Une publication largement relayée sur Facebook affirme que la Tunisie et l’Algérie auraient lancé un projet commun visant à construire la plus grande centrale électrique de Tunisie, d’une capacité de 1 400 mégawatts. La publication présente cette annonce comme un projet déjà engagé, dans un contexte où les coupures d’électricité et les difficultés d’approvisionnement ont suscité de nombreuses réactions en Tunisie.

En effet, un projet de centrale de 1 400 MW a bien été évoqué par les autorités algériennes et tunisiennes, mais il s’agissait, à ce stade, d’une proposition de projet discutée en mai 2026, et non du lancement officiel de la construction d’une centrale.
La réunion à l’origine de cette publication remonte au 24 mai 2026. Ce jour-là, le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjjal, a reçu à Alger une délégation de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), conduite par son président-directeur général, Faisal Tarifa.
Selon le communiqué officiel du ministère algérien, les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération énergétique entre les deux pays, notamment sur l’approvisionnement de la Tunisie en électricité, le projet d’interconnexion électrique entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye, ainsi que sur une proposition de réalisation d’une centrale électrique à cycle combiné d’une capacité de 1 400 MW sur le territoire tunisien.

Le terme est important, le communiqué parle bien d’une proposition de projet. Il ne fait pas état d’un lancement des travaux, d’un contrat de construction signé, d’un calendrier de réalisation ou d’un financement arrêté.
La formulation diffusée sur Facebook transforme donc une proposition examinée lors d’une réunion en un projet présenté comme déjà lancé.
Que signifie 1 400 MW ?
Les 1 400 MW mentionnés dans le communiqué correspondent à la puissance électrique envisagée pour la future centrale. À titre de comparaison, la puissance installée du parc national tunisien était d’environ 5 983 MW en 2024, dont 5 955 MW pour la Steg. Une centrale de 1 400 MW représenterait donc une capacité considérable à l’échelle du système électrique tunisien.
La technologie évoquée est celle du cycle combiné, qui associe une turbine à gaz et une turbine à vapeur afin de récupérer une partie de la chaleur produite et d’améliorer le rendement de la centrale. Cette technologie occupe déjà une place importante dans le parc tunisien en 2024, les centrales à cycle combiné représentaient 2 528 MW de la puissance installée de la Steg.
La circulation de cette publication intervient également dans un contexte marqué par des coupures d’électricité dans plusieurs régions du pays. Depuis le mois de juillet, la Steg avait annoncé à plusieurs reprises la possibilité de recourir à des coupures périodiques afin de préserver la sécurité et la pérennité du système électrique, notamment pendant les périodes de forte consommation liées aux températures élevées. Des avis concernaient le Grand Tunis, le Nord, le Centre, le Sud et plusieurs autres régions.
Le contexte explique ainsi en partie pourquoi l’annonce d’une centrale de 1 400 MW peut susciter un intérêt important sur les réseaux sociaux. Mais les difficultés actuelles du réseau ne signifient pas que cette nouvelle centrale est déjà en construction ou qu’elle permettra de résoudre immédiatement les coupures.
La publication s’appuie sur un fait réel, mais le présente de manière inexacte.
R.A.












