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Violences faites aux femmes : près de 200 victimes prises en charge dans les centres de l’UNFT

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Par Nadya Jennene

    À l’occasion de la Journée nationale de la femme, célébrée ce jeudi 13 août 2026, la secrétaire générale de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT), Assia Harrabi, a alerté sur la recrudescence des violences faites aux femmes et appelé à une révision de la législation pour mieux protéger leurs droits.

    Intervenant sur la Radio nationale, Assia Harrabi a notamment déploré l’augmentation continue du nombre de femmes victimes de violences et de féminicides. Elle a également pointé les limites de l’application de la loi tunisienne qui criminalise les violences faites aux femmes.

    « Les femmes victimes de violences et de meurtres sont en augmentation d’année en année », a-t-elle relevé, estimant que certaines autres formes de violences connaissent elles aussi une hausse continue. Pour la secrétaire générale de l’UNFT, le problème ne réside donc pas uniquement dans l’existence du cadre juridique, mais également dans son effectivité.

    Dans ce contexte, Assia Harrabi a défendu l’idée d’une révision de la législation relative au statut personnel, tout en rejetant l’idée que cette démarche puisse remettre en cause les acquis des Tunisiennes.

    Selon elle, l’objectif serait au contraire de renforcer les droits et la dignité des femmes et de combler les lacunes apparues au fil des années, notamment face à l’émergence de nouvelles pratiques matrimoniales.

    La secrétaire générale de l’UNFT a ainsi évoqué le mariage coutumier et le mariage dit « misyar », qu’elle considère comme des phénomènes susceptibles de porter atteinte aux acquis consacrés par les lois et les textes adoptés depuis 1956.

    « Nous ne sommes pas contre l’ouverture, le changement ou la révision », a-t-elle affirmé, précisant toutefois qu’une telle démarche devrait être menée avec la participation d’experts en droit, en psychologie, en sociologie et en économie.

    L’UNFT, a-t-elle ajouté, « accepte les opinions divergentes » et se dit disposée à discuter avec ceux qui ne partagent pas son approche. « Toutes les opinions sont susceptibles d’être discutées et comparées », a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité de préserver les acquis des femmes tout en renforçant leur protection.

    Au-delà du volet législatif, Assia Harrabi a mis en avant le travail réalisé par l’UNFT auprès des femmes victimes de violences. Elle a notamment cité les centres d’accueil gérés par l’organisation dans plusieurs régions du pays, notamment à Kairouan, Jendouba, Tataouine et au Kef.

    Ces structures accueillent près de 200 femmes, selon ses déclarations, et proposent une prise en charge qui ne se limite pas à l’hébergement. Les femmes peuvent y être accompagnées avec leurs enfants et bénéficier d’un soutien matériel et psychologique ainsi que de différents services, notamment juridiques.

    « Quand vous accueillez une femme que vous éloignez du contexte de violence dans lequel elle vivait, il faut assurer un hébergement complet et global », a-t-elle expliqué, soulignant l’importance des efforts humains et matériels nécessaires au fonctionnement de ces structures.

    Malgré les difficultés financières auxquelles l’organisation est confrontée, Harrabi a assuré que l’UNFT entendait préserver ces centres, considérés comme l’un de ses principaux acquis.

    Cette mission est toutefois menée dans un contexte particulièrement difficile pour l’UNFT. La secrétaire générale a révélé que les employés de l’organisation étaient privés de salaires depuis près de trois ans.

    Malgré cette situation, elle a salué l’engagement des militantes et des responsables de l’organisation, qui continuent, selon elle, à consacrer leur temps, leurs ressources et leur énergie à l’UNFT.

    Assia Harrabi a également récusé l’idée selon laquelle l’UNFT limiterait son action aux questions de droits des femmes. Elle a rappelé que l’organisation intervient également dans le domaine économique, notamment à travers des centres de formation professionnelle destinés aux femmes.

    Ces structures permettent notamment de former les femmes à différents métiers, de les accompagner dans la préparation de projets et de valoriser leurs productions artisanales. L’UNFT organise également des manifestations consacrées à la commercialisation des produits réalisés par les femmes artisanes, qu’elles soient membres ou non de l’organisation.

    Mme Harrabi a par ailleurs rappelé les actions menées auprès des femmes rurales et dans les régions défavorisées, soulignant que l’organisation entend être présente « dans tous les domaines où se trouve la femme ».

    N.J

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    3 commentaires

    1. Gg

      Répondre
      14 août 2026 | 9h15

      Question d’éducation avant tout.
      Lorsque j’ai connu ma belle famille côté mère, celle ci avait trois jeunes enfants de son second mariage.
      Une petite fille de 4 ans, et deux garcons de 5 et 6 ans.
      La petite était leur souffre douleur. Pour un oui ou un non, ils la frappaient devant toute la famille qui ne trouvait rien à redire. Même la mère ne disait rien!
      Aujourd’hui, 14 ans plus tard, les garçons sont des cogneurs de femmes, et la jeune soeur subit et encaisse les bleus, sans rien dire.
      C’est une fille, donc elle doit tout accepter sans broncher.
      Je rêve du jour où les garcons -des hommes Aujourd’hui- vont croiser la route d’une jeune sportive rompue aux arts martiaux qui en éclatera un sur le mur… il ramassera ses dents et aura appris à vivre!

    2. HatemC

      Répondre
      13 août 2026 | 18h25

      Une réalité fondamentale du traitement statistique des violences faites aux femmes : le chiffre noir de la criminalité, c’est-à-dire l’écart béant entre la réalité du terrain et les données officielles ou institutionnelles.

      Le chiffre de 200 femmes mentionné dans l’article ne reflète pas le nombre total de victimes en Tunisie, mais uniquement la capacité d’accueil et de prise en charge physique de quelques centres gérés par l’UNFT (dans des régions comme Kairouan, Jendouba, Tataouine, Le Kef).

      Les enquêtes nationales par sondage anonyme (où l’on interroge directement les femmes chez elles) révèlent systématiquement que plus de 80 % à 90 % des femmes victimes de violences en Tunisie ne portent jamais plainte et ne s’adressent à aucune association.

      La déclaration d’Assia Harrabi souligne d’ailleurs ce paradoxe : malgré l’existence d’un cadre juridique moderne (la Loi 58 adoptée en 2017), l’inefficacité de son application sur le terrain et la persistance des structures patriarcales laissent la majorité invisible et sans protection.

      • Gg

        Répondre
        14 août 2026 | 10h28

        200 cas par an…!
        Rien que dans ma belle famille, on dépasse largement la centaine.

    Répondre

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