La section régionale de l’Ordre national des avocats de Tunisie (Onat) à Monastir a réagi, vendredi 28 août 2026, à des informations faisant état de décès parmi les détenus de la prison civile de Monastir. À ce stade, aucune information officielle permettant de confirmer ces décès, leur nombre ou leurs circonstances n’a été rendue publique.
Dans un communiqué signé par son président, Nabil Fkih, le Conseil de la section régionale a fait part de sa « profonde préoccupation » face aux informations en circulation et aux inquiétudes qu’elles suscitent quant aux conditions de détention et à la prise en charge sanitaire au sein de l’établissement pénitentiaire.
Le Conseil a rappelé que la privation de liberté ne faisait perdre au détenu ni son droit à la vie et à la dignité, ni son droit aux soins. Il estime que l’État et l’administration pénitentiaire demeurent responsables de l’intégrité physique et psychologique des détenus et doivent leur garantir des conditions de détention respectueuses de la dignité humaine et de la loi.
Des enquêtes réclamées si des décès sont avérés
Face aux informations actuellement en circulation, la section régionale de l’Onat demande qu’une enquête judiciaire soit ouverte sur chaque éventuel décès afin d’en déterminer les causes et d’établir les responsabilités, le cas échéant.
Elle réclame également que les familles concernées, l’opinion publique et les organisations de défense des droits humains soient informées des résultats des examens médicaux et des rapports officiels relatifs à ces cas.
Le Conseil insiste sur le fait qu’un décès en milieu carcéral ne saurait être considéré comme « un incident ordinaire » ou « un simple chiffre » et estime que tout cas avéré doit faire l’objet d’investigations, avec établissement des responsabilités si des défaillances sont constatées.
Il demande également que les familles puissent connaître les circonstances exactes d’un éventuel décès et exercer leur droit de recours et de demande de comptes.
Les conditions de détention également dans le viseur
Au-delà des informations concernant d’éventuels décès, le Conseil demande l’ouverture d’une enquête sérieuse sur les conditions de détention à la prison civile de Monastir, notamment la surpopulation carcérale, l’hygiène, l’alimentation et la prise en charge sanitaire.
Il appelle à renforcer immédiatement les soins médicaux et les interventions d’urgence au sein de l’établissement et à garantir le transfert rapide des cas graves vers les hôpitaux lorsque leur état l’exige.
La section régionale appelle également les autorités judiciaires de la région à faire preuve de mesure dans la délivrance des mandats judiciaires, invoquant le respect de la présomption d’innocence.
Enfin, elle tient le ministère de la Justice, en sa qualité d’autorité de tutelle, pour responsable de la mise à disposition des moyens nécessaires afin de garantir des conditions de détention répondant aux exigences minimales de dignité, ainsi que les effectifs administratifs et médicaux nécessaires.
M.B.Z












2 commentaires
Gg
La canicule tue partout, même en prison.
ali.labyedh
La canicule ne tue pas des hommes de vingt ans ni en prison ni en dehors