L’état de santé d’Ahmed Néjib Chebbi suscite de nouvelles inquiétudes. Dans une publication mise en ligne tard dans la soirée du mardi 18 août 2026, l’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek a alerté sur la dégradation de la santé de l’opposant de 81 ans, détenu depuis décembre 2025 à la suite de sa condamnation dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».
« Si Néjib est fatigué et sa santé ne cesse de se détériorer », écrit d’emblée Dalila Ben Mbarek Msaddek, sœur du prisonnier politique Jaouhar Ben Mbarek et membre du collectif de défense dans la même affaire.
L’avocate rapporte surtout des propos qu’Ahmed Néjib Chebbi aurait tenus à ses avocats au moment de son incarcération, en décembre 2025 : « Je peux tenir un an, peut-être deux. Au-delà, je ne peux rien vous promettre. »
Dalila Ben Mbarek Msaddek insiste sur le sens du verbe tunisien « nchedd » (« tenir ») employé par l’opposant. Selon elle, Ahmed Néjib Chebbi ne parlait pas de sa capacité à supporter la prison ou la durée de sa peine, mais de sa capacité physique à rester en vie en détention.
« Par “tenir”, il ne voulait pas dire tenir en prison… Il voulait dire que sa santé pourrait tenir, pour qu’il puisse rester en vie à l’intérieur de la prison », explique-t-elle.

« Je n’ai pas de mots »
Dans un message particulièrement sombre, Dalila Ben Mbarek Msaddek exprime ensuite son soutien à la famille de l’opposant, notamment à son épouse Safia Mestiri, militante engagée, et à sa fille Haïfa Chebbi, avocate et membre du comité de défense des personnalités politiques poursuivies dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».
« Je n’ai pas de mots qui puissent exprimer, consoler ou redonner de l’espoir à la famille Chebbi face à tout ce qu’ils ont donné et continuent de donner à un pays ingrat », écrit-elle.
Elle conclut son message par une image : « Il y a des gens qui sont faits pour se consumer comme une bougie afin d’éclairer l’immense majorité qui ne ressent même plus l’obscurité », avant de s’adresser directement à Safia Mestiri et Haïfa Chebbi : « Par la pensée et par le cœur, je suis avec vous. »
Cette nouvelle alerte intervient quelques semaines après un malaise subi par Ahmed Néjib Chebbi à la prison de la Mornaguia. Le 27 juillet 2026, sa famille avait annoncé qu’il avait souffert, la veille, d’une importante gêne respiratoire et d’un état d’épuisement alors qu’il se trouvait dans la cour de promenade de l’établissement pénitentiaire.
Les examens effectués par le personnel paramédical et médical de la prison avaient alors mis en évidence une accélération du rythme cardiaque. Face aux fortes chaleurs et par crainte de nouvelles complications, l’opposant avait décidé de renoncer aux sorties dans la cour jusqu’au mois de septembre.
Sa famille avait fait part de sa « grande préoccupation » quant à l’évolution de son état de santé et tenu le pouvoir ainsi que le président de la République pour « pleinement responsables » de toute dégradation de sa santé ou de tout préjudice lié à ses conditions de détention.
En prison depuis décembre 2025
Âgé de 81 ans, Ahmed Néjib Chebbi est l’une des figures historiques de l’opposition tunisienne. Président du Front de salut national, il a été arrêté à son domicile le 4 décembre 2025 pour exécuter une peine de douze ans de prison prononcée définitivement dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».
Son parcours politique s’étend sur près de six décennies. Opposant sous Habib Bourguiba puis sous Zine El Abidine Ben Ali, il avait déjà connu la prison après avoir été arrêté dans les années 1960 pour ses activités politiques. Avocat et fondateur du Parti démocrate progressiste (PDP), il a également été l’une des figures du mouvement du 18-Octobre en 2005 et a participé à la transition politique après la révolution de 2011.
Depuis son incarcération, plusieurs voix ont dénoncé les conditions dans lesquelles il est détenu, compte tenu notamment de son âge. En mars 2026, à l’occasion de son centième jour de détention, l’ONG Intersection pour les droits et les libertés avait appelé à sa libération immédiate et dénoncé de « graves violations des garanties d’un procès équitable » dans l’affaire ayant conduit à sa condamnation.
La publication de Dalila Ben Mbarek Msaddek remet désormais au premier plan une inquiétude devenue récurrente depuis l’incarcération de l’octogénaire : celle de sa capacité physique à supporter durablement la détention.
I.N.











3 commentaires
Citoyen_H
TIENS DONC
Mon commentaire s’est volatilisé ou a été kidnappé ?
De Chebbi à Ghannouchi et autres détenu.e.s semblables aux âges aussi avancés que leurs admirables parcours évolutifs cohérents et démocrates convergents...
LONGUE VIE, LIBERTE, DIGNITE DE TRAITEMENT ET SOLIDARITE SANS E.KS.CEPTIONS !
Quant aux conconfusionistes et cons comme plots d’auto(dé)routes, sans doute plus » jiljilanes » que « burtukales » et leur lien hyper(con!)texte…
« What a mess(an) » ! Bonjour la référAnce aussi qômplice que concon complôtardé..
Cadeau et rappel multi…couches (hum!) :
https://m.youtube.com/watch?v=MVQY_N47sBk&pp=ygUf2KfYrdmF2K8g2YbYrNmK2Kgg2KfZhNi02KfYqNmKIA%3D%3D
Burtukale
https://www.voltairenet.org/article168223.html