Plus de cinq mois après leur incarcération, les familles des activistes de la Flottille Soumoud, détenus à la prison de la Mornaguia dans le cadre de l’affaire de la « Flottille de la paix », dénoncent la prolongation de leur détention et alertent sur la dégradation de leur état de santé et de leur situation psychologique.
Dans un communiqué publié dimanche 16 août 2026, les familles ont affirmé que les conditions de détention pesaient sur leurs proches et souligné que leur incarcération continuait d’affecter également leurs familles. Elles ont réaffirmé, à cette occasion, leur détermination à poursuivre les démarches en faveur de leur libération et de leurs retrouvailles avec leurs proches.
À l’origine de cette affaire, des faits remontant au 18 mars 2025, lors d’une manifestation organisée devant les locaux de Maersk. Des militants pro-palestiniens reprochaient alors à la compagnie son implication présumée dans le transport d’équipements destinés à Israël, dans le contexte de la guerre à Gaza.
Dans son communiqué publié vendredi dernier, le comité national de défense des activistes de la Flottille Soumoud a affirmé que la cour d’appel avait confirmé la peine prononcée en première instance.
Il a accusé les autorités tunisiennes de mener une politique de « harcèlement » à l’encontre des membres de la Flottille Soumoud et a appelé à la mobilisation pour obtenir la libération des personnes détenues dans le cadre de ces affaires et l’annulation des condamnations prononcées à leur encontre.
Les familles des détenus ont de leur côté rejeté les accusations portées contre les quatre détenus, les qualifiant d’« infondées », et a refusé de considérer leur participation à la Flottille comme un acte devant susciter des excuses. Au contraire, elles estiment que leur engagement en faveur de Gaza constitue un motif de fierté.
Elles ont présenté leur participation à l’expédition maritime comme un choix effectué au nom de ce qu’elles décrivent comme « le devoir », dans un contexte marqué par la gravité de la situation humanitaire à Gaza.
Pour les familles, les détenus ne sont pas de simples personnes impliquées dans une procédure judiciaire. Leur engagement s’inscrit, selon elles, dans une histoire plus large de soutien tunisien à la cause palestinienne, qu’elles font remonter à 1948.
Elles ont évoqué également les Tunisiens morts dans ce contexte notant que la notion de « résistance » a progressivement dépassé les frontières nationales pour s’inscrire dans une mémoire collective.
Dans leur message adressé à l’opinion publique tunisienne, les familles ont défendu l’idée que la situation à Gaza ne pouvait, selon elles, être abordée uniquement à travers les démarches administratives ou diplomatiques, estimant que l’ampleur de la crise humanitaire impose des initiatives qu’elles qualifient d’exceptionnelles.
Elles ont affirmé ainsi que leurs proches avaient refusé de se résigner à « l’impuissance » face à la situation à Gaza, considérant que l’ampleur des souffrances humaines ne permettait ni l’attente ni le silence. Une position que les familles disent assumer pleinement, en refusant de se présenter comme des victimes ou de solliciter la compassion.
Les familles ont appelé les forces nationales, démocratiques et progressistes, ainsi que les défenseurs de la cause palestinienne, à se mobiliser en faveur des détenus et ont exhorté les autorités politiques et judiciaires compétentes à libérer leurs proches et abandonner les charges retenues contre eux. Pour les familles, une telle décision serait cohérente avec l’histoire de la Tunisie vis-à-vis de la cause palestinienne et avec les positions officiellement exprimées par les autorités sur la question de la normalisation.
N.J










