L’économiste Aram Belhadj, docteur en sciences économiques et enseignant-chercheur à l’Université de Carthage, est revenu, mercredi 26 août 2026, sur la crise qui secoue actuellement le pays, marquée notamment par les coupures d’électricité et les perturbations de l’approvisionnement en eau. Pour lui, les difficultés de cet été ne constituent pas un simple accident conjoncturel, mais révèlent des fragilités structurelles accumulées au fil des années.
Dans une analyse publiée sur Facebook, Aram Belhadj estime que la situation illustre un schéma récurrent de l’économie tunisienne : des indicateurs donnant l’apparence d’une certaine stabilité alors qu’en profondeur, les déséquilibres continuent de s’accumuler.
« La crise étouffante de cet été révèle un schéma récurrent dans l’économie tunisienne : une stabilité apparente des indicateurs qui dissimule une érosion structurelle cumulative », écrit-il.
Selon l’économiste, la crise n’est donc pas conjoncturelle et ne saurait être expliquée par ce qu’il qualifie de facteurs « imaginaires aux yeux des décideurs ». Elle est, affirme-t-il, « le résultat direct d’une incapacité en matière de planification, d’anticipation et de suivi ».
De l’électricité à l’eau, une crise qui se propage
Aram Belhadj pointe comme illustration de cette situation le déficit chronique d’investissement au sein de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) et de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede).
Selon son analyse, le choc énergétique s’est transmis à travers la chaîne de production pour se transformer en choc sur l’eau, puis en choc sur l’embouteillage. Une succession qui permet, à ses yeux, de mesurer les conséquences du sous-investissement dans des infrastructures essentielles.
Cette lecture intervient alors que la Tunisie connaît cet été des coupures répétées d’électricité, parallèlement à des perturbations de l’approvisionnement en eau. Les difficultés électriques ont notamment affecté les infrastructures de pompage de la Sonede, tandis que le marché de l’eau embouteillée a lui aussi connu des perturbations.
Aram Belhadj juge, par ailleurs, que la plupart des explications avancées pour expliquer la crise passent à côté du problème. Il considère également que les mesures adoptées se sont concentrées sur l’offre sous l’angle des prix plutôt que sur la capacité de production.
Il dénonce ainsi une approche qui, selon lui, s’attaque aux symptômes plutôt qu’aux causes profondes du mal, une logique qui ne se limiterait d’ailleurs pas à la crise actuelle. « C’est un schéma politique qui traite les symptômes apparents sans s’attaquer aux racines du déséquilibre, exactement comme dans de nombreux autres secteurs », souligne-t-il.
Le projet de Loi de finances 2027 comme occasion de corriger le tir
Pour l’économiste, le projet de Loi de finances (PLF) 2027 pourrait constituer une occasion de commencer à corriger ce qu’il qualifie de situation « catastrophique ». Les solutions ne passent toutefois pas nécessairement, selon lui, par une augmentation des dépenses publiques.
Aram Belhadj avance à ce titre un déficit budgétaire représentant 5,2% du PIB et une dette publique à 83% du PIB, des niveaux qui, selon lui, ne permettent pas d’élargir davantage les dépenses publiques.
Il propose d’abord de régler les dettes croisées entre l’État, la Steg et la Sonede afin de libérer immédiatement des liquidités pour les deux entreprises publiques.
Il préconise également de réorienter une partie de l’enveloppe consacrée aux subventions énergétiques vers l’investissement dans les réseaux. Une autre piste consisterait à renforcer les partenariats public-privé (PPP) dans le solaire décentralisé, une évolution qui nécessiterait, souligne-t-il, « un changement de mentalité à l’égard du secteur privé ».
L’économiste appelle aussi à s’attaquer aux pertes d’eau, qu’il chiffre à plus de 30%. Il estime qu’elles pourraient être réduites à un coût limité grâce à des programmes de maintenance ciblés géographiquement, en donnant la priorité aux régions les plus touchées, citant notamment Le Kef et Jendouba.
Enfin, il préconise de mobiliser des financements extérieurs dédiés, sous la forme de prêts concessionnels accordés par des institutions régionales, afin de financer les investissements nécessaires sans alourdir davantage le budget de l’État.
Les infrastructures vitales plutôt que le seul équilibre des chiffres
Au-delà de ces différentes mesures, Aram Belhadj appelle surtout à revoir les critères à l’aune desquels la politique budgétaire est évaluée. Pour lui, la recherche des équilibres macroéconomiques ne suffit plus si elle s’accompagne d’un investissement insuffisant dans les infrastructures essentielles.
« La Loi de finances de l’année prochaine est appelée à adopter un nouveau critère, si le pouvoir exécutif veut éviter les prochaines crises : l’adéquation de l’investissement dans les infrastructures vitales, et pas seulement l’équilibre des chiffres globaux », conclut-il.
Pour l’économiste, l’enjeu du PLF 2027 sera donc de trouver les moyens de réinvestir dans les infrastructures essentielles malgré des marges budgétaires contraintes, afin d’éviter que les fragilités accumulées ne débouchent sur de nouvelles crises.

I.N.











Commentaire
le financier
Les societes communautaires et le.budget faramineux qui leurs sont allouès reglera le probleme de 8 ans d un president qui tourne boire des cafès pendant la nuit au lieu de signer des contrat et des decrets pour allouer a la steg les moyens d augmenter sa production. 8 ans de glandouilles a brasser du vent et rien faire va finir par ce payer