Les coupures d’électricité en Tunisie ont fait une victime pour le moins inattendue : l’armée néerlandaise. À des milliers de kilomètres de Tunis, les délestages survenus cet été ont perturbé la production de tenues de combat destinées aux militaires des Pays-Bas, repoussant de plusieurs mois leur livraison.
L’information a été rapportée vendredi 21 août 2026 par l’agence de presse néerlandaise ANP, sur la base de documents transmis à la Chambre des représentants par le secrétaire d’État à la Défense, Derk Boswijk.
Des coupures en Tunisie, des uniformes en retard aux Pays-Bas
L’histoire commence il y a deux ans, lorsque le ministère néerlandais de la Défense passe commande de nouvelles tenues de combat au fabricant allemand Hexonia. Pour une partie de sa production, l’entreprise s’appuie sur un fournisseur installé en Tunisie.
Mais cet été, les fortes chaleurs qui ont frappé le pays ont été accompagnées de coupures d’électricité ayant perturbé l’activité du fournisseur tunisien. Un grain de sable qui a fini par se répercuter sur toute la chaîne de production.
À la clé, des retards dans la livraison de plusieurs pièces essentielles. « Des éléments importants, comme les vestes et les pantalons de combat, n’ont pas été livrés », a indiqué le ministère néerlandais de la Défense.
Initialement, les nouvelles tenues devaient commencer à être distribuées aux militaires à partir de septembre 2026. Il faudra finalement patienter jusqu’au premier trimestre 2027.
Pas de panique dans les casernes
Pas question pour autant de laisser les soldats néerlandais sans uniforme. Le secrétaire d’État à la Défense a assuré au Parlement que ce retard n’aurait « aucune conséquence pratique » sur l’équipement des militaires actuellement en service, ni sur celui des nouvelles recrues.
Ces dernières disposeront de tenues temporaires en attendant l’arrivée des nouveaux équipements.
Reste que l’anecdote illustre, de manière assez inattendue, à quel point une perturbation locale peut se propager bien au-delà de ses frontières. Cet été, les coupures d’électricité en Tunisie n’ont pas seulement affecté les entreprises et les consommateurs tunisiens : elles ont également contribué à retarder, à plusieurs milliers de kilomètres de là, le renouvellement des tenues de l’armée néerlandaise.
M.B.Z











3 commentaires
WILD PING
Je suis certain que les personnes qui ont perdu des membres de leur famille cet été à cause des coupures d’électricité et d’eau se réjouiront de savoir que les uniformes militaires néerlandais sont considérés par Business News comme des victimes.
WILD PING
https://www.lapresse.tn/2026/08/24/uniformes-de-larmee-neerlandaise-le-textile-tunisien-dement-tout-lien-avec-les-coupures-delectricite/
HatemC
Les prochaines victimes ? Les sous-traitants tunisiens et leurs employés, pas l’armée néerlandaise
Le ton faussement léger de l’article (« grain de sable », « anecdote », « pas de panique dans les casernes ») masque complètement la réalité économique. Désolé mais le journaliste traite presque l’information sous l’angle du fait divers cocasse pour l’armée néerlandaise, alors que pour la Tunisie, c’est un signal d’alarme dévastateur.
– Présenter ça comme une simple « propagation d’une perturbation locale » permet d’éviter de parler du problème de fond : la défaillance des infrastructures nationales (STEG) et l’incapacité de l’État à garantir un accès continu à l’énergie pour ses usines.
– Le décalage de perception : Ce qui est perçu comme une blague à Amsterdam ou un léger retard de calendrier parlementaire se traduit sur place par des usines à l’arrêt, des ouvriers en chômage technique et des entreprises tunisiennes qui risquent la clé sous la porte à cause des pénalités.
– L’aveuglement sur l’impact commercial : En qualifiant cela d’anecdote, l’article passe à côté de la vraie suite de l’histoire : les acheteurs allemands et néerlandais ne vont pas « rigoler » deux fois.
Dans le secteur de la défense et du textile technique, la fiabilité des livraisons est le critère n°1
Rire de l’armée néerlandaise qui attend ses pantalons, c’est facile.
Mais c’est oublier que le vrai perdant de l’histoire n’est pas le soldat néerlandais qui mettra une ancienne tenue quelques mois de plus, c’est le sous-traitant tunisien et ses employés qui risquent de perdre leur contrat au profit du Maroc ou de la Turquie dès la saison prochaine.