La pénurie d’eau minérale ne touche pas seulement les ménages qui peinent à trouver quelques bouteilles dans les commerces. Elle atteint désormais des structures pour lesquelles l’eau n’est pas une commodité, mais un besoin vital. C’est le cas de l’association Diar el Amal, qui accueille des bébés abandonnés à la naissance et qui vient de lancer un appel urgent pour pouvoir assurer leur alimentation.
Dans un message publié vendredi 28 août 2026, l’association alerte sur une situation devenue particulièrement préoccupante. Les coupures d’eau et l’indisponibilité de l’eau minérale mettent en difficulté la préparation quotidienne des biberons des nourrissons qu’elle prend en charge.
« Nos bébés ont besoin d’eau minérale, elle est indispensable à la préparation du lait et à leur alimentation quotidienne », souligne l’association dans son appel.
Des mots simples, mais qui prennent une tout autre dimension lorsqu’il s’agit de nourrissons abandonnés à la naissance, entièrement dépendants des adultes pour chacun de leurs besoins.
« Ces petits ne peuvent pas attendre… et ne peuvent exprimer leur besoin que par leurs pleurs », rappelle Diar el Amal, qui appelle les personnes en mesure de le faire à contribuer à l’approvisionnement de l’association en eau minérale.
Une bouteille qui devient une nécessité
« Une bouteille d’eau est quelque chose de simple pour nous… mais pour un bébé, c’est une nécessité dont il ne peut se passer », insiste l’association.
Diar el Amal appelle ainsi aux dons et à la solidarité afin que les enfants qu’elle accueille ne soient privés d’aucun de leurs besoins essentiels. Un appel particulièrement symbolique alors que la Tunisie traverse depuis plusieurs jours une pénurie d’eau minérale qui ne se limite plus à quelques références ou à quelques régions.
Derrière les rayons vides et les files d’attente, ce sont aussi des établissements, des personnes vulnérables et des structures d’accueil qui se retrouvent confrontés aux conséquences d’une crise qu’ils ne peuvent résoudre seuls.
Une crise de l’eau qui devient une crise du quotidien
La situation de Diar el Amal vient surtout rappeler que la pénurie actuelle ne peut être regardée uniquement sous l’angle de la disponibilité des bouteilles dans les commerces.
La succession des coupures d’eau et d’électricité, l’état vieillissant d’une partie des infrastructures hydrauliques, les difficultés d’approvisionnement et l’absence de réponses suffisamment anticipées ont progressivement transformé une question de gestion des ressources en une succession de problèmes très concrets pour les citoyens.
On l’a vu avec les perturbations de l’approvisionnement en eau potable, les coupures d’électricité et leurs répercussions sur les réseaux, mais aussi avec les difficultés rencontrées par les commerces et les consommateurs pour se procurer de l’eau minérale en pleine période de fortes chaleurs.
L’appel de Diar el Amal en donne aujourd’hui une image particulièrement saisissante. Dans un pays où l’eau manque, des bébés abandonnés à la naissance dépendent de la solidarité pour avoir de quoi préparer leur lait.
Il ne s’agit ni de confort, ni de constituer des réserves, ni de choisir entre plusieurs marques. Il s’agit simplement de pouvoir préparer le prochain biberon.
L’association termine son appel par une formule qui résume l’urgence de la situation : « Soyez une cause pour donner à boire à un enfant… et soyez pour lui un espoir. »
Dans l’immédiat, Diar el Amal demande donc aux personnes souhaitant aider de contribuer à fournir de l’eau minérale aux nourrissons qu’elle accueille. Car lorsque l’eau devient rare, les plus fragiles sont souvent les premiers à en payer le prix.

R.B.H










