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Mondher Ounissi perd l’usage de la parole, Ennahdha accuse les autorités d’inaction

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Par Raouf Ben Hédi

    Le mouvement Ennahdha a alerté, jeudi 20 août 2026, sur une nouvelle dégradation de l’état de santé de son vice-président, Mondher Ounissi, actuellement détenu dans le cadre de l’affaire Jilani Dabboussi. Selon le parti, le médecin et universitaire aurait totalement perdu l’usage de la parole depuis le 11 juillet dernier.

    Dans un communiqué, Ennahdha affirme suivre « avec une profonde inquiétude » l’évolution de son état de santé et assure que cette perte de la parole serait intervenue après que Mondher Ounissi a été informé du jugement rendu par la cour d’appel dans l’affaire Jilani Dabboussi.

    Le mouvement soutient que, malgré les demandes répétées de la famille et de la défense pour qu’il bénéficie d’une prise en charge médicale intensive, les autorités continueraient d’ignorer ces appels. Ennahdha dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « négligence médicale », estimant que la situation ferait peser une menace directe sur sa vie.

    Une santé déjà fragilisée

    Ce nouvel épisode intervient alors que l’état de santé de Mondher Ounissi avait déjà suscité des inquiétudes au cours des derniers mois.

    En février 2026, son épouse, Rahma Abidi, avait notamment alerté sur une hausse persistante du taux de créatinine de son mari, faisant craindre, selon son témoignage, une évolution vers la dialyse. Elle avait alors appelé les autorités à lui permettre d’accéder aux soins nécessaires.

    Quelques jours plus tard, Ennahdha avait également dénoncé les conditions de détention de son dirigeant, après sa condamnation, avec l’ancien ministre de la Justice Noureddine Bhiri, à quatre ans de prison dans l’affaire liée au décès de Jilani Dabboussi. Le mouvement avait contesté le procès et dénoncé ce qu’il considérait comme des poursuites à caractère politique.

    Dans son communiqué de jeudi, Ennahdha rappelle que Mondher Ounissi, professeur à la faculté de médecine et spécialiste en néphrologie et transplantation rénale à l’hôpital Charles-Nicolle, avait auparavant observé une grève de la faim pour protester contre sa détention. Le parti affirme également qu’il aurait été victime de violences et de mauvais traitements, qui auraient entraîné de graves complications rénales.

    Ces accusations, formulées par le mouvement, interviennent dans un contexte où la situation médicale des détenus poursuivis dans des affaires à dimension politique fait régulièrement l’objet d’alertes de leurs familles et de leurs avocats.

    Ennahdha réclame sa libération

    Face à ce qu’il décrit comme une situation devenue « critique », Ennahdha demande cette fois la libération immédiate de Mondher Ounissi et réclame que sa famille puisse assurer pleinement son suivi et sa prise en charge médicale.

    Le mouvement affirme vouloir permettre à son vice-président de « retrouver progressivement sa santé » et de reprendre ses activités universitaires et médicales.

    Ennahdha dit enfin tenir les autorités pour « pleinement responsables sur les plans juridique et moral » de toute complication ou conséquence qui pourrait survenir concernant l’état de santé de Mondher Ounissi durant sa détention.

    Détenu depuis 2023 dans le cadre de l’affaire Jilani Dabboussi, Mondher Ounissi avait été condamné en première instance, en février 2026, à quatre ans de prison ferme. L’affaire concerne les circonstances entourant la prise en charge de Jilani Dabboussi, homme d’affaires décédé en 2014, quelques heures après sa sortie de prison. Les poursuites ont notamment visé des responsables politiques et administratifs en fonction au moment des faits.

    R.B.H

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