœur de la ville, face à la mer et à proximité de la médina et de son monument emblématique, cet espace public d’environ trois hectares constitue l’un des rares grands poumons de la ville, fréquenté par les habitants comme par les visiteurs.

    C’est précisément cet espace que la section de Hammamet de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme refuse de voir amputé pour accueillir une station de pompage relevant de l’Office national de l’assainissement.

    Dans un communiqué publié vendredi 7 août 2026, la LTDH de Hammamet dit avoir appris « avec étonnement » la convocation des membres du conseil local à une réunion prévue lundi 10 août, sous la supervision de la gouverneur de Nabeul. À l’ordre du jour, l’examen de l’affectation d’une partie de l’espace El Yasmina à la réalisation de cette station de pompage.

    Trois hectares au bord de la mer, un espace que les habitants veulent préserver

    Le parc El Yasmina, à ne pas confondre avec la station touristique de Yasmine Hammamet qui s’étend au sud de la ville, est un espace public d’environ trois hectares implanté au centre de Hammamet. Ouvert sur la mer et la ville historique, il constitue un espace de respiration particulièrement visible dans le paysage urbain.

    La question dépasse donc, selon la LTDH, le seul choix de l’emplacement d’une infrastructure technique. L’association estime que toute intervention affectant le parc risque de remettre en cause « l’unité » d’un espace qu’elle considère à la fois comme environnemental, touristique et comme un bien commun devant être préservé pour les générations futures.

    La Ligue rappelle surtout que les habitants et les composantes de la société civile se sont déjà exprimés à plusieurs reprises contre toute atteinte au parc, à travers des pétitions, des réunions participatives et différentes rencontres organisées par la municipalité de Hammamet.

    Pour la section locale de la LTDH, passer outre cette opposition reviendrait donc à remettre en cause le principe même de participation citoyenne dans la gestion des affaires locales.

    Une décision municipale de 2020 remise sur la table

    L’autre argument avancé par la LTDH concerne une décision prise en 2020 par le conseil municipal de Hammamet. Celui-ci avait alors approuvé une décision visant à ne délivrer aucune autorisation de construire sur l’ensemble de l’espace El Yasmina, y compris sur le terrain relevant de l’Agence foncière touristique (AFT).

    Six ans plus tard, l’éventualité d’y installer une infrastructure d’assainissement pose donc une question que la Ligue juge incontournable : qu’est-ce qui a changé pour justifier une nouvelle orientation ?

    Pour la LTDH, tout changement par rapport aux décisions et orientations précédentes devrait être accompagné d’une transparence totale, d’une justification objective et d’un véritable débat public permettant aux citoyens d’accéder aux informations et de participer à la décision.

    Autrement dit, la question n’est pas seulement de savoir où installer une station de pompage, mais aussi comment et au nom de quoi une décision touchant un espace public majeur de Hammamet est prise.

    L’environnement au cœur du bras de fer

    La section de Hammamet inscrit par ailleurs son opposition dans une perspective plus large, celle du droit à un environnement sain, qu’elle considère comme un droit humain et une responsabilité qui incombe aux autorités publiques.

    La Ligue appelle ainsi à rechercher des solutions alternatives qui ne portent pas atteinte aux espaces naturels et littoraux de la ville.

    Elle réitère également une revendication qu’elle avait déjà formulée : l’élimination des canalisations d’assainissement présentes sur la plage de Hammamet, au nom de la protection de l’environnement et de la santé publique, mais aussi de la préservation de l’activité touristique.

    Derrière le dossier El Yasmina se dessine un problème plus vaste pour une ville dont l’économie et l’image reposent largement sur son littoral : comment moderniser les infrastructures d’assainissement sans sacrifier les espaces naturels et publics qui font précisément l’attractivité de Hammamet ?

    La réunion du 10 août comme nouveau point de tension

    En attendant, tous les regards se tournent désormais vers la réunion du conseil local prévue lundi 10 août sous la supervision de la gouverneur de Nabeul.

    La LTDH de Hammamet demande que la volonté exprimée par les habitants et la société civile soit respectée et refuse tout projet susceptible de modifier la vocation environnementale du parc El Yasmina.

    Elle appelle également les citoyens et les organisations de la société civile à exprimer leur position de manière « pacifique et civilisée », pour défendre à la fois le droit à un environnement sain et le droit de Hammamet à un développement durable respectueux de la loi et de la volonté de ses habitants.

    Le message de la Ligue tient en quelques mots : pas de station de pompage au détriment d’El Yasmina, et pas de décision concernant l’avenir du site sans les habitants.

    R.B.H

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *