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Le silence mortel de l’État face à la mort de ses citoyens

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Par Sofiene Ben Hamida

    Par Sofiene Ben Hamida

    Le ministère de la Santé a indiqué dans son plus récent communiqué que plus de six cents personnes ont été prises en charge par les hôpitaux tunisiens depuis juillet dernier pour des problèmes de santé liés à la canicule qui frappe le pays. Le communiqué insiste, bien entendu, sur le fait que cette prise en charge a été exemplaire grâce aux efforts du personnel médical et paramédical, mais aussi et surtout grâce aux plans déployés par les structures et les directions centrales et régionales de la santé.

    Bref, circulez, il n’y a rien à voir. Tout se passe dans les meilleures conditions et les urgences, comme les autres services hospitaliers, fonctionnent à merveille comme une horloge suisse. Ils fonctionnent tellement bien que l’hôpital Tahar Sfar à Mahdia a refusé, par ce temps caniculaire, de recevoir un don d’un particulier qui a fait des centaines de kilomètres pour lui apporter du matériel de refroidissement.

    Seulement, ce tableau édulcoré dépeint par le ministère de la Santé se trouve à l’opposé de la réalité du terrain décrite par ceux qui sont en contact direct avec cette réalité. Les médecins, infirmiers et personnels des différentes structures hospitalières nous renvoient en effet une image catastrophique des services d’urgence débordés, du manque de lits dans les services pour accueillir les victimes de cette canicule et de l’essoufflement de l’ensemble du personnel médical qui n’arrive plus à suivre la cadence. D’ailleurs, plusieurs voix appellent depuis quelque temps le ministère de la Santé à décréter l’état d’urgence sanitaire.

    Une réalité de terrain que l’État refuse de voir

    Mais ces appels n’avaient aucune chance d’être entendus par un ministère qui a choisi de privilégier les rapports administratifs aux témoignages, qui ne veut rien entendre, qui est dans le déni absolu et qui surtout, ne veut pas donner raison à de jeunes médecins qui se battent depuis des semaines jusqu’à s’effondrer pour trouver un lit, pour réhydrater ou mettre sous oxygène une victime de la canicule, pour éviter de la voir mourir alors qu’elle aurait pu être sauvée. D’ailleurs, le communiqué du ministère de la Santé s’est abstenu soigneusement de mentionner le nombre des décès enregistrés durant cette vague de canicule.

    Partout dans le monde, même dans les pays où le système de santé dépasse le nôtre de plusieurs années-lumière, la canicule a fait des ravages et causé plusieurs milliers de morts. Chez nous, parce que l’État l’a décidé, il n’y a eu aucun décès. Même si la couleuvre est trop grosse et nous reste en travers la gorge, on nous demande de l’avaler et de faire confiance à l’État.

    Mais comment faire confiance à l’État quand ce dernier ne fait pas confiance à ses administrés, ne les considère pas comme des partenaires à part entière, leur cache la vérité et les prend pour des crétins ? En voici deux cas récents du silence méprisant de l’État : un silence qui tue.

    Quand le silence de l’État devient mortel

    Le premier concerne des cas de décès présumés de prisonniers, à cause de la canicule, enregistrés dans les centres de détention tunisiens. Dans une déclaration de son président, la Ligue des droits de l’Homme fait état de cinq décès parmi les détenus des prisons du Grand Tunis en une seule journée. Deux autres avocats au moins ont annoncé le décès de leurs clients dans les prisons de Monastir et de Mahdia, à cause de la chaleur suffocante dans les établissements pénitentiaires.

    Face à ces affirmations, les autorités ont choisi le silence mortel. Ni le ministère de la Justice, ni le ministère de la Santé n’ont daigné informer les familles des détenus et l’opinion publique de la situation réelle dans les prisons et les mesures prises en période de canicule pour alléger les conditions d’incarcération des détenus.

    Le deuxième exemple est celui des naufragés de Ben Guerdane. Quinze jeunes ont perdu la vie en tentant de quitter le pays dans une embarcation de fortune. Leur décès a endeuillé toute une ville. Le cri d’un jeune qui repêchait le corps de son frangin, « Ya oukhaiy, c’est mon frère », a ébranlé tout un peuple. Sauf l’État qui s’est limité à une gestion technique, statistique et administrative.

    Cette démarche, quoiqu’efficace, manquait douloureusement de compassion. Lors des funérailles collectives de ces jeunes, aucun représentant de haut rang de l’État n’a fait le déplacement dans la ville qui a tant donné au pays mais que l’État de son pays, jusqu’au dernier moment, a tourné le dos à ses enfants.

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    2 commentaires

    1. Mohamed Mabrouk

      Répondre
      31 août 2026 | 3h22

      Le marxisme combat la compassion, qu’elle soit vue comme un devoir religieux ou vecue comme un penchant naturel. Car il refuse d’attendre la justice de l’au-dela et dit: « L’histoire elle meme rend la justice et le proletariat en execute la sentence ». Il dit aussi « L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence de son bonheur réel ».
      Dans cet esprit, il est injuste d’heriter plus que les autres, que ce soit de l’argent ou un niveau intellectuel.
      L’elite intellectuelle devient donc illegitime et n’a plus son mot a dire. C’est le peuple qui juge, et qui sait.
      Le resultat est le contraire du but initial: les gens qui, de generation en generation, ont fourni le plus d’effort, que ce soit pour se rendre utiles en produisant des biens ou en accumulant des connaissances, sont punis.
      Les productions de biens et de connaissances diminuent. La situation materielle ou le niveau intellectuel du peuple diminue aussi sous vos yeux. Lui qui pensait tout obtenir en se revoltant, se retrouve plus miserable et ignorant. Ses enfants se noient en mer pour le fuire.
      Le coran dit aux marxistes « est ce eux qui partagent la grace de dieu? Nous partageons entre eux leur subsistance et avons disposé certains au dessus d’autres pour que les uns dependent des autres, et la grace de dieu est meilleure que ce qu’ils accumulent »
      Dans ce verset il y a la clé de l’harmonie et du progres social. Les riches et les pauvres s’entraident. La grace de dieu est meilleure que les biens materiels car elle recompensera les gens patients et compassionnés dans ce monde et dans l’au-dela.
      Ils diront « assez de morale! » Et pourtant vous voyez se derouler devant vous la debacle.

      Alors svp revenez au coran. Appliquez le marxisme en tant qu’exigence d’egalité envers vous meme, non envers ceux qui possedent plus que vous. Laissez dieu les juger si vous etes croyants, comme dans le dialogue entre le riche et le pauvre dans sourat el kahf, un dialogue qui indique l’attitude constructive d’un pauvre face a l’arrogance d’un riche, bien plus utile a tous que l’intransigeance marxiste.
      Revenez au coran et la compassion entre tout le monde regnera a la place de la mefiance

    2. Hannibal

      Répondre
      30 août 2026 | 18h10

      Le stock de compassion est limitée et on préfère le réserver aux accidents chez le voisin de l’ouest et aux mafiosi qui bloquent Ormuz

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