Il n’aura fallu que quelques heures pour que la rumeur d’une grève des transporteurs d’hydrocarbures fasse son chemin et que les automobilistes se ruent vers les stations-service.
Depuis la matinée de jeudi 20 août 2026, plusieurs stations-service sont prises d’assaut par des automobilistes venus faire le plein, après avoir eu vent du mouvement de grève inopiné déclenché au niveau de la zone pétrolière de Radès. Résultat, files interminables, stations saturées et, dans certains endroits, circulation fortement perturbée par les véhicules en attente.
La scène est révélatrice d’une inquiétude devenue presque réflexe. A la moindre alerte touchant l’approvisionnement en carburant, les automobilistes se précipitent pour remplir leur réservoir, de peur de se retrouver face à des stations à sec.
Une panique avant même une pénurie
Le paradoxe est que, pour l’heure, aucune pénurie de carburant n’a été annoncée officiellement.
Le mouvement des chauffeurs de camions-citernes a toutefois suffi à installer le doute. Le blocage de la zone pétrolière de Radès empêche la sortie normale des camions chargés d’approvisionner les stations-service et fait donc planer le risque d’une perturbation de la distribution si le mouvement venait à se prolonger.
Mais entre une perturbation potentielle et une pénurie avérée, le fossé est encore bien réel. C’est pourtant ce fossé que les longues files d’attente sont en train de combler, à coups de réservoirs remplis par précaution.
Dans plusieurs stations, les automobilistes ayant appris la nouvelle ont ainsi préféré ne pas prendre de risque. Certains sont venus faire le plein alors qu’ils ne l’auraient probablement pas fait dans des circonstances normales. Une réaction compréhensible, mais qui peut elle-même contribuer à accélérer la tension sur les stations-service.
Le silence officiel nourrit l’inquiétude
Autre élément qui contribue à alimenter la confusion, aucune communication officielle n’est, pour l’heure, venue rassurer les automobilistes sur l’état de l’approvisionnement.
Ni les autorités concernées ni les structures professionnelles n’ont communiqué publiquement, à l’heure de rédaction, sur les conséquences concrètes de cette grève sauvage ou sur la disponibilité des stocks de carburant.
La Fédération générale de la pétrochimie, directement concernée par le secteur, n’a pas non plus commenté publiquement le mouvement inopiné.
Ce silence laisse donc les réseaux sociaux, les témoignages d’automobilistes et les images des files d’attente occuper le terrain. Et dans un pays qui a déjà connu des perturbations de l’approvisionnement en carburant lors de précédents mouvements sociaux, il n’en faut pas davantage pour faire ressurgir le spectre de la pénurie.
La situation est donc, pour l’instant, celle d’une panique qui précède la pénurie. Les automobilistes se ruent sur les stations par précaution, tandis que le blocage de Radès menace la chaîne d’approvisionnement sans qu’une pénurie généralisée n’ait été annoncée.
Reste une question essentielle : combien de temps faudra-t-il attendre avant qu’une communication officielle permette de distinguer le risque réel de l’effet de panique ?
R.B.H










