La mobilisation des diplômés de l’enseignement supérieur au chômage de longue durée s’est intensifiée ces dernières semaines, sur fond de retard dans l’application de la loi n°18 de 2025 relative au recrutement exceptionnel dans le secteur public.
Plusieurs ont organisé, mercredi 19 août 2026, un rassemblement protestataire devant le Théâtre municipal de Tunis. À travers cette mobilisation, les manifestants réclament l’application effective de la loi relative au recrutement exceptionnel dans le secteur public et la fonction publique, ainsi que l’accélération de la publication des textes réglementaires nécessaires à sa mise en œuvre.
Les protestataires demandent également le lancement, dans les plus brefs délais, de la plateforme électronique destinée à l’inscription des candidats et à leur classement, étape jugée indispensable pour concrétiser le processus de recrutement.
S’exprimant au nom des manifestants, Yousra Neji a déclaré à Jawhara FM que la première vague de recrutements au titre de l’année 2026 devrait, selon leurs revendications, aboutir aux affectations et à la distribution des cartes au plus tard à la fin du mois de septembre prochain.
La représentante des protestataires a insisté sur le caractère particulièrement précaire de la situation des diplômés chômeurs de longue durée, estimant qu’il s’agit de « situations humaines et sociales difficiles » qui ne peuvent plus supporter davantage de reports ou de tergiversations.
Selon elle, malgré les promesses formulées par la présidence de la République et les assurances données à l’issue de la réunion du 15 juin dernier concernant la révision du texte réglementaire, aucune avancée concrète n’aurait été enregistrée depuis.
Deux mois après cette réunion, les diplômés au chômage de longue durée disent ainsi ne plus vouloir se contenter de promesses et réclament désormais un calendrier précis ainsi que des mesures officielles permettant de traduire la loi en actes.
Les protestataires entendent poursuivre leur mobilisation pacifique et se tiennent prêts à entamer un sit-in ouvert si leurs revendications ne sont pas prises en compte.
Cette mobilisation est la deuxième en ce mois d’août. Les diplômés chômeurs s’étaient rassemblés le 12 du mois devant le Théâtre municipal de Tunis pour dénoncer l’absence persistante des textes d’application et de la plateforme numérique devant permettre la mise en œuvre du dispositif.
Quelques semaines auparavant, le 8 juillet, ils avaient déjà investi la place de la Kasbah pour réclamer leur intégration dans la fonction publique et l’application de l’article 18 de la loi n°18. Adopté fin 2025 et publié au Journal officiel le 23 décembre de la même année, le texte prévoit un mécanisme exceptionnel de recrutement destiné aux diplômés confrontés au chômage de longue durée.
Le dispositif doit notamment reposer sur une plateforme numérique permettant l’inscription des candidats et leur classement selon plusieurs critères, dont l’âge, l’ancienneté du diplôme et la situation sociale. Une attention particulière est accordée aux diplômés sans emploi depuis de longues années, notamment ceux titulaires de leur diplôme depuis plus de dix ans, ainsi qu’aux candidats âgés de plus de 40 ans.
Pour les représentants du mouvement, le principal obstacle n’est donc plus l’adoption du cadre légal, mais son absence de traduction concrète. Le retard accumulé fait craindre aux protestataires un report de l’application effective du dispositif à 2027, alors que les premières étapes devraient être engagées avant la fin de 2026.
N.J











4 commentaires
L'internaute tunisien
Ces malheureux chômeurs appliquent à la lettre l’adage tunisien : Qui te donne une corde, ligote-le avec ! « Elli yaâtik hbel, ourbtouh bih »
Monsieur le président, vous avez promulgué une loi, appliquez-la ! À moins que votre promesse ne soit du populisme
HatemC
Le problème n’est pas d’être diplômé et au chômage.
Le vrai problème est de considérer que le diplôme donne automatiquement droit à un poste dans l’administration.
Si une formation ne correspond plus aux besoins du marché du travail, il faut avoir le courage de se reconvertir.
L’État peut parfaitement accompagner ces chomeurs : formations complémentaires, reconversion vers des métiers en tension, stages en entreprise, aides à la création d’activité et financement de formations qualifiantes.
En revanche, transformer chaque vague de diplômés chômeurs en candidats à intégrer massivement la fonction publique n’est pas une politique de l’emploi. C’est déplacer le problème vers une administration déjà surchargée et créer des emplois sans rapport avec les besoins réels de l’économie.
Le diplôme doit être un point de départ, pas un ticket d’entrée automatique dans la fonction publique. L’État doit aider à rendre les diplômés employables, pas leur garantir un poste à vie.
Et surtout, il faut arrêter de former massivement dans des filières dont les débouchés sont insuffisants sans se préoccuper des besoins réels de l’économie. La vraie réforme serait de rapprocher l’université, la formation professionnelle et les entreprises.
Pour certains chômeurs diplômés qui ont passé 10, 15 ou 20 ans hors du marché du travail, le problème devient effectivement différent de celui d’un jeune qui vient de sortir de l’université. À force de rester éloigné de l’emploi, l’expérience professionnelle manque, les compétences deviennent obsolètes et le retour à l’emploi devient de plus en plus difficile.
L’État pourrait donc envisager un dispositif de revenu minimum pour chômage de très longue durée, avec trois contreparties :
– un revenu mensuel de base permettant de vivre dignement ;
– une couverture sociale minimale ;
– en contrepartie, obligation de formation, de reconversion, de travail d’intérêt collectif ou d’activité professionnelle adaptée.
Le véritable enjeu serait donc de reconnaître une réalité : une partie de cette génération ne retrouvera probablement jamais un emploi correspondant à son diplôme initial. Plutôt que de lui promettre indéfiniment un recrutement dans l’administration, l’État pourrait organiser une sortie honorable : revenu minimum + protection sociale + reconversion possible + activité adaptée.
Et surtout, cette politique devrait être accompagnée d’une réforme de l’orientation universitaire : ne plus fabriquer chaque année des milliers de diplômés dans des filières dont l’économie tunisienne ne peut absorber les effectifs.
Solidarité et légitimité !
DIGNITE ET SOLIDARITE À TOU.T.E.S !
FIN DE REGLEMENT DE LA QUESTION ENTAMEE EN L ESPRIT REVOLUTIONNAIRE 2011 ET LETTRE COMMUNE 2014 EN LA SEULE ET UNIQUE VOIE DEMOCRATIQUE DE RESOLUTION REFORMEE CONTINUÉE PRECITÉE ET RETABLIE !
Mohamed Mabrouk
Ils subissent une injustice mais je propose a chacun d’entre eux, en tant qu’enseignant supérieur retraité , de rediger qq pages où il imagine dans quelle activité productrice il se verrait participer a l’economie de son pays, et comment il verrait le lancement de l’activité en question.
A partir de là, en regroupant les ecrits et en les synthétisant, on pourra formuler des recommandations au pays.
Sans ça, on reste dans nos conceptions traditionnelles economiquement passives et nefastes de l’Etat-tresor qu’on se querelle a dépouiller, s’il le faut a coup de faux proces. Et l’activisme politique se reduit a s’agiter aupres de la faction momentanement triomphante pour obtenir une part du butin. Dans cette optique, qui est désormais celle de la tunisie, les exigences de justice ou de vision strategique n’ont plus leur place