Coupures massives d’électricité, manque d’eau, pertes dans les boulangeries et exaspération des habitants : la députée Fatma Mseddi a livré, dans la nuit du jeudi 27 août 2026, une charge particulièrement sévère contre la gestion de la situation à Sfax. Interpellant directement le président de la République, Kaïs Saïed, elle l’a invité à se rendre sur place et, surtout, à tirer les conséquences de son discours sur les « conspirateurs » : s’ils existent, dit-elle, leurs noms doivent être révélés et ils doivent être jugés publiquement.
« Je suis dans un état de grande colère ». Fatma Mseddi n’a pas caché son exaspération dans une longue vidéo publiée sur Facebook. La députée a alerté les responsables et directement le chef de l’État sur une situation à Sfax qu’elle considère désormais comme insoutenable.
Les projets bloqués ne sont même plus, à l’entendre, le premier problème. Les difficultés touchent désormais des besoins aussi élémentaires que l’eau, l’électricité ou encore le pain.
Elle raconte ainsi s’être rendue dans une boulangerie et avoir constaté les conséquences directes des coupures de courant : pâte et marchandises perdues, production interrompue et pain jeté. Un exemple qui illustre, à ses yeux, la dégradation du quotidien dans le gouvernorat.
« Sfax est quasiment en black-out »
Si les coupures d’électricité ne concernent pas uniquement Sfax, Fatma Mseddi estime que leur ampleur dans la région a franchi un nouveau seuil. Elle évoque un gouvernorat « presque en black-out », où des zones entières peuvent être privées simultanément de courant.
La députée affirme que le black-out enregistré la veille aurait touché « 80% de Sfax, voire davantage ».
« Est-ce devenu normal qu’un gouvernorat entier soit privé d’électricité ? », s’est-elle interrogée, refusant que la répétition des coupures finisse par banaliser la situation.
Elle a également évoqué les conséquences sur les commerces, les services et les personnes vulnérables, notamment les malades dépendant d’équipements nécessitant une alimentation électrique.
Fatma Mseddi assure avoir alerté sur les fragilités du secteur électrique depuis plusieurs semaines, avant même les vacances parlementaires. Elle rappelle avoir soulevé le dossier lors d’une séance plénière et évoqué des études ayant averti du risque de coupures si les difficultés du secteur n’étaient pas anticipées.
« Venez à Sfax, les choses ne sont pas sous contrôle »
La députée est également revenue sur la réunion présidée par Kaïs Saïed consacrée à la situation énergétique. Elle dit avoir attendu des décisions ou, au minimum, l’annonce de mesures susceptibles d’améliorer la situation.
Elle affirme cependant n’avoir entendu qu’une répétition de discours déjà tenus, notamment sur l’existence de personnes qui conspireraient et sur une situation présentée comme étant sous contrôle.
Fatma Mseddi a alors directement interpellé le président de la République, l’invitant à se rendre à Sfax.
« Je ne sais pas ce qu’on vous transmet exactement, ni si les informations qui vous parviennent sont erronées. Venez faire une visite à Sfax et voyez par vous-même. Les choses ne sont plus sous contrôle », a-t-elle lancé.
« Donnez leurs noms et jugez-les devant le peuple »
Et si des personnes sont effectivement responsables de manœuvres visant le secteur électrique, Fatma Mseddi réclame désormais que le discours soit suivi d’actes.
« S’il y a des conspirateurs, ils doivent être jugés », a-t-elle martelé.
La députée réclame que leurs identités soient rendues publiques et qu’ils répondent de leurs actes « devant tout le peuple », allant jusqu’à demander l’organisation de « procès publics ».
« Donnez-nous leurs noms, annoncez-les et jugez-les devant tout le peuple. Faites des procès publics », a-t-elle lancé, estimant que la population ne peut continuer à subir les conséquences de la crise dans l’attente d’une éventuelle reddition des comptes.
Fatma Mseddi affirme être quotidiennement sollicitée par des habitants à bout, qui lui disent ne plus supporter les coupures et la dégradation de leurs conditions de vie. « Sfax bouillonne », a-t-elle averti.
Le gouvernement qualifié de « muet » et d’« échec »
La charge de la députée ne s’est pas limitée à la situation énergétique. Fatma Mseddi a vivement critiqué le gouvernement, auquel elle reproche de ne pas recevoir les députés, de ne pas répondre à leurs questions écrites et orales et de ne pas communiquer avec les citoyens.
« Parlez aux citoyens ! Dites-leur ce qui se passe, ce que vous allez faire et quels programmes vous avez préparés », a-t-elle lancé.
Elle a notamment insisté sur le droit des citoyens à connaître les mesures prévues pour éviter que les mêmes difficultés se reproduisent. « Nous sommes des citoyens. Nous avons droit à l’eau et nous avons droit à l’électricité », a-t-elle martelé.
La députée a également interpellé Kaïs Saïed sur l’absence de ministre chargé de l’Énergie, réclamant la nomination d’un responsable qui puisse se consacrer pleinement à ce dossier.
Elle a appelé ses collègues députés à tenir une réunion d’urgence sur les coupures d’eau et d’électricité à Sfax et souhaité que les vacances parlementaires soient interrompues afin que l’Assemblée puisse se saisir de la situation.
M.B.Z











2 commentaires
HatemC
Faut trancher définitivement sur les accusations récurrentes de complot.
Il commence a nous courrir surl’estomac avec ses accusations farfelues ….
La désignation de « traîtres » ou de « conspirateurs » invisibles sert régulièrement de levier pour unifier une base électorale, justifier des difficultés socio-économiques et maintenir une tension sécuritaire propice au pouvoir personnel…. Faut ramener le débat sur le terrain juridique et contraindre le pouvoir à étayer ses accusations par des éléments tangibles.
La répétition constante d’une menace interne finit par créer une polarisation extrême : d’un côté, une adhésion inconditionnelle de la base populaire ; de l’autre, un scepticisme croissant face à l’absence de résultats économiques et sociaux.
Roberto Di Camerino
Pourquoi attacquer le president?, il n’y est pour rien, il a lancé des projets de construction de centrales electriques , de dessalinisation de l’eau de mer, mais les comploteurs les ont toutes detruites,… enfin c’est ce qu’il pense.