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Sousse : un activiste affirme avoir été torturé en garde à vue, la LTDH réclame une enquête

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Par Nadya Jennene

    La section de Sousse de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a annoncé, vendredi 21 août 2026, avoir reçu une plainte de l’activiste Farouk Amroussia, qui affirme avoir été victime de violences, de mauvais traitements et de torture après son arrestation dans la nuit du 17 août.

    Selon le récit rapporté par la LTDH, l’activiste a subi un traitement portant atteinte à sa dignité ainsi qu’à son intégrité physique et psychologique pendant sa période de garde à vue, qui a duré 48 heures.

    Notant le sérieux qu’elle accorde à ces accusations, l’organisation a rappelé que la torture, les mauvais traitements et toute forme de traitement dégradant constituent des violations graves des droits humains, quelles que soient les circonstances.

    Pour la LTDH, le placement en garde à vue ne suspend en aucun cas les droits fondamentaux de la personne détenue, notamment son droit à l’intégrité physique et morale et au respect de sa dignité.

    La LTDH réclame une enquête indépendante sur les violences dénoncées

    Face aux accusations formulées par Farouk Amroussia, la section de Sousse a réclamé l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et impartiale afin d’établir les faits et de déterminer les éventuelles responsabilités.

    Elle a demandé également que le plaignant puisse bénéficier d’un examen médical indépendant, ainsi que des soins et traitements dont il aurait besoin.

    L’organisation a insisté par ailleurs sur la nécessité de préserver l’ensemble des éléments susceptibles d’étayer les faits dénoncés, notamment les enregistrements des caméras de surveillance, les registres d’arrestation et de garde à vue ainsi que les constats médicaux.

    La LTDH a exigé enfin que Farouk Amroussia soit protégé contre toute forme de pression ou de représailles et que soient garanties son intégrité, sa dignité, sa vie privée ainsi que sa liberté d’expression.

    Le cas de Farouk Amroussia intervient alors que les organisations tunisiennes et internationales de défense des droits humains ont, à plusieurs reprises, dénoncé des allégations de torture, de violences et de mauvais traitements dans les lieux de détention, aussi bien durant les périodes de garde à vue qu’en milieu carcéral.

    Ces alertes récurrentes portent notamment sur les conditions de détention et le respect de l’intégrité physique et de la dignité des personnes privées de liberté. Les organisations de défense des droits humains réclament régulièrement des enquêtes effectives sur les plaintes déposées et l’établissement des responsabilités lorsque des violations sont signalées.

    Quand l’accès aux prisons se ferme, documenter les abus devient plus difficile

    Mais au-delà des alertes, ces mêmes organisations dénoncent également les difficultés croissantes qu’elles rencontrent pour accéder aux lieux de détention et exercer leur mission de contrôle et de documentation.

    Un exemple récent concerne précisément la section de Sousse de la LTDH. Le 21 juillet 2026, elle avait annoncé que l’une de ses délégations avait été empêchée d’accéder à la prison civile de Messadine, à Msaken.

    Selon la Ligue, l’administration pénitentiaire avait invoqué la nécessité d’obtenir une autorisation préalable du ministère de la Justice. Une exigence contestée par l’organisation, qui affirme qu’elle ne figure pas dans le mémorandum d’entente conclu en 2015 avec le ministère de la Justice, encadrant les visites de ses délégations dans les établissements pénitentiaires.

    La section de Sousse avait alors dénoncé une « restriction injustifiée » à son activité et un manquement au texte comme à l’esprit de l’accord. Elle indiquait par ailleurs avoir reçu plusieurs demandes de visite concernant des situations et des cas qu’elle qualifiait de critiques, sans donner davantage de détails sur les personnes concernées.

    Le cas de Messadine ne constitue pas, selon la Ligue, un incident isolé. Plusieurs sections de la LTDH avaient dénoncé ces derniers mois des restrictions similaires.

    Une délégation avait notamment été empêchée d’accéder à la prison civile de la Mornaguia les 20 janvier et 16 avril 2026. En décembre 2025, la section de Mahdia avait également dénoncé l’interdiction d’une visite programmée à la prison civile de Mahdia, affirmant avoir respecté les procédures prévues par l’accord de 2015.

    Dans ce contexte, vérifier les faits, documenter les éventuels abus et mener des enquêtes indépendantes devient de plus en plus difficile. Lorsque l’accès aux lieux de détention se heurte à des restrictions et que les organisations de défense des droits humains ne peuvent pas rencontrer librement les détenus ou recueillir leurs témoignages, la capacité à établir les faits s’en trouve nécessairement limitée. Pour les défenseurs des droits humains, l’enjeu dépasse ainsi les seuls cas signalés : il concerne aussi les conditions mêmes permettant de contrôler, documenter et, le cas échéant, établir les responsabilités.

    N.J

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