L’ancien ministre et dirigeant politique Mohamed Abbou a dénoncé, mardi 1er septembre 2026, la situation dans les prisons tunisiennes, établissant un parallèle entre la gestion de la surpopulation carcérale durant la pandémie de Covid-19 et la situation actuelle, marquée notamment par les fortes chaleurs.
« Avant la mort de prisonniers, il était possible d’agir »
Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, Mohamed Abbou estime que l’actuelle situation illustre, selon lui, « la nécessité du changement », évoquant ce qu’il considère comme une paralysie du fonctionnement normal des institutions et des difficultés dans la prise de décision.
Revenant sur les fortes températures enregistrées ces dernières semaines, il estime que le président de la République aurait pu prendre des mesures visant à réduire la pression sur les établissements pénitentiaires, notamment à travers l’établissement, en l’espace d’une journée, de listes de bénéficiaires d’une grâce présidentielle et de libérations conditionnelles.
Selon lui, une telle mesure aurait permis de réduire de « quelques milliers » le nombre de détenus et, par conséquent, la surpopulation carcérale.
Un parallèle avec la période du Covid-19
Mohamed Abbou rappelle qu’en avril 2020, en pleine pandémie de Covid-19, le nombre de personnes incarcérées en Tunisie était, selon les chiffres qu’il cite, descendu à environ 18.000 détenus.
À cette période, le porte-parole officiel de l’Instance générale des prisons et de la rééducation avait indiqué que plus de 5.000 détenus avaient bénéficié, depuis le 20 mars 2020, de décisions de grâce présidentielle et de libération conditionnelle. Ces mesures avaient contribué à faire passer la population carcérale d’environ 23.000 à 18.000 détenus, tandis que d’autres détenus avaient également bénéficié de décisions de libération provisoire prononcées par les autorités judiciaires.
Il compare ce chiffre aux 33.000 détenus qu’il présente comme le dernier nombre disponible sous l’actuelle gouvernance, soulignant ainsi l’ampleur de l’augmentation des effectifs carcéraux.
L’ancien ministre estime que des mesures similaires à celles prises durant la pandémie auraient pu être envisagées face aux conditions actuelles dans les prisons.
« Et si c’était votre mère, votre fille ou votre fils ? »
Dans son message, Mohamed Abbou interpelle également l’opinion publique sur les conséquences humaines de la situation carcérale.
« Et si votre mère, votre fille ou votre fils était en prison pour un accident involontaire, par exemple, et mourait à cause de la chaleur et des conditions de surpopulation ? », demande-t-il en substance.
Il met ainsi en avant la vulnérabilité des personnes détenues et appelle à considérer la question carcérale sous l’angle des conditions de détention et de la protection de la vie humaine.
Les magistrats également mis en cause
Mohamed Abbou évoque enfin le rôle des magistrats, affirmant que certains d’entre eux auraient, selon lui, multiplié les mandats de dépôt par crainte d’être accusés de manquement à leurs obligations.
Une affirmation qui intervient alors que la question de la surpopulation carcérale reste au cœur des débats sur les conditions de détention en Tunisie.
À travers cette publication, l’ancien ministre appelle ainsi à une intervention des autorités pour réduire la pression exercée sur les établissements pénitentiaires et éviter que les conditions climatiques et carcérales ne viennent aggraver davantage la situation des détenus.

S.H












Commentaire
Citoyen_H
LA CARAVANE PASSE, ET
les chiens aboient ……