Renouvellement à distance du permis de conduire et de la carte d’identité, généralisation du renouvellement du passeport en ligne, certificat de résidence à distance, paiement électronique des taxes municipales… Le gouvernement annonce 114 projets de transformation numérique actuellement en cours de réalisation, dont certains ont dépassé les 90% d’avancement. Une application mobile donnant accès à plus de quarante services administratifs doit, par ailleurs, être mise à la disposition du public dans les prochains jours.
La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé, samedi 15 août 2026, au palais du gouvernement à la Kasbah, un conseil ministériel restreint (CMR) consacré à l’état d’avancement des projets de transformation numérique.
Carte d’identité, permis, passeport : plusieurs démarches en cours de numérisation
Au total, 114 projets sont actuellement en cours de réalisation et plusieurs d’entre eux affichent un taux d’avancement supérieur à 90%, selon le communiqué de la présidence du gouvernement.
Parmi les principaux chantiers figurent la demande à distance du certificat de résidence, le renouvellement à distance du permis de conduire et celui de la carte d’identité nationale, ainsi que la généralisation du renouvellement du passeport à distance.
Le gouvernement travaille également au développement du paiement électronique des taxes municipales et à l’échange électronique des mentions d’état civil entre les consulats tunisiens à l’étranger et les municipalités.
D’autres projets concernent la plateforme numérique du programme spécifique de logement social, le registre national de l’identifiant de santé, l’extension du système Evax à l’ensemble des vaccinations, le projet Tuneps e-Payment ainsi que la création d’un registre national des diplômes universitaires.
La modernisation des systèmes d’information de la Douane et de l’assurance maladie figure également parmi les projets en cours.
Parallèlement, une nouvelle application mobile baptisée « Khadamet » doit être mise à la disposition du public dans les prochains jours. Elle permettra d’accéder, grâce à l’identité numérique, à plus de quarante services administratifs et intégrera différents moyens de paiement électronique, notamment les cartes bancaires et postales ainsi que les portefeuilles électroniques (e-wallet).
Des services déjà numérisés au premier semestre
Le CMR a également passé en revue les principaux projets achevés au cours des six premiers mois de 2026.
La présidence du gouvernement cite notamment le lancement de la plateforme nationale de l’investisseur et la numérisation de plusieurs procédures et services liés à l’investissement, ainsi que la numérisation complète des échanges du Registre national des entreprises avec les opérateurs économiques.
Plusieurs démarches destinées directement aux citoyens ont également été mises en ligne. Il s’agit notamment du renouvellement à distance du passeport pour les Tunisiens résidant à l’étranger, de la demande à distance de traduction des documents d’état civil et de la généralisation du timbre fiscal électronique.
Le portail « Taamir », destiné à numériser le processus d’octroi des permis de bâtir, a, pour sa part, commencé à être exploité dans plusieurs municipalités.
Le gouvernement indique également avoir achevé le programme d’installation de 34 maisons de services numériques réparties dans 21 gouvernorats.
Dans l’éducation, le portail unifié de la vie scolaire a été lancé afin de regrouper les services destinés aux élèves, aux parents ainsi qu’aux cadres pédagogiques et administratifs relevant du ministère de l’Éducation.
Parmi les autres réalisations figurent la mise en exploitation du système national de suivi des projets publics, le lancement de la déclaration d’existence à distance (Patente en ligne) pour les entreprises et les promoteurs de projets, ainsi que le début de la généralisation du système des caisses enregistreuses pour les opérations de consommation sur place.
La première phase du portail unifié des services administratifs khadamet.gov.tn a également été achevée et enrichie de nouveaux services. Le gouvernement fait aussi état de l’achèvement du développement du portail national unifié des procédures administratives et du portail administratif des services d’interopérabilité.
Des services relevant de « l’hôpital numérique » ont, en outre, été lancés afin de proposer des prestations de santé supplémentaires en ligne.
Plusieurs plateformes sectorielles ont aussi été développées, notamment pour l’enregistrement des exportateurs étrangers, la numérisation des procédures d’autorisation relatives au domaine public hydraulique, la mise à disposition de données en temps réel sur les systèmes hydrauliques et la commercialisation des produits des femmes et des jeunes filles en milieu rural.
Fibre optique, paiement électronique et intelligence artificielle
Le chantier de la transformation numérique ne se limite toutefois pas aux démarches administratives. Plusieurs programmes portent sur les infrastructures de télécommunications, avec la généralisation du réseau de fibre optique, la connexion des zones encore dépourvues de couverture et le renforcement de la connectivité internationale à internet à travers les câbles sous-marins.
En matière d’inclusion financière, le gouvernement prévoit de généraliser les portefeuilles électroniques, en particulier au profit des populations non couvertes par les services bancaires, et d’encourager les opérateurs de télécommunications à s’engager dans le domaine du paiement électronique et de la Fintech.
L’objectif affiché est également d’étendre les usages de ces moyens de paiement aux transactions quotidiennes, comme les petits achats, le paiement du stationnement dans les rues et les parkings ou encore les services de transport.
Sur le volet de la cybersécurité, le communiqué évoque l’adoption d’une stratégie nationale, un programme d’audit de la sécurité informatique des centres publics d’accès à internet ainsi que des mesures de protection de la famille et de l’enfant dans l’espace numérique. Le gouvernement indique également travailler au développement du cadre juridique de l’économie numérique.
Le ministre des Technologies de la communication, Sofiene Hemissi, a, pour sa part, présenté les principaux axes de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle pour la période 2026-2030. Celle-ci doit, selon le gouvernement, permettre à la Tunisie de tirer parti des évolutions technologiques tout en préservant les droits, la vie privée, la souveraineté nationale et la sécurité de l’espace numérique.
Selon les données présentées lors du CMR, la Tunisie occupe le 29e rang mondial en matière de publications scientifiques consacrées à l’intelligence artificielle. Le gouvernement met également en avant les compétences tunisiennes en ingénierie et dans le monde académique, le cadre juridique du Startup Act et la position géographique du pays, considérée comme un atout pour développer et exporter des solutions et services numériques vers l’Europe, l’Afrique et le monde arabe.
Sarra Zaâfrani Zenzri a insisté sur la nécessité d’accompagner le développement de l’intelligence artificielle d’une anticipation des risques qui lui sont associés, dans une logique de souveraineté numérique et de sécurisation de l’espace cybernétique.
La cheffe du gouvernement a enfin appelé à accélérer les projets structurants et à accorder la priorité à ceux ayant un impact direct sur les citoyens. Elle a également insisté sur le renforcement du suivi, la coordination entre les différentes structures publiques ainsi que la pérennité, l’intégration et la sécurité des solutions numériques.
Elle a estimé que la transformation numérique ne devait pas se limiter à la numérisation des procédures, mais passer par une refonte des parcours administratifs, avec pour objectifs affichés la modernisation de l’administration et le développement d’une économie numérique plus compétitive.
I.N.











Commentaire
Citoyen_H
ESPÉRONS FORTEMENT QUE CEUX
qui s’occuperont de la sécurité informatique, seront largement à la hauteur !