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Des députés dénoncent la dispersion des chômeurs diplômés et réclament une enquête

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Par Nadya Jennene

    Plusieurs députés de l’Assemblée des représentants du peuple ont dénoncé, dans un communiqué publié mercredi 2 septembre 2026, le traitement sécuritaire réservé aux chômeurs diplômés mobilisés à Tunis, appelant à l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violences et les conditions dans lesquelles leur sit-in a été dispersé.

    Les signataires ont qualifié de « grave et sans précédent » la gestion du mouvement de protestation, qu’ils présentent comme pacifique et légitime. Selon eux, les manifestants rassemblés mardi devant le Palais du gouvernement à la Kasbah ont été victimes d’interpellations, de violences et de « harcèlement », avant que les tensions ne se poursuivent dans la soirée devant le Théâtre municipal de Tunis.

    Le communiqué est revenu notamment sur la dispersion du sit-in dans la nuit de mardi à mercredi. Les députés ont affirmé que les forces de sécurité avaient fait usage de la force pour mettre fin au rassemblement et avaient conduit plusieurs manifestants vers des stations de transport, les contraignant à quitter la capitale et à regagner leurs régions.

    Ces accusations font écho aux informations rapportées après de l’intervention sécuritaire, faisant état de plusieurs blessés parmi les protestataires, dont certains auraient été transférés vers des établissements hospitaliers de la capitale.

    Les députés ont condamné fermement ces pratiques et ont exprimé leur « pleine solidarité » avec les chômeurs diplômés, estimant que leur revendication porte non pas sur l’octroi de privilèges, mais sur l’application de la loi n°18 de 2025 adoptée par le Parlement.

    Pour les signataires, le recours aux forces de sécurité pour gérer ce dossier constitue une dérive dans la manière de traiter une revendication à la fois sociale et juridique.

    Les députés ont mis en cause la responsabilité de l’Exécutif, qu’ils tiennent pour « pleinement responsable politiquement » du retard dans l’application de la loi n°18 de 2025, mais également de la manière dont le mouvement a été géré.

    Ils ont notamment exigé que les responsabilités soient établies concernant les instructions ayant conduit à la dispersion du sit-in, au recours à la force et à l’acheminement des manifestants vers les stations de transport.

    Mardi 1er septembre, des centaines de diplômés au chômage venus de différentes régions s’étaient rassemblés à la Kasbah pour réclamer la mise en œuvre effective de la loi n°18 de 2025.

    Des tensions avaient éclaté après la tentative de certains manifestants de franchir les barrières sécuritaires. Trois participants avaient alors été arrêtés, selon les organisateurs. Les protestataires avaient refusé de quitter la place avant d’obtenir la libération de leurs camarades.

    La mobilisation s’était ensuite déplacée vers l’avenue Habib Bourguiba, où les manifestants avaient annoncé l’installation d’un sit-in ouvert devant le Théâtre municipal. C’est dans ce contexte que l’intervention sécuritaire s’est poursuivie avant la dispersion du rassemblement dans la nuit.

    La loi n°18 de 2025 constitue le principal point de revendication du mouvement. Les chômeurs diplômés dénoncent le retard pris dans sa mise en œuvre, plus de sept mois après son entrée en vigueur, et réclament notamment l’adoption des textes d’application, la création de la plateforme électronique prévue et le lancement des recrutements dans des délais précis.

    Face à cette situation, les députés signataires ont formulé quatre principales demandes.

    Ils ont réclamé d’abord l’ouverture d’une enquête sérieuse et indépendante sur les violences et les agressions dont les manifestants auraient été victimes, ainsi que l’établissement des responsabilités.

    Ils ont exigé l’abandon de l’approche sécuritaire dans la gestion de ce dossier et le retrait de l’institution sécuritaire de la confrontation avec les revendications sociales.

    Ils ont également appelé l’Exécutif à mettre fin aux atermoiements dans l’application de la loi n°18 de 2025, à accélérer la publication des textes réglementaires, à mettre en place la plateforme électronique et à engager les recrutements selon un calendrier « clair, annoncé et contraignant ».

    Enfin, ils ont appelé à l’Assemblée des représentants du peuple à exercer pleinement son rôle de contrôle, notamment en convoquant le gouvernement et les parties concernées afin de les interroger sur le retard dans l’application de la loi et sur les violations qui auraient accompagné la mobilisation.

    Cette prise de position intervient alors que le dossier des chômeurs diplômés s’inscrit dans un climat social marqué par une montée des frustrations liées à l’emploi, aux services publics et au pouvoir d’achat.

    N.J

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    Commentaire

    1. HatemC

      Répondre
      2 septembre 2026 | 17h24

      Les compétences acquises dans les années 90 ou début 2000 ne répondent plus directement aux besoins technologiques et managériaux actuels sans réactualisation constante.

      Intégrer des profils qualifiés directement dans l’administration sans concours ni adéquation de poste peut être perçu comme un traitement social du chômage aux dépens des finances publiques.

      L’effort devrait porter sur des formations certifiantes, le reskilling (requalification) dans les secteurs en tension (numérique, transition écologique, industrie) et l’immersion en entreprise.

      Actuellement ils ne sont pas employables même das l’administration … soit ils réactualisent leur connaissance ou alors ils demande une rente pour subsister et cesser avec leur demande farfelu …

      Ils demandent l’administration parcequ’ils n’ont aucune chance dans le privé

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