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Niger : tirs nourris à Niamey, des mutins ciblent des sites sensibles et le palais présidentiel

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    Des échanges de tirs nourris ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi à Niamey, où un groupe de soldats en rupture avec la hiérarchie militaire a tenté de s’emparer de plusieurs sites sensibles de la capitale, dont les abords du palais présidentiel. Le régime militaire au pouvoir affirme avoir repris progressivement le contrôle de la situation.

    Selon des riverains cités par l’AFP, des tirs et des détonations ont commencé vers 1h du matin, heure locale, au niveau de la base 101 de l’armée de l’air, située à proximité de l’aéroport international de Niamey. Les échanges de tirs se sont poursuivis durant une partie de la matinée.

    « Tout est redevenu calme, on n’entend plus de tirs », a témoigné en fin de matinée un habitant du quartier de Yantala, situé près de la présidence.

    Une autre habitante du quartier de la Poudrière a raconté avoir été réveillée par les tirs : « On a eu trop peur, ça tirait trop, je me suis cachée sous le lit tellement j’ai eu peur. » Un riverain de Talladjé, également proche de l’aéroport, a évoqué des tirs si importants que « les murs tremblaient ».

    Tentative contre le palais présidentiel

    La situation a pris une tournure particulièrement sensible avec une tentative de pénétration dans le palais présidentiel.

    « Il y a eu une tentative de pénétrer dans le palais présidentiel par des insurgés issus des forces armées nigériennes. Ils ont été repoussés par la garde présidentielle », a indiqué dans la matinée à l’AFP une source sécuritaire basée en Afrique de l’Ouest.

    Un diplomate africain présent à Niamey a confirmé que, pour le moment, « la garde est restée loyale » au général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire arrivé au pouvoir après le coup d’État de juillet 2023.

    Les accès à la présidence et à la télévision nationale étaient également bloqués samedi matin par des militaires, qui obligeaient les automobilistes à faire demi-tour, selon des résidents de Niamey.

    Le signal de la télévision publique a par ailleurs été interrompu pendant un peu plus d’une heure avant de reprendre vers 10h.

    La junte affirme avoir repris le contrôle

    Face à cette situation, le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody, a affirmé que les forces de sécurité étaient parvenues à contenir la mutinerie.

    « Un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire a entrepris de séquestrer certains de leurs camarades dans la caserne de la base 101 de Niamey et d’effectuer des tirs sur certains sites sensibles de la ville de Niamey », a-t-il déclaré dans un communiqué lu à la télévision publique.

    Selon lui, « la prompte réaction des forces de défense et de sécurité a permis de circonscrire ce mouvement d’humeur et de reprendre progressivement le contrôle de ces sites ».

    Le ministre a appelé la population à « garder son calme et vaquer librement à ses occupations ».

    Le député nigérien du Parlement de l’Alliance des États du Sahel (AES), Ibrahim Bana, a lui aussi affirmé sur Facebook que « la situation est totalement sous contrôle de la Garde présidentielle ».

    Une base militaire hautement stratégique

    Les affrontements se sont notamment concentrés autour de la base 101 de l’armée de l’air, attenante à l’aéroport international de Niamey.

    Le site abrite notamment le quartier général des partenaires russes du Niger, Africa Corps, ainsi que l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel, formée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

    La base avait également accueilli, entre décembre et janvier, une importante cargaison de concentré d’uranium qui attendait d’être exportée. Aucun mouvement de cette cargaison n’a toutefois été identifié depuis.

    Cette nouvelle flambée de violences intervient dans une capitale déjà ciblée à deux reprises cette année par des attaques jihadistes. En janvier, l’aéroport international de Niamey avait été visé par l’État islamique. Fin juin, une attaque attribuée au JNIM, branche sahélienne d’Al-Qaida, avait de nouveau ciblé l’aéroport. Cette dernière avait fait onze morts parmi les soldats et deux parmi les civils.

    Le régime militaire avait alors évoqué « une faille dans le dispositif » sécuritaire ayant permis l’attaque.

    Une nouvelle épreuve pour la junte

    C’est la troisième fois cette année que Niamey connaît des échanges de tirs, mais les épisodes précédents étaient liés à des attaques jihadistes. Cette fois, les violences impliquent directement des membres des forces armées nigériennes, dans un contexte où le général Abdourahamane Tiani dirige le pays depuis le coup d’État de juillet 2023.

    Depuis son arrivée au pouvoir, la junte a profondément réorienté les alliances du Niger, rompant notamment avec la France et se rapprochant de la Russie.

    Le Niger, comme le Burkina Faso et le Mali, est confronté depuis le milieu des années 2010 à une importante insurrection jihadiste. Les trois pays, désormais gouvernés par des juntes, ont constitué l’Alliance des États du Sahel (AES) et ont progressivement éloigné les partenaires occidentaux au profit notamment de la Russie.

    Les violences jihadistes restent particulièrement meurtrières dans l’ouest du Niger, notamment dans la région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso.

    Le régime de Niamey accuse régulièrement la France de soutenir les groupes jihadistes dans le but de déstabiliser le pays, des accusations rejetées par Paris.

    À ce stade, les autorités nigériennes affirment donc avoir repris le contrôle des sites visés, après plusieurs heures de tirs dans la capitale.

    BN avec AFP

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