Une « bonne nouvelle » pour les habitants de Hammam Chott, mais une formulation qui n’a pas manqué de faire réagir. La députée Dhouha Selmi a annoncé, dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, le lancement d’un projet d’aménagement d’un nouveau cimetière dans la commune de Hammam Chott.
Dans son premier message, la députée s’adressait aux habitants de Hammam Chott et Borj Cédria en annonçant : « Bouchra li ahlina » (« bonne nouvelle pour nos habitants »), avant d’indiquer qu’une parcelle d’une superficie proche d’un hectare avait été identifiée pour accueillir un nouveau cimetière. La publication a suscité plusieurs réactions, certains internautes s’interrogeant, non sans ironie, sur le caractère de « bonne nouvelle » d’une telle annonce.
Face aux réactions, la députée a finalement modifié sa publication et supprimé le terme « bonne nouvelle », laissant uniquement les informations relatives à l’avancement du projet.
Un projet d’environ un hectare
Sur le fond, l’annonce repose toutefois sur un dossier bien réel. Une correspondance du ministère de l’Intérieur, datée du 3 août 2026, apporte des précisions en réponse à une question écrite de la députée concernant la création d’un nouveau cimetière à Hammam Chott.
Selon ce document, compte tenu de la nécessité de désengorger le cimetière de Borj Cédria, des démarches ont été engagées pour créer un nouveau cimetière dans la commune de Hammam Chott. Une parcelle d’environ un hectare a ainsi été identifiée et intégrée dans le cadre d’un rapport de révision de l’aménagement urbain, en vue de son affectation à un usage de cimetière communal.
La municipalité de Hammam Chott a également engagé les démarches nécessaires auprès des structures concernées, notamment pour l’évaluation du terrain et la réalisation des procédures foncières et administratives requises.
Le ministère précise que le dossier fait actuellement l’objet d’un suivi avec les différentes parties intervenantes afin de finaliser les procédures légales et urbanistiques « dans les plus brefs délais », avec pour objectif de garantir un espace funéraire répondant aux besoins des habitants.
Quand les cimetières arrivent à saturation
Derrière la maladresse de communication se cache donc une problématique beaucoup plus sérieuse : la pression croissante sur les espaces funéraires dans le Grand Tunis.
Le phénomène n’est d’ailleurs pas propre à Hammam Chott. À Ariana, le cimetière de Sidi Jebali, fermé depuis 2000 après avoir atteint sa capacité maximale, fait actuellement l’objet d’un projet d’extension sur un terrain voisin de trois hectares. La municipalité a approuvé, en juillet, une révision partielle du plan d’aménagement urbain permettant cette extension.
À Carthage également, un appel d’offres a été lancé en mai 2026 pour des travaux d’aménagement et d’extension du cimetière Mohamed Ali.
À Tunis, la situation du cimetière du Jellaz illustre, elle aussi, les difficultés auxquelles sont confrontées les municipalités : saturation des espaces, problèmes d’entretien et pression croissante sur les lieux de sépulture.
L’annonce d’un nouveau cimetière à Hammam Chott peut donc difficilement être réduite à une simple « bonne nouvelle » ou à une maladresse de communication. Elle traduit surtout un besoin devenu urgent pour plusieurs communes du Grand Tunis : trouver de nouveaux espaces pour enterrer leurs morts, alors que certains cimetières ont déjà atteint leurs limites.
La question reste désormais celle du calendrier : entre l’identification du terrain, les procédures foncières, les autorisations urbanistiques et l’aménagement proprement dit, plusieurs étapes restent à franchir avant que cette nouvelle parcelle puisse effectivement accueillir des sépultures.
S.H











