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Délestages : la Steg annonce de nouvelles coupures dans plusieurs régions ce lundi

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Par Imen Nouira

    Les délestages se poursuivent en Tunisie en pleine poussée de chaleur. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a annoncé, lundi 24 août 2026, de nouvelles coupures tournantes dans plusieurs régions du pays, entre 13 et 17 heures.

    La Steg a publié six listes couvrant le Grand Tunis, le Nord, le Nord-Ouest, le Centre, Sfax ainsi que le Sud et le Sud-Ouest. Les interruptions seront effectuées de manière tournante et intermittente, en fonction de l’état du réseau et des besoins d’équilibre entre la production et la consommation d’électricité.

    La société précise que les listes publiées ne sont pas définitives et que d’autres secteurs pourraient être concernés selon l’évolution de la situation. Le courant pourra également être rétabli sans préavis.

    La Steg invite par ailleurs les usagers à régler leurs climatiseurs à 26 degrés Celsius afin de limiter leur consommation d’électricité.

    Du Grand Tunis au Nord-Ouest

    Dans le Grand Tunis, les délestages pourraient toucher La Marsa, Borj Touil, El Manar, El Menzah, Aïn Zaghouan, les Jardins de Carthage, Ksar Saïd, Le Kram, La Goulette, Tebourba, Jedaida, Sidi Thabet, Mornag, Fouchana, El Mghira, Borj Cedria, Borj El Amri, La Soukra, El Mourouj, Mégrine, Radès, Ezzahra, Hammam-Lif, Boumhel, Ben Arous, Ariana et Douar Hicher.

    Dans le Cap Bon, les coupures pourraient concerner Menzel Bouzelfa, Menzel Temime, Soliman, Takelsa, Nabeul, Béni Khalled, Tazarka, Somâa, Korba, Béni Khiar, Maâmoura, Kélibia, Hammam Ghezèze, Hammamet et Dar Chaâbane.

    Dans le gouvernorat de Zaghouan, les zones annoncées sont Nadhour, Zaghouan Nord, El Fahs, Bouachir, Zriba, Jebel Oust et Bir Mcherga.

    À Bizerte, les délestages pourraient toucher Zaouine, Menzel Bourguiba, Sejnane, El Khetmine, Aousja, Ghar El Melh, Utique, Ghazala, Mateur, Tinja, Metline, Menzel Jemil, Menzel Abderrahmane et Jarzouna.

    Dans le Nord-Ouest, la Steg cite Nefza, Ouchtata, Rouhia, Makthar, Ghardimaou, Oued Meliz, Bou Salem, Goubellat, Gaâfour, Chemtou, Kalaat Khasba, Sidi Ismaïl, Nebeur, Tajerouine, El Ksour, Le Krib et Bourouis.

    Le Centre, le Sahel et Sfax également concernés

    Dans les régions du Centre et du Sahel, les délestages pourraient toucher Ouled Achour, Chebba, El Alaâ, Enfidha, Hergla, Bouficha, la zone industrielle d’Enfidha, Hammam Sousse, Akouda, la cité universitaire, Kalâa Seghira, Jemmal, Ksar Hellal, Sayada, Zaouiet Kontoch, Bouhajla, Nasrallah, Menzel Mhiri, Sbikha, la zone industrielle, El Jem, Chetouine, Bouhjar, Sahline, M’saken, Menzel Kamel, Moknine, Chgania, Bekalta, Chorbane, Rejiche, Souassi, Kerker, Sidi Bou Ali, Kalâa Kebira, Riadh, Khezama, Sahloul 3 et Ouled Chamekh.

    Dans le gouvernorat de Sfax, les coupures pourraient concerner Menzel Chaker, Sfax Sud, Sakiet Ezzit, Sakiet Eddaïer, Bir Ali Ben Khalifa, El Mahres, Agareb, El Amra, Thyna, Sfax Ouest, Sfax Ville, Jebeniana et El Hencha.

    Plusieurs localités dans le Sud et le Sud-Ouest

    Dans le gouvernorat de Kébili, les zones annoncées comprennent Kébili, Nezla, la cité de la route de Gabès, Souk Lahad, Jemna, Douz, El Faouar et El Afara.

    À Médenine, les délestages pourraient toucher Dkhilet Toujane, Hassi Amor, Nouvelle Médina, Béni Khedache, Bou Ghrara, Hricha et Zarika.

    Dans le gouvernorat de Tataouine, les zones concernées comprennent Remada, Ghomrassen, Bir Lahmar, Tataouine Nouvelle, Tataouine Ville, la cité du Festival, Smar et Ezzahra.

    Dans la région de Gabès, les coupures pourraient concerner Gabès Ville, Menzel, Zrig, Hay El Amal, Chenini, Bouchemma, El Hamma, Mareth, Oudhref et Métouia.

    À Djerba, la Steg cite El May, Sedouikech, Mellita, Ajim, Houmt Souk, Midoun, Guellala et Robbana.

    Dans les régions de Zarzis et de Ben Guerdane, les secteurs annoncés sont Bassatine, Mouensa, El Hichem, Zaouia, Zarzis Ville, Chammakh, Jallel, Hay Mars et la route de Ras Jedir.

    Ces nouvelles annonces interviennent après plusieurs jours marqués par des délestages dans différentes régions. Mercredi 19 août, la Steg avait annoncé la reprise de coupures tournantes dans de nombreuses localités, entre 13h30 et 17 heures. De nouvelles listes avaient ensuite été publiées jeudi 20 août, sur le même créneau.

    Jusqu’à 47 degrés et une vigilance généralisée

    La poursuite des délestages coïncide avec un nouveau pic de chaleur. Selon le bulletin quotidien de l’Institut national de la météorologie (INM), les températures maximales oscilleront, lundi 24 août, entre 37 et 42 degrés Celsius dans les régions côtières et sur les hauteurs.

    Elles grimperont davantage dans le reste du pays, où elles seront comprises entre 43 et 47 degrés Celsius, avec l’apparition du sirocco.

    Le temps sera chaud et peu nuageux sur la majeure partie du territoire. La situation évoluera dans l’après-midi avec une densification progressive des nuages sur les régions occidentales du nord et du centre.

    Des cellules orageuses accompagnées de pluies et, localement, de chutes de grêle y sont attendues avant de gagner certaines régions de l’est. Sous les cellules orageuses, les rafales pourront dépasser 70 km/h.

    Le vent, de secteur est, sera faible à modéré avant de se renforcer relativement dans l’après-midi près des côtes et dans le sud. La mer sera peu agitée, devenant progressivement agitée en fin de journée sur les côtes nord.

    Face à ces conditions météorologiques, l’INM a placé l’ensemble du pays sous vigilance jaune ou orange. La carte diffusée lundi à 6h41, valable jusqu’au mardi 25 août à 7 heures, ne compte aucun gouvernorat en vert.

    Onze gouvernorats sont placés en vigilance orange : Jendouba, Béja, Kairouan, Sidi Bouzid, Sfax, Gafsa, Tozeur, Kébili, Gabès, Médenine et Tataouine.

    Les treize autres gouvernorats sont en vigilance jaune : Bizerte, Ariana, Tunis, Ben Arous, Manouba, Nabeul, Zaghouan, Siliana, Le Kef, Kasserine, Sousse, Monastir et Mahdia.

    L’INM met également en garde contre les conséquences de la chaleur, particulièrement pour les personnes âgées, celles souffrant de maladies chroniques, les personnes isolées, les enfants ainsi que les personnes travaillant ou pratiquant une activité sportive à l’extérieur. La déshydratation et le coup de chaleur figurent parmi les risques signalés.

    La Steg établit ainsi un lien entre les tensions sur le réseau et la hausse de la consommation liée notamment à l’utilisation intensive des climatiseurs. Elle appelle, dans ce contexte, les usagers à régler leurs appareils à 26 degrés Celsius. La chaleur n’explique toutefois pas, à elle seule, la persistance des délestages.

    Un réseau fragilisé au-delà des seuls pics de chaleur

    Une forte hausse des températures entraîne généralement une utilisation plus importante des climatiseurs et, par conséquent, une augmentation rapide de la demande en électricité. La longue canicule de juillet avait déjà placé le réseau électrique sous très forte pression.

    Le 24 juillet, Mohamed Atef Bouabdallah, membre de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, indiquait que la demande atteignait encore environ 6.000 mégawatts, alors que la Steg ne pouvait en fournir que 4.400.

    Selon lui, les délestages permettent de maintenir l’équilibre du réseau lorsque la demande dépasse les capacités de production et d’éviter un black-out généralisé. Ces mécanismes, qu’ils soient manuels ou automatiques, visent ainsi à protéger le système électrique contre un effondrement de l’alimentation.

    Mais la chaleur et l’usage intensif des climatiseurs ne constituent pas les seules explications. Invité jeudi 20 août 2026 sur Jawhara FM, l’ingénieur spécialisé dans l’énergie Foued Ali avait estimé que les délestages révélaient surtout une fragilité structurelle du système électrique tunisien et un manque de marge entre la production disponible et la demande estivale.

    La Tunisie complète notamment sa production nationale par des importations d’électricité depuis l’Algérie. Cette solution atteint toutefois ses limites lorsque les deux pays enregistrent simultanément des pics de consommation. Au moment où les besoins tunisiens augmentent, le réseau algérien peut lui aussi être fortement sollicité, réduisant les quantités disponibles à l’exportation.

    L’humidité joue également un rôle. Elle oblige les climatiseurs à fonctionner davantage pour maintenir le même niveau de confort, y compris lorsque les températures diminuent légèrement. Dans le même temps, la chaleur peut réduire l’efficacité des systèmes de refroidissement des unités de production et, par conséquent, leur capacité opérationnelle.

    Le problème touche donc à la fois la demande et l’offre : les consommateurs sollicitent davantage le réseau alors que certaines unités de production peuvent perdre en efficacité. Les nuits chaudes empêchent également la consommation de redescendre suffisamment et privent le réseau de périodes de répit.

    Foued Ali avait aussi pointé le recul des investissements et le retard pris par plusieurs projets de production. Il avait notamment évoqué quelque 870 mégawatts de capacités qui pourraient renforcer le système, mais qui n’avaient toujours pas été intégrées au réseau.

    La forte sollicitation des installations durant la canicule de juillet avait par ailleurs endommagé plusieurs transformateurs et câbles électriques. Certaines coupures prolongées étaient ainsi liées non pas aux délestages eux-mêmes, mais aux réparations rendues nécessaires par ces avaries.

    Les conséquences avaient également touché l’alimentation en eau. Les 14 et 15 juillet, entre 700 et mille interruptions quotidiennes de courant avaient été enregistrées au niveau des installations de pompage de la Sonede. À chaque coupure, les pompes s’arrêtaient, perturbant le remplissage des réservoirs et faisant baisser la pression dans les conduites. Plusieurs heures pouvaient ensuite être nécessaires pour un retour complet à la normale.

    La facture avait aussi été lourde pour les professionnels. La Chambre nationale des propriétaires des cafés avait évoqué des pertes se chiffrant à des dizaines de millions de dinars, tandis que la Chambre nationale des restaurateurs estimait que 70% des établissements avaient été affectés par les coupures répétées.

    Marchandises détériorées, rupture de la chaîne du froid, équipements électriques endommagés, arrêts de production, fermetures temporaires et manque à gagner avaient touché cafés, restaurants, commerces, pharmacies et entreprises industrielles. À Nabeul, plusieurs unités de transformation de tomates avaient notamment dû interrompre ou ralentir leur activité, avec des répercussions jusque sur les agriculteurs dont les cargaisons attendaient devant les usines.

    Ainsi, le pic de chaleur attendu ce lundi peut accentuer les tensions par l’augmentation de l’usage des climatiseurs, mais il agit sur un réseau déjà fragilisé par le manque de capacités disponibles, la baisse des performances estivales de certaines installations et l’insuffisance des investissements.

    La Steg invite les habitants des zones concernées à prendre les précautions nécessaires. Pour toute urgence ou demande d’information, les abonnés peuvent joindre son centre d’appel au 71 239 222 ou composer les numéros figurant sur leurs factures d’électricité.

    I.N.

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    3 commentaires

    1. A4

      Répondre
      25 août 2026 | 12h27

      Encore une couche:
      Hier je lisais un article qui disait qu’au Chili aux alentours de midi, 71 % de l’électricité consommée est d’origine photovoltaïque. La « STEG Chilienne » n’a pas saboté les énergies renouvelables. Quand il y en a, elle arrête ou elle met au ralenti ses centrales thermiques pour faire des économies de carburants et polluer moins cette misérable planète. Chez nous, on sabote les énergies renouvelables, on brûle du gaz, on pollue et on emprunte au Qatar pour payer à l’Algérie son gaz.
      Résultats: délestages, emprunts, pollutions et canicules !!!
      Un grand merci à tous les incompétents du pays …

    2. A4

      Répondre
      24 août 2026 | 18h32

      Admirable STEG ! Elle ne fournit pas d’électricité à ses abonnés, mais elle leur communique le planning de son impuissance !
      Ces pics et coupures coïncident avec le maximum de production des installations photovoltaïques (PV) dont la STEG sabote le raccordement au réseau public. Il y a en ce moment sur tout le pays, des centaines de mégawatts d’installations PV en attente de raccordement depuis des mois sinon des années.
      A la STEG, on préfère brûler du gaz algérien et acheter de l’électricité algérienne, que produire de l’électricité « verte ». Avec cette ignoble politique, nous ne pouvons qu’avoir de plus en plus de canicules !!!

    3. HatemC

      Répondre
      24 août 2026 | 14h47

      Autrement dit tout le pays dans le noir …

    Répondre

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