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Diplômés chômeurs : la mobilisation reprend à Tunis, la loi n°18 toujours en attente d’application

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Par Nadya Jennene

    Les diplômés de l’enseignement supérieur au chômage de longue durée maintiennent la pression sur les autorités. Une nouvelle mobilisation a été organisée, mercredi 12 août 2026, devant le Théâtre municipal de Tunis, pour réclamer l’application de la loi n°18 de 2025 relative au recrutement exceptionnel des diplômés chômeurs de longue durée.

    Des manifestants venus de plusieurs régions du pays ont participé au rassemblement, dénonçant une nouvelle fois le retard enregistré dans la mise en œuvre du dispositif. À l’issue de la mobilisation, les protestataires ont annoncé la reprise de leur sit-in sur l’avenue Habib Bourguiba. 

    Au cœur de leur colère : l’absence persistante des textes d’application et de la plateforme numérique prévue pour concrétiser le mécanisme de recrutement. Pour les diplômés concernés, ce retard constitue une forme de temporisation qui risque, selon eux, de repousser l’application effective de la loi à 2027, alors que le processus devrait être engagé avant la fin de l’année 2026.

    Cette mobilisation s’inscrit dans une série d’actions menées ces dernières semaines pour pousser les autorités à passer de l’adoption du texte à son application effective.

    Le mouvement avait notamment investi la place de la Kasbah, le 8 juillet, où des diplômés chômeurs avaient réclamé l’application de l’article 18 de la loi n°18 de 2025 et leur intégration dans la fonction publique. Ils dénonçaient déjà le décalage entre l’entrée en vigueur du texte, publié au Journal officiel de la République tunisienne le 23 décembre 2025, et l’absence de mesures concrètes permettant son déploiement.

    La loi n°18 prévoit un mécanisme exceptionnel de recrutement dans le secteur public au bénéfice des diplômés de l’enseignement supérieur confrontés au chômage de longue durée. Le dispositif doit notamment s’appuyer sur une plateforme numérique permettant aux candidats de s’inscrire et d’établir un classement en fonction de plusieurs critères.

    Parmi ces critères figurent notamment l’âge, l’ancienneté du diplôme et la situation sociale. Le texte accorde une attention particulière aux diplômés confrontés à une longue période de chômage, notamment ceux titulaires de leur diplôme depuis plus de dix ans, ainsi qu’aux candidats âgés de plus de 40 ans.

    Le dispositif prévoit également plusieurs conditions d’éligibilité, dont l’inscription auprès des bureaux de l’emploi et l’absence de certains statuts professionnels ou de précédentes mesures de régularisation.

    Pour les représentants des diplômés chômeurs, le problème ne réside donc plus dans l’existence du cadre légal, mais dans son application.

    Dans une déclaration à Mosaïque FM, la représentante du mouvement Najwa Kouki, a dénoncé le retard dans la publication des textes d’application et dans la mise en place de la plateforme numérique, y voyant une tentative de reporter l’échéance à 2027. Elle a assuré que les diplômés concernés poursuivraient leur mobilisation jusqu’à l’application effective de la loi.

    Cette position prolonge les revendications formulées par l’Union des diplômés chômeurs au cours des dernières semaines. L’organisation avait notamment fait état, en juin, d’une proposition de rencontre avec des représentants de la présidence de la République. Elle avait alors insisté sur le fait que tout dialogue devait porter sur les modalités pratiques et le calendrier d’application du texte, et non sur son principe.

    L’Union avait également réclamé une réunion officielle assortie d’engagements précis et d’un échéancier clair. L’objectif affiché était de transformer les dispositions de la loi en mesures concrètes de recrutement.

    En annonçant aujourd’hui la reprise de leur sit-in sur l’avenue Habib Bourguiba, les diplômés chômeurs adressent ainsi un nouveau signal aux autorités : après plusieurs mois d’attente, ils refusent que la loi n°18 reste un texte adopté mais sans effet sur leur situation.

    N.J

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    5 commentaires

    1. HatemC

      Répondre
      12 août 2026 | 19h28

      La résolution du chômage des diplômés de longue durée ne doit pas reposer sur l’intégration artificielle dans une administration déjà saturée, mais sur la responsabilisation individuelle, la reconversion professionnelle ciblée et le soutien de l’État aux compétences du marché.

      L’obtention d’un diplôme universitaire n’équivaut pas automatiquement à une garantie d’embauche si les compétences acquises ne répondent à aucune demande du marché.

      Intégrer ces diplômés dans la fonction publique par simple décret sociopolitique ne résout pas le problème de fond : cela crée des postes fictifs ou sous-productifs.

      Chaque étudiant porte une part de responsabilité dans le choix de sa filière universitaire et de sa trajectoire professionnelle.

      La solution durable réside dans le recyclage professionnel (reskilling / upskilling) adapté aux besoins réels de l’économie privée et de l’entrepreneuriat.

      Plutôt que d’exiger un statut de fonctionnaire, les diplômés chômeurs doivent devenir acteurs de leur insertion en acquérant des compétences en tension (numérique, artisanat qualifié, langues, gestion de projet, services aux entreprises).

      Le rôle de l’État doit être redéfini … il doit agir en facilitateur d’employabilité, non en employeur de dernier recours.

      • Gg

        Répondre
        13 août 2026 | 14h52

        Souvenir d’un film très drôle, où l’un des personnages est au chômage depuis 30 ans.
        Quelqu’un lui demande ce qu’il fait dans la vie, il répond qu’il est bac+ 10, docteur en Histoire, spécialiste des Chevaliers-paysans du lac de Paladru en l’an mille.
        Dans le film, il vend des tickets de location des pédalos sur le fameux lac de Paladru.
        Et le lac, existe vraiment, les chevaliers paysans ont réellement existé, et les Pédalos existent aussi!
        C’est tout à fait ça…

    2. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      12 août 2026 | 17h03

      ainsi qu’aux candidats âgés de plus de 40 ans.
      Je me demande pour qlq age de 40 ans quelle serait le montant de sa retraite.

    3. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      12 août 2026 | 17h00

      Oh charmeurs un peut plutôt beaucoup de patience,une loi lui faut 2 ans ou plus pour arrivée a maturité (ياخي دقو شقو ،هي لعبة)
      Car nous sommes dans un pays où on prépare les tapis avant de bâtir ls mosquée (انحضرو الحصيرة قبل الجامع)

    4. Mohamed Mabrouk

      Répondre
      12 août 2026 | 15h45

      Des diplomés du supérieur nombrilistes concentrés sur leur cas particulier, pourtant consequence de la politique générale du pays tournée vers l’importation systematique de tout service a fort contenu technique.
      En fait, avec cette orientation générale, l’Etat n’a pas besoin de diplomés du superieur, ou bien peu. S’il les embauche ce necsera que pour la façade. Ils doivent faire l’effort de se situer dans une vision d’ensemble oú ils auraient plus de place

    Répondre

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