Le débat sur l’insécurité prend une nouvelle tournure en Tunisie. Alors que les récits d’agressions, de vols à l’arraché et de braquages circulent largement sur les réseaux sociaux, une ancienne pratique revient dans les discussions : la « rafle », terme utilisé dans le langage courant pour désigner les opérations de recrutement de jeunes en vue de leur incorporation au service militaire.
La revendication est désormais portée par plusieurs voix. Le député Amine Ouerghi a notamment consacré une publication à cette question, relançant l’idée d’un recours accru au service militaire dans un contexte où une partie de l’opinion réclame des mesures plus fermes contre la délinquance. Dans son sillage, des associations, des citoyens et des pages actives sur les réseaux sociaux appellent eux aussi au retour de ces opérations, qu’ils présentent comme un moyen de renforcer la discipline et de réduire les comportements criminels.

Cette mobilisation intervient sur fond de préoccupations croissantes concernant la sécurité dans les espaces publics. Dans plusieurs villes, les témoignages faisant état de vols à l’arraché, d’agressions ou de braquages alimentent un sentiment de vulnérabilité chez les citoyens. Les scènes filmées puis diffusées en ligne participent également à donner une visibilité considérable à des faits qui, autrefois, restaient souvent confinés au quartier ou au cercle familial.
Plusieurs vidéos montrent notamment des individus, souvent à deux sur une même moto, s’approchant de passants avant d’arracher leurs téléphones ou leurs effets personnels et de prendre rapidement la fuite. D’autres images font état d’intrusions dans des domiciles, parfois alors même que les habitations sont équipées de caméras de surveillance.
Ces scènes alimentent l’impression d’une délinquance de plus en plus décomplexée et rappellent, aux yeux de nombreux citoyens, que le sentiment d’insécurité ne se limite plus à la rue : même le domicile, longtemps considéré comme le dernier refuge, n’apparaît plus totalement à l’abri des actes de malveillance. Il convient toutefois de distinguer les faits établis des vidéos et témoignages circulant sur les réseaux sociaux, dont l’origine et le contexte ne sont pas toujours vérifiables.


Le phénomène est ainsi devenu un sujet récurrent dans les conversations quotidiennes. Se déplacer seul, sortir tard le soir ou circuler dans certains quartiers suscite chez certains Tunisiens une prudence accrue. Cette perception ne permet toutefois pas, à elle seule, de mesurer l’évolution réelle de la criminalité à l’échelle nationale. Elle traduit néanmoins une inquiétude suffisamment forte pour remettre au centre du débat la question de l’autorité et de la sécurité publique.
Reste désormais à savoir si cette revendication trouvera un écho dans les futures orientations des pouvoirs publics ou si elle restera principalement une expression de la colère qui monte dans une partie de l’opinion face aux violences et aux atteintes aux biens. Une chose est certaine : derrière le mot « rafle », c’est la question de la sécurité quotidienne et de la capacité de l’État à y répondre qui s’impose.
N.J











Commentaire
Citoyen_H
EXCELLENTISSIME, MAGNIFIQUE,
Inversé le flux l’exode rural des consanguins devrait devenir une priorité nationale.
Embastillé les criminels, sans critère d’age, en est une autre.
C’est la deuxième bonne nouvelle depuis le coup d’État de 2011, après celle de la consécration du 25 juillet béni.
GO Kaissoune, GO.
Déracaillisez-nous le pays au plus vite et ordonnez la construction de plusieurs prisons et bagnes.