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Libye : drones, affrontements à Zawiya et présence étrangère, Ghazi Moalla alerte sur les risques pour la Tunisie

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Par Nadya Jennene

    Les développements sécuritaires dans l’ouest libyen suscitent de nouvelles inquiétudes quant à une possible escalade entre groupes armés et forces rivales. Invité mercredi 12 août 2026 sur Jawhara FM, l’analyste géopolitique Ghazi Moalla a évoqué plusieurs scénarios susceptibles d’expliquer l’utilisation récente de drones en Libye, tout en mettant en garde contre leurs conséquences potentielles pour la Tunisie.

    Selon lui, l’utilisation de drones armés ou de capacités similaires constitue un phénomène « illégal mais existant » en Libye. Plusieurs acteurs seraient susceptibles de disposer de ce type d’équipements, notamment des groupes armés libyens, mais également certaines forces militaires relevant des autorités libyennes.

    Ghazi Moalla a souligné toutefois que l’hypothèse d’une implication étrangère ne pourrait pas être écartée. Il a rappelé que des navires russes auraient été pris pour cible, ces derniers mois, en Méditerranée à l’aide de drones de ce type. Des accusations auraient alors été dirigées vers des groupes opérant depuis le territoire libyen, les drones étant notamment susceptibles d’avoir été lancés depuis les côtes libyennes.

    Cette configuration ouvre, selon lui, une autre possibilité : celle de la présence de forces étrangères sur le sol libyen susceptibles d’utiliser ou de fournir ce type de drones.

    L’analyste a évoqué notamment des soupçons autour d’une éventuelle présence ukrainienne dans l’ouest de la Libye. Il s’agit d’une théorie et non d’un fait établi, selon laquelle des groupes ukrainiens pourraient être impliqués dans des opérations de formation ou de fourniture d’armements à certains acteurs locaux.

    Deux objectifs pourraient être recherchés dans ce scénario : contribuer à contenir la présence russe dans l’est libyen et perturber les activités de la flotte russe, notamment celles liées au transport de pétrole en Méditerranée.

    L’analyste a avancé aussi un second scénario, qu’il juge également plausible : les opérations pourraient relever d’une campagne militaire menée par une partie libyenne cherchant à étendre son contrôle sur l’ensemble de la région occidentale.

    Dans cette lecture, les frappes ou opérations récentes viseraient notamment des groupes considérés comme hostiles, en particulier dans la région de Zawiya. Cette ville abrite en effet plusieurs groupes armés, dont certains évoluent en dehors du cadre légal et entretiennent des rapports de force complexes avec les autres acteurs locaux.

    L’objectif pourrait alors être de réimposer une autorité par la force sur une zone où le pouvoir demeure fragmenté. Mais ce type d’opération comporte un risque majeur, selon Ghazi Moalla : lorsqu’une tentative de prise de contrôle militaire échappe aux mécanismes de coordination, elle peut rapidement dégénérer et provoquer une escalade que ses initiateurs eux-mêmes ne maîtrisent plus.

    C’est précisément cette perspective qui inquiète particulièrement l’analyste lorsqu’il s’agit d’évaluer les conséquences pour la Tunisie.

    Zawiya occupe une position stratégique dans l’ouest libyen. La ville se trouve à une centaine, voire environ 120 kilomètres, des frontières tunisiennes et constitue l’une des principales agglomérations de la région avant Tripoli.

    Sa proximité avec la Tunisie lui confère une importance particulière, tant sur le plan sécuritaire qu’économique. La ville est notamment intégrée aux réseaux de commerce transfrontalier et accueille des ressortissants tunisiens qui y travaillent et y vivent.

    Une dégradation durable de la situation sécuritaire pourrait donc avoir des conséquences directes sur ces populations, mais également sur les échanges commerciaux entre les deux pays.

    À n’importe quel moment, le niveau de risque pourrait encore augmenter, a noté M. Moalla, rappelant que des épisodes de tensions en Libye ont déjà entraîné par le passé la fermeture ou le blocage de routes et perturbé la circulation.

    Au-delà des drones et de leur éventuelle origine, c’est surtout le risque d’un retour à une confrontation ouverte entre les différents camps libyens qui préoccupe l’analyste.

    La difficulté réside notamment dans l’identification des acteurs susceptibles d’entrer en confrontation. Le paysage sécuritaire libyen reste marqué par la coexistence de forces liées à l’est et à l’ouest du pays, mais aussi par une multitude de groupes armés et de chefs de guerre dont les alliances peuvent évoluer rapidement.

    Cette fragmentation constitue, selon l’analyste, l’une des principales vulnérabilités du pays. Dans les États confrontés à des conflits internes prolongés, à l’absence de stabilité ou à une faible centralisation du pouvoir, les « seigneurs de guerre » finissent par disposer d’une marge d’action considérable.

    Une nouvelle flambée de violence dans l’ouest libyen ne serait donc pas seulement une crise sécuritaire chez le voisin. Elle pourrait rapidement devenir un problème tunisien, par ses effets sur les frontières, les migrations, les échanges commerciaux, les ressortissants tunisiens et, plus largement, la stabilité de toute la région.

    N.J

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    2 commentaires

    1. Citoyen_H

      Répondre
      12 août 2026 | 14h11

      LES GÉNOCIDAIRES DE GAZA

      approchent à grands pas de Djerba.
      J’imagine, que les plus éclairés d’entre vous, savent POURQUOI !

      • Citoyen_H

        Répondre
        12 août 2026 | 21h05

        C’est le moment ou jamais où d’al-Joulani alias Ahmed al-Charaa et son équipe d’assassins doivent faire leurs preuves.
        Passer du statut d’un simple va-nu-pieds dont la tête valait dix millions de dollars, au stade de président, représente une bien belle dette à rembourser aux deux plus grands criminels de guerre de tous les temps, dont je tairais le nom, histoire de taquiner vos neurones !

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