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Vague de chaleur : le ministère de la Santé évoque 633 prises en charge, mais pas de décès

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    Alors que la canicule continue de peser sur la Tunisie, le ministère de la Santé assure que le dispositif sanitaire reste sous contrôle. Dans un communiqué publié samedi 29 août 2026, il fait état de 633 consultations et prises en charge sanitaires liées aux effets de la vague de chaleur depuis le 1er juillet, tout en affirmant qu’aucune interruption dans la continuité des services de santé n’a été enregistrée.

    Un bilan qui tranche avec les alertes lancées, le même jour, par des organisations représentant les professionnels de santé. La Société tunisienne de médecine d’urgence a décrit une « situation exceptionnelle » marquée par une forte hausse des températures et un afflux important de patients dans les services d’urgence. L’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a, pour sa part, évoqué une hausse « sans précédent » des décès et des hospitalisations liés aux coups de chaleur et aux températures élevées. La députée Fatma Mseddi a livré, quant à elle, un témoignage de terrain et a affirmé avoir constaté une situation « choquante » au service des urgences de l’hôpital Habib-Bourguiba à Sfax et réclame une enquête sur des décès qui lui ont été signalés.

    Le ministère met en avant 633 prises en charge

    Dans son communiqué, le ministère de la Santé indique suivre l’évolution de la situation sanitaire en coordination avec les structures régionales de santé.

    Entre le 1er juillet et le 29 août 2026, 633 cas ayant nécessité une consultation ou une prise en charge sanitaire en lien avec les conséquences de la vague de chaleur ont été enregistrés, selon les chiffres communiqués par le ministère.

    Le département ne fournit toutefois pas, dans son communiqué, de détail sur la nature de ces prises en charge, leur répartition géographique ou leur évolution au fil des semaines.

    Le ministère affirme par ailleurs qu’aucune perturbation de la continuité des services de santé n’a été enregistrée. Il assure que les mécanismes de coordination et de suivi ont été activés aux niveaux local et régional afin d’anticiper l’évolution de la situation et de mobiliser les ressources nécessaires.

    Le communiqué s’attarde également sur la mobilisation des cadres médicaux, paramédicaux et administratifs ainsi que sur l’ensemble des structures intervenant dans l’accueil et la prise en charge des patients.

    Un discours rassurant face aux alertes des urgentistes

    Ce bilan officiel intervient pourtant dans un contexte où plusieurs voix du secteur de la santé décrivent une pression beaucoup plus importante sur les structures hospitalières.

    La Société tunisienne de médecine d’urgence a appelé samedi l’ensemble des établissements de santé à renforcer leur mobilisation afin de mettre davantage de lits d’hospitalisation à disposition et de faciliter l’orientation des patients depuis les urgences.

    L’objectif affiché est notamment de désengorger les services d’urgence, confrontés, selon l’organisation, à un afflux important de patients. Elle a évoqué une « situation exceptionnelle » et souligné la pression exercée sur les équipes médicales, hospitalières et préhospitalières.

    La société a également appelé à soutenir les professionnels de santé qui assurent la prise en charge des cas urgents, graves ou susceptibles d’engager le pronostic vital.

    L’OTJM évoque une hausse « sans précédent » des décès

    Plus alarmant encore, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins a affirmé que les services d’urgence connaissaient une hausse « sans précédent » des décès et des hospitalisations provoqués par les coups de chaleur et les températures élevées.

    L’OTJM a également fait état de décès de détenus dans plusieurs services d’urgence, sans toutefois communiquer de chiffres ni fournir davantage de précisions sur ces cas.

    L’organisation a décrit des médecins et des infirmiers en situation « d’épuisement extrême », estimant que la pression exercée sur les équipes dépassait les capacités du système de santé.

    Elle a par ailleurs affirmé que les services compétents du ministère de la Santé avaient recensé les décès, les cas de coups de chaleur ainsi que les capacités d’accueil des services de réanimation. L’OTJM déplorait cependant l’absence de publication d’un bilan officiel détaillé et avait réclamé la déclaration immédiate de l’état d’urgence sanitaire.

    À Sfax, une députée décrit une situation « choquante »

    Les alertes des professionnels de santé trouvent également un écho dans le témoignage livré samedi par la députée Fatma Mseddi, après une visite au service des urgences de l’hôpital universitaire Habib-Bourguiba de Sfax.

    Dans une publication sur Facebook, l’élue affirme avoir découvert des conditions difficiles, avec un service soumis à une forte pression alors que la vague de chaleur et les coupures d’électricité viennent compliquer davantage la prise en charge des patients.

    Fatma Mseddi rapporte également avoir recueilli des témoignages de citoyens et d’accompagnants faisant état de décès, notamment parmi des personnes âgées, qui seraient survenus dans ce contexte.

    La députée prend toutefois ses précautions et précise qu’elle ne souhaite pas se substituer à l’enquête médicale. Elle estime néanmoins que les faits qui lui ont été rapportés nécessitent une enquête urgente afin de déterminer les causes des décès et les éventuels facteurs ayant pu aggraver l’état des patients.

    Son interpellation porte également sur les capacités d’accueil. Elle s’interroge notamment sur le fait qu’un seul service d’urgence à Sfax puisse avoir à absorber une telle pression et demande pourquoi les capacités de l’hôpital militaire n’ont pas été mobilisées pour soulager les structures hospitalières.

    Elle évoque aussi la possibilité de mettre en place un hôpital de campagne ou un espace d’urgence temporaire, afin de désengorger les services et d’éviter que la situation ne se dégrade davantage.

    Pour la députée, l’enjeu est désormais de savoir où se trouve le plan d’urgence et qui assume la responsabilité de protéger les patients qui ne peuvent pas attendre.

    Pas de bilan sur les décès

    C’est précisément sur ce point que le décalage entre les différentes communications apparaît le plus nettement.

    Alors que le ministère de la Santé communique sur 633 consultations et prises en charge et insiste sur l’absence de perturbation des services, les organisations représentant les médecins et la députée décrivent, elles, des urgences sous forte pression et font état d’une hausse importante des hospitalisations et des décès liés à la chaleur.

    Le communiqué du ministère ne mentionne aucun décès lié à la vague de chaleur et ne donne pas non plus de bilan sur les hospitalisations, les admissions en réanimation ou la situation dans les services d’urgence.

    À ce stade, le seul chiffre communiqué officiellement par le ministère concernant les conséquences sanitaires de la vague de chaleur est donc celui de 633 consultations et prises en charge enregistrées entre le 1er juillet et le 29 août.

    Les recommandations du ministère

    Face à la poursuite des fortes chaleurs, le ministère appelle de nouveau la population à éviter l’exposition directe au soleil pendant les heures les plus chaudes, à boire suffisamment d’eau et à accorder une attention particulière aux personnes âgées, aux enfants et aux personnes souffrant de maladies chroniques.

    Il recommande également de se rendre dans l’établissement de santé le plus proche en cas d’apparition de signes d’épuisement liés à la chaleur.

    Le ministère assure enfin que les moyens médicaux et techniques nécessaires continueront d’être mobilisés dans les différentes régions du pays.

    R.B.H

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