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Deux imams visés par une plainte pour incitation à tuer des animaux

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Par Myriam Ben Zineb

    À Sousse, la question des animaux errants ne se limite plus aux rues, aux campagnes d’empoisonnement ou aux appels à ne pas les nourrir. Elle s’invite désormais jusque dans le débat religieux. L’Association Rahma pour la protection animale a annoncé, mercredi 19 août 2026, avoir déposé une plainte contre deux imams auprès du ministre des Affaires religieuses, réclamant l’ouverture d’une enquête sur des propos qu’elle considère comme une incitation à tuer des animaux ou à empêcher la population de leur venir en aide.

    Dans un communiqué, l’association affirme avoir saisi le ministère face à ce qu’elle présente comme des appels incompatibles avec les principes de respect de la vie et avec le cadre légal. Elle rappelle à ce titre qu’« aucune sacralité ne saurait placer quiconque au-dessus de la loi », tout en dénonçant les discours qu’elle estime susceptibles d’encourager la violence contre les animaux, mais aussi ceux visant les personnes qui choisissent de les nourrir ou de les protéger.

    Pour l’Association Rahma, la fonction religieuse implique également une responsabilité particulière dans la manière de s’adresser au public. Un imam, estime-t-elle, est appelé à montrer l’exemple en matière de compassion, de respect de l’être humain et de promotion de valeurs fondées notamment sur la bienveillance envers les animaux.

    Animaux errants : un problème réel, mais pas n’importe comment

    L’association ne nie pourtant pas la réalité du problème. La prolifération des animaux errants constitue, selon elle, une question qui doit être prise au sérieux, notamment en raison des risques sanitaires et des nuisances qui peuvent en découler.

    Mais c’est précisément sur la manière d’y répondre que le désaccord se cristallise. Pour Rahma, la gestion de ce phénomène doit relever des autorités compétentes et reposer sur la loi ainsi que sur des méthodes scientifiques, plutôt que sur des initiatives individuelles ou des appels à la violence.

    L’association condamne ainsi aussi bien les appels à l’empoisonnement ou à l’abattage indiscriminé des animaux que les discours invitant les citoyens à ne plus leur fournir ni nourriture ni eau.

    Défendre les animaux sans « opposer l’animal à l’être humain »

    Dans son communiqué, Rahma entend également répondre à un argument régulièrement avancé dans ce type de débat : celui selon lequel la protection animale conduirait à privilégier les animaux au détriment des humains.

    L’association rejette catégoriquement cette lecture. Défendre les animaux, affirme-t-elle, ne revient pas à nier les préoccupations liées à la sécurité, à la santé publique ou au bien-être des citoyens. Il s’agit, selon elle, de promouvoir une société « plus compatissante, responsable et civilisée », où la réponse aux problèmes collectifs ne passe pas par la violence ou par des appels à l’indifférence.

    En saisissant le ministre des Affaires religieuses, l’Association Rahma cherche ainsi à déplacer le débat : au-delà de la seule question des chiens et chats errants, elle pose celle de la responsabilité des discours publics et de la place de la compassion dans leur traitement. Elle demande désormais aux autorités de se prononcer sur les propos attribués aux deux imams et d’établir, le cas échéant, les responsabilités.

    M.B.Z

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