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Affaires de l’État : pour une gestion efficiente et pleinement assumée

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Par Ridha Zahrouni

    Par Ridha Zahrouni

    À chaque échéance électorale, pratiquement le même scénario se répète dans toutes les démocraties du monde. Partis politiques et candidats rivalisent de promesses et de programmes, et les citoyens ont la lourde responsabilité de se déplacer pour choisir leur camp, souvent guidés par l’espoir d’un renouveau. Pourtant, le mandat à peine entamé, une profonde déconnexion s’installe et le fossé ne cesse de s’élargir, au fil des mois et des années, entre le citoyen et son élu. Les grandes ambitions annoncées se dissolvent les unes après les autres dans l’immobilisme bureaucratique. Bien souvent, on se trouve impuissant devant l’impunité politique qui prend trop fréquemment le pas sur la redevabilité.

    De mon point de vue, la gestion doit impérativement devenir une affaire de résultats mesurables. Son succès repose sur deux piliers fondamentaux d’une clarté absolue, applicables sans distinction à tous les échelons de la puissance publique.

    Le premier pilier, pragmatique et purement économique, repose sur l’un de nos adages populaires : « l’argent est le moteur des affaires » (المال قوام الاعمال). L’État doit toujours être capable de créer de la richesse. Sans une économie pérenne dans sa solidité, sa souveraineté, sa compétitivité et son attractivité, un pays se condamne de lui-même au déclin. L’État doit savoir stimuler l’investissement privé, encourager l’innovation et garantir un cadre juridique et fiscal stable. C’est cette création de richesse qui stimule la prospérité matérielle, fournissant à l’État le carburant indispensable et préalable au financement de nos services publics, de nos infrastructures et de notre avenir collectif.

    Il faut bien maîtriser la nette différence entre la création de richesse et la simple recherche de financements pour un projet ou un budget, tels que les crédits, les dons, l’augmentation des impôts et des taxes ou tout autre moyen similaire.

    Le second pilier relève de la méthode et de la culture managériale, en instaurant une culture de la performance et de la responsabilité. Gérer une nation, c’est se fixer préalablement des objectifs en rapport avec tous les aspects touchant la vie du citoyen de tous les jours. C’est aussi savoir mobiliser les moyens financiers et humains nécessaires pour les atteindre, suivre au plus près l’avancement des projets directement sur le terrain, et — surtout — appliquer une règle d’or universelle : sanctionner les responsables en cas de défaillance, ou les récompenser en cas d’excellence.

    Certains vont objecter que l’État n’est pas une entreprise privée, et affirmeront que l’humain, la justice sociale, l’éducation, la santé ou la culture sont des domaines trop nobles pour être réduits à des tableaux de bord ou à des indicateurs statistiques de performance. C’est une grave erreur d’argumentation et de savoir-faire politique. Appliquer la rigueur managériale aux secteurs régaliens et sociaux ne signifie pas les déshumaniser, mais au contraire les sanctuariser et les respecter. Comment peut-on tolérer, par exemple, qu’un système éducatif tombe en ruine année après année, qu’une justice s’enlise dans des délais interminables, ou qu’une politique de santé ou de sécurité échoue sans que personne n’en rende jamais de comptes ?

    Dans ces domaines comme dans tout autre, l’obligation de résultat reste en vigueur ; c’est un devoir moral absolu envers le citoyen qui vous a élu et qui vous paie par ses impôts. Le courage politique impose la lutte contre l’incompétence administrative ou le laisser-aller, premières sources d’injustice sociale dans le pays. Une administration publique inefficace est un luxe que les citoyens les plus vulnérables paient au prix fort.

    Cependant, pour que ce modèle de performance fonctionne dans la durée et qu’il ne se transforme pas en une danse de statistiques manipulées et de promesses non tenues, il faut garantir l’intégrité, la compétence et l’exemplarité totale du premier responsable. Celui-ci doit commencer par bien choisir les hommes et les femmes qui vont l’aider à s’acquitter de sa mission, à savoir ses ministres et les hauts responsables des diverses administrations, établissements et entreprises. Ce choix doit se faire uniquement selon des critères de compétences réelles, d’intégrité et de disponibilité, et non pour récompenser des alliances politiques d’appareil, des renvois d’ascenseur ou du clientélisme partisan.

    Une fois l’équipe en place, le suivi doit être implacable. Il faut disposer des outils nécessaires pour évaluer les performances de tous ces hauts fonctionnaires de l’État, et ne jamais hésiter à sanctionner les défaillances par un remplacement, ou en présentant les responsables à la justice en cas de fautes graves comme la corruption ou le manquement au devoir. Et si le projet national global vacille, le premier responsable de l’État doit assumer pleinement sa responsabilité ultime devant son peuple.

    Conclusion :

    C’est aux citoyens qu’appartient, en fin de compte, l’ultime sanction dans une véritable démocratie de performance. Le vote populaire ne doit jamais être perçu comme un chèque en blanc pour la durée d’un mandat ou d’une responsabilité, mais comme un véritable contrat à durée limitée entre les élus et leur peuple. À l’échéance du mandat, lors des élections présidentielles, législatives ou autre, la sanction des urnes doit s’appliquer par le citoyen d’une manière responsable. Les électeurs doivent juger en connaissance de causes et en leur âme et conscience, non pas sur les nouvelles promesses de campagne, mais au regard du degré exact de la tenue et de la réalisation des engagements pris lors de l’élection précédente.

    Il est désormais temps de passer de la vieille politique du spectacle à la politique de l’impact concret. En liant de manière indissociable la légitimité démocratique du vote à une culture stricte de la performance, de la sanction et de l’intégrité au sommet, nous redonnerons enfin à l’État son efficacité perdue et au peuple sa pleine souveraineté.


    BIO EXPRESS

    Ridha Zahrouni  Président de l’Association tunisienne des parents et des élèves

    Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

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    Commentaire

    1. Tunisino

      Répondre
      8 août 2026 | 15h41

      L’auteur prend l’Etat pour un poème, son approche littéraire est trop légère. Il faut être fort en gestion d’entreprise pour pouvoir présenter des recommandations de gestion d’Etat, par ses volets technique et démocratique.

    Répondre

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