Un groupe de députés à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a appelé les autorités judiciaires à revoir les motifs du maintien en détention de quatre membres de la Flottille Soumoud dont la situation suscite, selon eux, de vives inquiétudes.
Dans un communiqué rendu public jeudi 20 août 2026, les élus signataires ont réclamé la remise en liberté de Wael Naouar — détenu depuis le mois de mars —, Ghassen Boughdiri, Ghassen Henchiri et Nabil Chennoufi — également toujours incarcérés dans le cadre de cette affaire.
Les élus ont assuré que leur démarche ne constituait nullement une ingérence dans le fonctionnement de la justice, notant qu’elle s’inscrit dans le respect du principe selon lequel « La liberté est le principe, la détention préventive l’exception. »
Estimant que la poursuite des investigations et des procédures judiciaires en état de liberté ne constitue pas, en soi, un obstacle à la justice ni à l’établissement des responsabilités, les députés ont appelé les autorités judiciaires compétentes à réexaminer les justifications du maintien en détention des quatre concernés.
Au-delà de la question judiciaire, les députés ont particulièrement mis l’accent sur l’état de santé de Ghassan Henchiri. Celui-ci souffrirait de séquelles liées à une ancienne blessure à la tête, qu’il aurait subie lors de l’intervention des forces israéliennes contre la première Flottille Soumoud. Les signataires ont demandé que le prévenu puisse bénéficier immédiatement d’un examen médical complet et indépendant ainsi que d’un suivi médical approprié, afin d’éviter toute aggravation de son état.
La situation de Wael Nouar est également au centre des préoccupations exprimées par les élus. Le prévenu est actuellement en grève de la faim depuis le 16 août pour protester contre la poursuite de sa détention. Les parlementaires ont appelé à prendre cette évolution au sérieux, tant sur le plan médical que judiciaire, redoutant une aggravation de ses conséquences.
Dans leur communiqué, les députés ont assumé également une lecture politique du dossier, rappelant que les personnes détenues dans le cadre de la Flottille Soumoud n’ont pas caché leur soutien à la cause palestinienne et ont choisi de l’exprimer à travers leur engagement. S’ils reconnaissent que les moyens employés peuvent faire l’objet de divergences d’appréciation, ils considèrent que « la solidarité avec le peuple palestinien ne devrait pas devenir une cause d’emprisonnement ».
Les élus ont surtout mis en garde contre une utilisation de la détention préventive qui reviendrait, selon eux, à transformer une mesure provisoire en sanction avant même qu’un jugement ne soit rendu.
L’affaire a débuté le 6 mars 2026 avec l’arrestation de plusieurs membres de la Flottille Soumoud, parmi lesquels Wael Naouar, Jawaher Channa, Nabil Chennoufi, Mohamed Amine Bennour et Sana M’hidli.
Le 16 mars, un mandat de dépôt a été émis à l’encontre de sept membres de la coordination, dont Wael Naouar, Nabil Chennoufi et Mohamed Amine Bennour, dans le cadre de l’enquête ouverte à leur encontre.
Ces arrestations sont intervenues quelques jours après des tensions au port de Sidi Bou Saïd. Dans la nuit du 4 mars, un important dispositif sécuritaire avait été déployé alors que des militants de la Flottille Soumoud souhaitaient se rendre sur place pour rendre hommage aux travailleurs du port.
La cérémonie prévue aurait été interdite par le gouverneur de Tunis, de même que tout rassemblement et toute utilisation de haut-parleurs. Les organisateurs avaient alors indiqué avoir transformé leur initiative en simple visite, tout en dénonçant ce qu’ils qualifiaient de pressions sécuritaires visant le mouvement de solidarité avec la Palestine.
Depuis, Jawaher Channa, Sana M’hidli Mseheli et Mohamed Amine Bennour ont été remis en liberté. Les poursuites les visant n’ont toutefois pas été abandonnées et ils font l’objet d’une interdiction d’apparaître dans les lieux publics.
N.J











Commentaire
Gg
« Estimant que la poursuite des investigations et des procédures judiciaires en état de liberté ne constitue pas, en soi, un obstacle à la justice ni… »
Ah ben si! S’ils sont libérés ils vont tout de suite s’évaporer dans la nature ou se planquer chez leurs potes du hamas!