Au 31 août 2026, l’encours des Bons du Trésor a atteint 37,51 milliards de dinars, en hausse de 25,45% sur un an. Une progression portée exclusivement par les Bons du Trésor Assimilables (BTA), dont l’encours approche désormais les 36 milliards de dinars, tandis que les titres à court terme poursuivent leur recul.
Selon les indicateurs monétaires et financiers quotidiens publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT) et mis à jour mardi 1er septembre 2026, l’encours total des Bons du Trésor s’est établi à 37,51 milliards de dinars à fin août, contre 29,9 milliards de dinars à la même date de l’année précédente. En douze mois, il a ainsi augmenté de 7,61 milliards de dinars, soit une progression de 25,45%.
Plus de 8,8 milliards supplémentaires de BTA
Cette hausse est entièrement portée par les Bons du Trésor Assimilables. Leur encours est passé de 26,95 milliards de dinars au 31 août 2025 à 35,80 milliards de dinars un an plus tard, soit une augmentation de 8,85 milliards de dinars (+32,84%).
La tendance est inverse pour les Bons du Trésor à court terme (BTC). Leur encours est revenu de 2,95 milliards de dinars à 1,71 milliard de dinars sur la même période, soit une baisse de 1,24 milliard de dinars (-42,06%).
La forte progression des BTA a ainsi largement compensé la contraction des BTC et porté l’encours global des Bons du Trésor au-delà du seuil de 37,5 milliards de dinars.
Les BTA représentent plus de 95% de l’encours
La structure des Bons du Trésor s’est parallèlement encore davantage orientée vers les maturités les plus longues. Les BTA représentent désormais 95,44% de l’encours total, contre 90,13% un an auparavant. À l’inverse, le poids des BTC est tombé de 9,87% à 4,56%.
Cette évolution confirme le renforcement des financements à moyen et long terme dans la dette intérieure de l’État. Le recul des titres à court terme, parallèlement à la progression soutenue des BTA, traduit un allongement des échéances de cette dette.
En théorie, cette structure permet à l’État de réduire la pression immédiate sur sa trésorerie, en étalant ses remboursements dans le temps et en limitant les besoins de refinancement fréquents liés aux échéances courtes. Elle offre également davantage de visibilité sur le calendrier des remboursements.
Cette évolution doit toutefois être distinguée de celle du niveau de l’endettement. Si l’allongement des maturités peut atténuer la pression du court terme, il ne réduit pas le volume des engagements contractés sous cette forme. Or, celui-ci a progressé de plus d’un quart en douze mois.
Ce que révèlent les encours des Bons du Trésor
Les Bons du Trésor sont des titres d’emprunt émis par l’État afin de financer ses besoins budgétaires et de trésorerie. Leur encours correspond au montant total des titres émis et non encore arrivés à échéance, autrement dit à la dette en circulation sous cette forme à une date donnée.
Les BTC constituent des instruments de financement à court terme, tandis que les BTA sont émis sur des maturités de moyen et de long terme. L’évolution de leurs encours permet ainsi de mesurer non seulement le volume du financement mobilisé par l’État sur le marché intérieur, mais également la manière dont ses échéances sont réparties dans le temps.
À fin août 2026, la recomposition est particulièrement nette : les titres à moyen et long terme concentrent désormais l’essentiel de l’encours des Bons du Trésor. L’État réduit ainsi fortement le poids relatif des échéances courtes, mais sur fond d’une augmentation substantielle du volume global des titres en circulation.
I.N.










